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Prisonnières palestiniennes enchaînées lors de l’accouchement

Demain, 17 avril, sera la journée internationale des prisonniers et prisonnières palestiniens. Dans plusieurs villes en France, des militants informeront la population sur la manière dont Israël kidnappe, enferme et torture des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants palestiniens depuis des décennies. A noter que la plupart des 37 femmes palestiniennes actuellement détenues dans les prisons israéliennes sont des membres du Conseil Législatif Palestinien.

Cette ex-prisonnière ne peut évoquer sans émotion les humiliations subies de la part des soldats israéliens lors de son enlèvement en Cisjordanie - Photo : AFP

 

Depuis 1967, plus de 700 000 Palestiniens, dont environ 10 000 femmes, ont été arrêtés ou détenus dans des prisons et des centres de détention israéliens. Aujourd’hui, 37 détenues palestiniennes, sur un total de 7500 prisonniers, sont toujours enfermées dans des prisons israéliennes. La raison est essentiellement politique - la plupart des prisonnières sont des membres du Conseil législatif palestinien.

 

Inter Press Service : Aujourd’hui, quelles sont les préoccupations les plus urgentes concernant les prisonnières palestiniennes dans les prisons israéliennes ?

 

Fabrizia Falcione : La situation des femmes et des mineurs dans les centres de détention israéliens est grave. A l’heure actuelle, le nombre de femmes détenues est considérablement plus faible que par le passé, mais les femmes et les filles continuent d’être arrêtées, leurs besoins spécifiques continuent d’être négligés et leurs droits bafoués. Le sort des femmes en prison est pire que celui des hommes.

 

IPS : Vous mentionnez des problèmes physiques et psychologiques des femmes incarcérées. Que voulez-vous dire ?

 

FF : Il y a un manque de services médicaux spécifiques pour la prévention et le traitement de maladies dites féminines.

En ce moment, les femmes détenues sont principalement emprisonnées dans deux établissements israéliens, à Hasharon et à Damon - les deux étant situés en dehors de la Cisjordanie Occupée et la Bande de Gaza, ceci en violation de l’Article 76 de la Quatrième Convention de Genève.

 

Des anciennes prisonnières dans ces deux prisons, ainsi que les membres des familles de prisonnières encore en prison, ont déclaré que les cellules sont infestées de cafards et de rats. Une ancienne prisonnière, libérée il y a quelques mois, a déclaré :

“Peu importe la façon dont je vous décris la cellule, je ne peux pas. C’est une tombe souterraine. Il y avait tellement d’insectes, les matelas et les couvertures étaient humides et sentaient horriblement mauvais. Les égouts débordaient. Je pouvais à peine faire mes ablutions”.

 

A part les soins de santé généraux, il n’y a pas de soutien gynécologique. Les femmes ont besoin de soins médicaux réguliers, qui est leur droit pendant leur emprisonnement comme le prévoit le CEDAW (Le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes). La majorité des prisonnières politiques dans les prisons israéliennes souffrent de différents problèmes de santé.

 

IPS : Est-il exact que les femmes enceintes sont enchaînées lors de l’accouchement ?

 

FF : Oui, c’est exact. Il y a un manque total de soins médicaux, particulièrement lors de l’accouchement. Les femmes se plaignent que leurs enfants leur soient retirés après deux ans. Dans les prisons israéliennes les droits des prisonnières palestiniennes sont reconnus mais ne sont pas appliqués.

 

IPS : Et en ce qui concerne les problèmes psychologiques ?

 

FF : Les femmes portent le poids de l’atteinte portée à leurs droits culturels et religieux. Une ancienne prisonnière a déclaré : “Ils ont pris mon jilbab (longue robe) et m’ont donné un uniforme brun à manches courtes. J’ai demandé une chemise à manches longues pour porter sous l’uniforme, mais ils ont refusé. Je me suis déplacée en uniforme à manches courtes entre les cellules parmi des gardiens... Mais ce qui m’a le plus blessée ont été leurs insultes."

 

La vie privée de la femme est violée. Les gardiens effectuent des fouilles de chambres sans aucune considération pour les normes religieuses. Quatre fois par jour, les prisonnières sont comptées, y compris très tôt le matin. La punition est immédiate si les prisonnières sont endormies ou ne répondent pas à l’appel.

 

L’aspect le plus troublant est le déni des droits de visite des familles. En théorie, deux visites par mois sont autorisées, mais sont fortement limitées du fait que les prisons sont en dehors des Territoires Palestiniens Occupés.

 

Une visite aller-retour à la prison prend dix heures de voyage - non seulement en raison de la distance géographique mais aussi parce que les déplacements des Palestiniens en Israël sont contrôlés. Si les familles parviennent à faire le voyage, elles sont autorisées à une visite de 30 minutes - parlant à travers un épais diviseur en verre qui empêche tout contact physique, même entre une mère et son enfant. Cela affecte le bien-être non seulement de la mère mais aussi celui des enfants. La rupture des relations familiales et sociales a un effet sévère sur l’état psychologique des femmes.

 

IPS : De quoi ces femmes sont-elles exactement accusées ?

 

FF : Elles sont nombreuses à être emprisonnées sans procès pour appartenance à des organisations interdites par Israël, sous le prétexte de protéger la sécurité nationale de l’Etat. Les prisonnières politiques palestiniennes sont enfermées dans la section des femmes avec les condamnés de droit commun dans la prison de Neve Terza, en violation flagrante de la règle 85 des Nations Unies pour le traitement des prisonniers qui stipule que : “Les prévenus doivent être séparés des détenus condamnés”.

 

Les prisonnières palestiniennes sont constamment menacées verbalement et physiquement par les prisonnières israéliennes. En outre, les prisonnières palestiniennes ne peuvent pas utiliser les stylos et les livres dont disposent les établissements pénitenciers, elles n’ont également aucun temps pour des loisirs.

 

Jaffer Mehru - E.I

Source : //electronicintifada.net/v2/ar...

(Traduction de l’anglais : Christine Rossetti)

CAPJPO-EuroPalestine



16/04/2011

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