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Tamiflu : Il y a aiguille sous Roche !

Tamiflu : Il y a aiguille sous Roche !

La mortalité de la grippe A est environ 25 fois moindre que celle de la grippe saisonnière. De quoi alimenter le débat sur la vaccination et la prescription systématique (et la délivrance gratuite) du Tamiflu, qu'une étude scientifique vient d'ailleurs de dézinguer. Les médecins s'énervent...

Tamiflu gratuit, et vaccins à volonté...

La grippe A en chiffres, ça donne ça : 4 millions de malades, 150 morts (11 000 dans le monde), 3,8 millions de personnes vaccinées. L'épidémie tend à se stabiliser et le virus pourrait rapidement commencer à décliner. Si la France présente un ratio apparent (à confirmer) de 3,75 morts pour 100.000 personnes infectées, la Grande-Bretagne en affiche 7 fois plus, soit 26 morts pour 100.000 malades. Selon une étude publiée récemment, près de deux-tiers des patients british décédés comportaient un ou plusieurs facteurs de risque. Les personnes âgées ont en outre moins de chances d'être infectées, du fait d'une exposition antérieure au virus.

30 000 morts

"Quand on prédit à l'avance l'arrivée d'un cyclone, on peut se tromper dans la trajectoire mais c'est quand même un cyclone [...] Si la pandémie revient cet hiver, on n'aura pas 6 millions de cas et 6.000 morts comme avec la grippe saisonnière, mais 35% de la population touchée et 30.000 morts" annonçait en mai dernier un certain Antoine Flahaut, épidémiologiste et directeur de l'Ecole des hautes études en santé publique (EHESP).

Pique-moi je rêve !

Au taux de mortalité actuel, pour atteindre le chiffre avancé par Antoine Flahaut (et repris ou confirmé par d'autres), il faudrait donc que le virus assaille 160 millions de Français. Le risque d'un baby-boom pandémique fulgurant étant à exclure pour cet hiver (selon l'INVS), ce bon vieil Agrippa Achin-Hénin ne sera pas le serial killer attendu. Sans doute grâce à l'efficacité de nos autorités sanitaires. Pensez... 94 millions de doses de vaccins achetées rubis sur l'ongle, à ajouter au stock de 33 millions de traitements à base de Tamiflu. D'ailleurs, le ministère de la Santé vient de recommander "sur proposition des experts" de la Direction générale de la Santé (DGS), la prescription "systématique" de Tamiflu pour tout "patient présentant une grippe clinique", avec effet immédiat, s'il vous plait. Parallèlement, le médoc du laboratoire Roche sera délivré gratuitement par les pharmacies. Tournée générale !

Du Tamiflou...

Tamiflu - Grippe A

Le 8 décembre, pourtant, le British Medical Journal (BMJ) publiait une étude pour le moins intéressante. Quelques scientifiques ont en effet cherché à décrypter les données récoltées par le laboratoire durant ses essais cliniques. Le hic, c'est que Roche a daigné fournir les données de seulement deux de ses études, sur les dix annoncées ! A croire que les huit autres sont gênantes ? Bref, même pour ces deux essais "autorisés", les résultats obtenus par le BMJ viennent confirmer ce qu'on savait déjà : le Tamiflu n'a pas d'effet mesurable ni sur l'intensité de la maladie, ni sur les complications, ni sur le nombre d'hospitalisations, ni sur sur la mortalité. Le seul point différenciant le médicament miracle d'un vulgaire placebo est qu'il réduit la durée des symptômes (comptez une journée de moins à délirer sous la couette), à condition toutefois d'être administré moins de 48 heures après le déclenchement de la maladie. D'ailleurs, la Haute autorité de Santé a, à 5 reprises entre février 2004 et octobre 2009, refusé de conclure à un service médical rendu (SMR) suffisant pour déclencher le remboursement du Tamifu par la Sécu. Mais on n'est plus à une absurdité près.

... au Tamiflop

Du coup, les médecins généralistes du Collège national des généralistes enseignants (CNGE) sonnent le tocsin. Considérant "qu'il n'y a aucun argument scientifique pour modifier les recommandations existantes", ils conseillent fortement "de ne pas prescrire systématiquement [les antiviraux] en cas de suspicion clinique de grippe". Plus fort, les docs' de choc affirment que la recommandation de la DGS "s'appuie sur des opinions sans preuve à l'appui". Oui, vous avez bien lu... En conséquence de quoi, ils demandent "à la DGS de dévoiler les arguments scientifiques et les niveaux de preuve sur lesquels s'appuie ce changement soudain de recommandation". Du jamais vu !

Un médicament inefficace... on comprend mieux qu'il soit distribué gratuitement.



17/12/2009

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