PerleDeDiamant

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Vies inconnues. Par Vieux Jade

 

 

J’ai à proposer une hypothèse sans le moindre fondement, mais qui m’est venue à la suite d’un certain type de rêves que j’ai parfois : des scènes vécues avec des femmes que j’ai rencontré au moins une fois, et qui m’ont plu. Cette nuit, par exemple, j’étais sur une terrasse de café, en discussion avec une femme que j’ai vue une fois au cours d’un stage ; la discussion était assez vive, et aussi complexe que pourrait l’être une scène de la vie dite réelle. Je comprenais tout ce qu’elle était, je la connaissais intimement, nous marchions dans les rues, je voyais son poignet fin entouré d’un bracelet d’argent, son imperméable, c’était une scène de la vie, avec sa part de séduction, de risque, de tristesse, de difficulté. C’était une scène d’une vie amoureuse qui prenait un peu l’eau.

 

J’ai repensé aux « Passantes », que chante Brassens sur un texte d’Antoine Pol.

 

Puis il s’est fait un lien en moi avec Sandra Ingerman, élève de l’anthropologue Michaël Harner. Elle parle de personnalités fragmentées, au sens où un traumatisme peut scinder un moi en tranches, dont l’une restera collée à un lieu ou à une tranche de temps. L’exemple le plus frappant qu’elle cite est celui d’un adulte, un charpentier, incapable de trouver l’équilibre dans son existence. Lors de l’investigation menée par des moyens « chamaniques », elle voit que lorsqu’il était enfant, ce garçon vivait avec ses parents dans une maison qu’il adorait. Lorsque ses parents ont vendu la maison, une partie de son psychisme a créé véritablement un monde parallèle idéal dans lequel tout est resté intact. Trente ans après, une partie de lui, figée dans le temps vivait toujours dans cette même maison, avec ses parents. Virtuel, peut-être, mais suffisamment réel pour causer des troubles de la personnalité.

 

C’est alors que je me suis demandé jusqu’à quel point ce phénomène ne s’étend pas à des vies amoureuses parallèles. Quand se croisent comme dans la chanson deux êtres qui ont leur propre destinée, mais qui instantanément ont reconnu un vrai possible, ne se pourrait-il pas que de l’un ou de l’autre, voire des deux, il s’échappe un fragment de moi, et que ces deux là quittent les rails pour les sentiers et partent ensemble vivre leur vie dans un monde à eux ?

 

S’il ne s’agissait que d’un banal rêve érotique, la question ne se poserait pas. Mais à plusieurs reprises, j’ai eu des scènes de la vie amoureuse au quotidien, joie, peine, tendresse.

 

Mme VJ, à qui je soumets l’idée, me dit : alors comment être « moine », c’est-à-dire unifié (monos), si on a des bouts de soi qui traînent partout ? Et où est alors le Soi ?

 

L’idée serait qu’il y a un moi principal, comme un tronc, avec des branches ou des rejets qui en dépendent. Connaître ses branches, c’est-à-dire faire connaissance avec ces excroissances, c’est parfaire la conscience de soi, et donc unifier. Quant au Soi, il est évidemment partout.

 



19/01/2011

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