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Oui, les soldats israéliens ciblent les enfants

Oui, Monsieur Sarkozy, l’armée israélienne exécute délibérément des enfants palestiniens

Publié le 22-01-2009

 

Oui, les soldats israéliens ciblent les enfants. Ci-dessous le témoignage de Khaled Abed Rabbo publié hier dans le quotien britannique The Independent. On aura bientôt celui des médecins égyptiens qui ont vu arriver des enfants paralysés ou dans le coma après avoir reçu une ou plusieurs balles, tirées de près. Nous rappelons que le sous-préfet Bruno Guigue avait été limogé pour avoir fait ce constat.

Khaled Abed Rabbo, dans les ruines de sa maison familiale, détruite pendant les massacres israéliens (AP)

"Un père palestinien affligé dit que ses enfants ont été abattus après que sa famille obéissait aux ordres des soldats de quitter leur maison de Gaza.

Un père palestinien a soutenu qu’il a vu deux de ses fillettes être abattues et une autre très gravement blessées par un soldat israélien qui est sorti d’un char à l’arrêt et a ouvert le feu sur sa famille, tandis qu’ils obéissaient à l’ordre donné par les forces israéliennes de quitter leur maison.

Khaled Abed Rabbo a déclaré qu’Amal, deux ans, et Souad, sept ans, ont été abattues sous les tirs du fusil semi-automatique du soldat. Sa troisième fille, Samer, quatre ans, a été évacuée vers l’unité de soins intensifs d’un hôpital belge, après avoir reçu des blessures critiques à la colonne vertébrale. Selon le père, elles auraient été faites dans l’attaque du début de l’offensive terrestre par Israël.

Hier, M. Abed Rabbo se tenait près de sa maison, ensuite détruite, en périphérie Est de la ville de Djalabya, au nord de Gaza. Il a décrit comment un char était stationné à l’extérieur du bâtiment, à 12h50 le 7 janvier dernier, et ordonné en arabe à la famille, par mégaphone, de quitter la maison. Il a dit que sa mère, âgée de 60 ans, avait reçu un tir alors qu’elle partait avec son fils, sa fille et ses trois petits enfants, en agitant son foulard blanc.

« Deux soldats se trouvaient sur le char et mangeaient des chips, puis un homme en est sorti avec un fusil et a commencé à tirer sur les enfants », a déclaré M. Abed Rabbo, qui perçoit un salaire de policier de l’Autorité Palestinienne, à Ramallah, dominée par le Fatah. La famille dit que l’arme qui a été utilisée par le soldat était un M16 et que la première à avoir été touchée était Amal. M. Abed Rabbo a dit que Souad a été ensuite abattue par, soutient-il, 12 balles, et ensuite, ce fut le tour de Samer.

Ce soldat qui a tiré avait, selon M. Rabbo, des « anglaises » [les mèches frisées que portent les orthodoxes] visibles sous casque. La petite minorité de Juifs ultra-orthodoxes qui servent dans l’armée sont dans une unité qui n’a pas pris part à l’offensive de Gaza et seuls un petit nombre de colons qui approuvent cette coiffure servent dans d’autres unités.

Jusqu’à présent, il a été impossible de vérifier de façon indépendante l’affirmation de M. Abed Rabbo et l’armée a déclaré hier soir que les Forces de Défense d’Israël « ne visent pas les civils, seulement les terroristes du Hamas et leurs infrastructures ». Elles ont ajouté : « Tsahal enquête sur diverses accusations concernant l’Opération Plomb Durci et à la fin de son enquête elle répondra en conséquence. »

Ce district s’appelle Abed Rabbo, d’après le nom de la grande famillequi y vit sur la plus grande partie. L’épais toit de béton de la maison pend désormais à plus de 45 degrés et au moins trois autres bâtiments importants ont été rasés dans le voisinage immédiat, semi-rural et agricole. Khaled Abed Rabbo a dit qu’il y avait eu un délai avant que l’ambulance ne puisse atteindre le bâtiment, parce que la route qui arrive de l’ouest a été rendue impraticable par les chenilles des chars.

Les soldats ont fini par laisser la famille partir à pied, a-t-il déclaré. Il a ajouté qu’ils avaient marché deux kilomètres avant de trouver un véhicule pour les emmener à l’hôpital Kamal Adwan. Il a déclaré : « Je portait Souad, qui était morte, ma femme portait Amal et mon frère Ibrahim portait Samer. »

Il a ajouté : « Nous ne sommes pas du Hamas. Mes enfants n’étaient pas du Hamas. Et s’ils devaient tirer sur quelqu’un ç’aurait dû être moi. » Il a ajouté : « Je veux que la communauté internationale et la Croix Rouge Internationale demandent à Israël pourquoi ils nous ont fait cela. Ils parlent de démocratie mais est-ce la démocratie de tuer des enfants ? Que leur avaient fait les enfants ? Qu’avaient-ils à faire de ma maison ? Ils ont détruit ma vie."

La ville de Gaza montre des signes de retour à une forme de normale alors que plus de boutiques rouvrent. Les bureaux de la principale compagnie de téléphone palestinienne, Jawwal, ont réouvert, bien que cela n’ait pas amélioré les graves problèmes de connexion sur le réseau mobile palestinien.

Quelques policiers du Hamas étaient de retour pour faire la circulation, bien qu’en plus petit nombre qu’avant l’offensive. Des chiffres non-confirmés établissent à 270 le nombre de policiers du Hamas qui ont été tués, principalement dans des attaques aériennes au cours de la première semaine. Dans un rassemblement de victoire, hier, dans la ville de Gaza, les supporters du Hamas ont convergé vers une place près des ruines de l’immeuble du parlement qui a été bombardé.

« Cela brise le cœur » : La face horrible de la guerre

Lors d’une visite dans la zone, hier, après l’assaut israélien de 22 jours, le secrétaire général des Nations-Unies, visiblement bouleversé, a dépeint la dévastation de Gaza comme « un déchirement ».

« Je n’ai vu qu’une fraction de la destruction », a déclaré Ban Ki-moon, alors qu’il se tenait debout devant un entrepôt de l’ONU, incendié jeudi dernier par les obus israéliens. « Ceci est choquant et inquiétant. Ce sont des scènes qui brisent le cœur que j’ai vues et je suis profondément affligé par ce que j’ai vu aujourd’hui » , a-t-il déclaré.

M. Ban a exigé qu’une enquête complète sur le pilonnage israélien de l’installation de l’UNRWA (l’Agence aux Réfugiés Palestiniens)[1]. Des responsables onusiens disent que cette installation, qui se consumait encore hier, a été visée par des munitions au phosphore blanc qui ne sont pas supposées être utilisées dans les zones fortement peuplées, à cause des blessures faites aux civils. M. Ban a dit que les attaques israéliennes contre les sièges de l’UNWRA et deux écoles de l’ONU à Gaza, dont l’une à tuer 40 palestiniens qui s’y réfugiaient, étaient « scandaleuses ».

Amnesty International a déclaré que l’usage répété par Israël de ces munitions, malgré la preuve de leurs effets et des dommages sans distinction contre les civils « est un crime de guerre ». L’armée israélienne a lancé une enquête, mais dit que les combattants du Hamas opèrent depuis les zones fortement peuplées et ont utilisé les bâtiments de l’ONU comme couverture pour des attaques.

M. Ban a déclaré : « Il a été particulièrement troublant et bouleversant pour moi, en tant que secrétaire général, de ne pas avoir pu arrêter cela plus vite ». Il a vivement recommandé à Israël et au Hamas « d’exercer une modération maximale et d’entretenir le cessez-le-feu ».

Par Donald Macintyre à Gaza

Source : The Independent, mercredi 21 janvier 2009

http://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/gaza-i-watched-an-israeli-soldier-shoot-dead-my-two-little-girls-1452294.html

 



22/01/2009

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