PerleDeDiamant

PerleDeDiamant

Rwanda, tous les génocides ne sont pas traités à la même enseigne

Rwanda, tous les génocides ne sont pas traités à la même enseigne

Afrique :: Vendredi, 8 octobre 2010 :: :: Envoyer   Imprimer
Rwanda, tous les génocides ne sont pas traités à la même enseigne

Dans le fonctionnement du système occidental, les génocides ont une fonction… géopolitique ! Ils permettent, depuis le dernier quart du XXème siècle, d’éliminer, en les démonisant, les adversaires des USA. Il y a ainsi eu des génocides – ou « épuration ethnique » version light du concept – en Irak, en ex-Yougoslavie, dans le Caucase et au Rwanda, en clair dans des zone où les États-Unis voulaient s’implanter et mettre en place des gouvernement à leur dévotion.

Actuellement, il est de nouveau question de celui qui se serait déroulé au Rwanda en 1994 et le grand public est amené à se rendre compte de ce que nous dénonçons depuis longtemps, à savoir que les prétendus génocidés sont au moins aussi coupables que les prétendus génocidateurs.

La campagne électorale pour la présidentielle qui s’est déroulée cet été au Rwanda et s’est conclue le 9 août par une victoire écrasante de Paul Kagamé à été ponctuée par des assassinats, des arrestations et des intimidations d’opposants et de journalistes. Ils ont été tels que tant la Fédération Internationale des ligues des droits de l’Homme que le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki Moon, s’en sont émus.

Pire, à la fin du mois d’août, des fuites ont révélées qu’un rapport du Haut-commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme, avait admis qu’un génocide fut perpétré entre 1996 et 1998 en République Démocratique du Congo, par les militaires tutsi de l’Armée patriotique rwandaise contre les Hutus qui s’y étaient réfugiés après la prise du pouvoir à Kigali par Paul Kagamé. Un revers pour ce dernier qui avait tenté d’empêcher que ce rapport voit le jour et qui s’est défendu en dénonçant le « négationnisme » et les mensonges des enquêteurs.

En réalité, le véritable négationnisme n’est pas le fait de ceux qui critiquent l’action présente et passée de Kagamé et de son armée mais de ceux qui ont organisé son accession puis son maintien au pouvoir

Ce qui s’est produit au Rwanda, il y a seize ans, peut être résumé en une phrase : les rwandais ont payé les pots cassés dus à l’affrontement des grandes puissances…

Comme l’a expliqué Hyacinthe Twagirima, un journaliste rwandais exilé en Belgique, lors d’un entretien accordé à la revue française Résistance, le prétendu « génocide » rwandais a été géopolitiquement fort utile aux Etats-Unis. Il leur a permis d’avancer leurs pions dans une zone qui était une chasse gardée européenne et plus précisément française. Il a permis de manipuler la démocratie, de mettre hors jeu toute l’élite d’un peuple et de faire diriger un État africain par un appareil qui représente moins de 20 % de sa population.

Il est aisé de constater que la fonction politique d’un « génocide » est simple : elle crée une obligation comportementale. Le génocidaire devient le représentant du mal absolu. Quelque soit la justesse éventuelle de sa cause, on ne peut plus, en aucun cas, la soutenir. Le génocidé est, lui, auréolé de son prétendu martyre. Quoiqu’il fasse, il est exempté de toute critique et son comportement postérieur est légitimée par la persécution même qu’il a subi.

Quand, en octobre 1990, le Front patriotique rwandais – formé de descendant de Tutsis exilés en Ouganda depuis plus de trente ans ! – envahit militairement le Nord du Rwanda, ses principaux animateurs sont anglophones, souvent protestants, et ils sont connus pour être des proches de Yoweri Museveni, le président de l’Ouganda, que tout le monde sait être une marionnette des américains.

Or, l’ethnie Hutu est largement majoritaire au Rwanda où elle représente plus de 80 % de la population. C’est donc une élite issue de celle-ci, francophone, en quasi totalité catholique et foncièrement pro-européenne, qui dirige le pays. En 1994, l’avion du président rwandais est abattu par un tir de roquette alors qu’il décolle de l’aéroport de Kigali. Les soupçons se portent immédiatement sur le FPR et c’est la cause d’une forte émotion populaire. Celle-ci se concrétise par des massacres inter-ethniques : les Hutus vengent leur président en massacrant des Tutsis, assimilés au FPR ; dans les zones qu’ils dominent, les Tutsis font l’inverse en représailles…

Cela est condamnable, mais ce ne fut que des massacres inter-ethniques. Tel fut le terme qu’employa alors François Mitterrand. Dominique de Villepin – à cette époque, directeur de cabinet au ministère des Affaires étrangères – parlera, par la suite « des génocides » du Rwanda, faisant ressortir, par ce pluriel, le fait que les torts étaient partagés.

Mais la propaganda staffel étasunienne jouera son rôle et il y aura bien un « génocide », un génocide unilatéral, effectué par les Hutus sur les Tutsis. En conclusion, le FPR, proclamé représentant des Tutsis, fortement armé et financé par les réseaux de la CIA prit Kigali. Bien que minoritaires dans la population, les Tutsis, au mépris de toutes les règles démocratiques, contrôlent depuis, dictatorialement, la totalité de l’État ; l’élite Hutu ayant été soit physiquement éliminée soit contrainte à l’exil.

Les USA, et tel était leur unique but, ont gagné un allié de plus dans le cœur de l’Afrique et repoussé un peu plus l’influence française.

PS : Répression du révisionnisme, au Rwanda aussi

Depuis 2008, une loi rwandaise punit de dix à vingt-cinq ans de prison tout soutien à « l’idéologie du génocide », ce texte, qui est rédigé en termes vagues et ambigus permet d’interdire toute remise en cause, même minime, de la réalité du génocide de 1994 et muselle, selon selon Amnesty International, « de manière abusive la liberté d’expression ».

Ainsi, Victoire Ingabire, principal dirigeant d’un parti d’opposition, s’est vue accusée le 21 avril dernier de « soutien à l’idéologie de génocide et de négationnisme » pour avoir simplement demandé à ce que les soldats tutsis, coupables de crimes de guerre contre les citoyens hutus soient traduits en justice.

Dans la gestion de la lutte contre le révisionnisme, les dirigeants de Kigali ont été à bonne école. En effet, en 2006, Richard Prasquier, alors président du Comité Yad Vashem France et devenu depuis président du CRIF, et Benjamin Abtan, alors président de l’Union des étudiants juifs de France, se sont spécialement rendus au Rwanda pour « aider [les Rwandais] à garder intact la mémoire du génocide » et leur expliquer comment lutter « contre la falsification de l’histoire et contre le silence complice ».



11/10/2010

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 3 autres membres