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Un cardinal juge l’avortement bien pire que les abus sexuels

Un cardinal juge l’avortement bien pire que les abus sexuels

 

http://www.tdg.ch/actu/monde/cardinal-juge-avortement-bien-pire-abus-sexuels-2009-05-29

ESPAGNE | Un «ministre» du pape affirme que les abus sexuels commis contre des mineurs dans les orphelinats catholiques irlandais sont moins graves que les conséquences des lois autorisant la pratique de l’avortement.

CÉCILE THIBAUD MADRID | 30.05.2009 | 00:00

«On ne peut comparer ce qui a pu se passer dans quelques collèges irlandais avec les millions de vies détruites par l’avortement!» Les déclarations du cardinal Antonio Cañizares à une télévision catalane ont provoqué la stupeur et l’indignation en Espagne. D’autant que Mgr Cañizares est loin d’être un simple cardinal: en décembre dernier, l’ancien archevêque de Madrid a été nommé par le Vatican préfet de la
Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, c’est-à-dire une sorte de «ministre du pape».

Selon lui, donc, les abus sexuels répétés, pratiqués durant des
décennies par des religieux sur les orphelins à leur charge dans des internats irlandais, seraient regrettables, certes, et bien sûr l’Eglise doit demander pardon, mais ils restent cependant moins graves que les effets des lois autorisant la pratique de l’avortement.

Le gouvernement visé

Les propos du cardinal, qui a parlé de «40 millions de vies détruites» par l’avortement, entrent dans le cadre d’une offensive en règle de la hiérarchie catholique espagnole contre la politique menée par le gouvernement du socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, accusé ni plus ni moins de mettre à bas les fondements de la société chrétienne pour instaurer «une société et une culture totalement neuve».

Dans la ligne de mire de la hiérarchie catholique espagnole, il y a la réforme de la législation sur l’avortement, qui devrait être présentée d’ici à l’été au parlement espagnol.

Ce n’est pas la première fois que gouvernement et évêques s’affrontent: la loi autorisant le mariage homosexuel, ou bien celle dite du «divorce express», ont déjà provoqué la colère des évêques. Tout comme les lois sur la bioéthique et l’autorisation de recherches sur cellules souches.
Ou encore la suppression des cours de religion obligatoires à l’école et l’arrivée d’une nouvelle matière scolaire intitulée «éducation pour la citoyenneté», destinée, selon la hiérarchie catholique, à fomenter un «relativisme moral» qui désoriente les jeunes générations.

Droit librement exercé contre abus non consentis

La ministre de la Santé espagnole, Trinidad Jimenez, s’est insurgée contre les déclarations du cardinal Cañizares: «Il est très grave de mettre en parallèle les abus sur mineurs et l’avortement, a-t-elle affirmé. Il s’agit de choses complètement différentes. D’un côté nous parlons d’un droit [l’avortement] librement exercé par une personne
adulte, et de l’autre d’abus sexuels commis sur des mineurs contre leur volonté, et qui affectent leur vie d’une manière terrible.»

Mais les propos du cardinal sont loin d’être un excès de langage isolé. Cette même semaine, la revue de l’archevêché de Madrid, largement diffusée dans le quotidien conservateur ABC, tirait aussi à boulets rouges contre les effets de la déchristianisation de la société: «Quand le sexe se banalise, se dissocie de la procréation et du mariage, la notion de viol comme délit pénal n’a plus de sens», écrit le responsable
de la rédaction dans un éditorial qui a suscité l’indignation des
organisations féministes.

 

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01/06/2009

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