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Pour une fois qu’il est entouré d’Arabes, il faut immortaliser le moment

Oskar Freysinger parle des minarets aux Arabes

Visite | Un groupe de journalistes égyptiens a rencontré l’UDC valaisan. Echanges houleux.

© MARIUS AFFOLTER | Le conseiller national UDC a rivalisé d’arguments, mais n’a pas réussi à convaincre son auditoire.

Fabian Muhieddine | 26.11.2010 | 00:00

Le DFAE continue l’effort. Une année après le vote antiminarets, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) subventionne un projet de Religioscope, un institut indépendant de recherche et d’information sur les religions.

But de l’opération? Inviter une dizaine de journalistes égyptiens en Suisse pour améliorer la compréhension mutuelle. Le groupe a donc visité cette semaine plusieurs mosquées, de fervents catholiques ou des évangélistes issus de l’immigration.

 

Rencontre avec Hodgers et Freysinger

 

Les Egyptiens ont également pu écouter des spécialistes de l’islam en Suisse. Mais, pendant leur journée «libre», ils ont souhaité rencontrer des politiciens: le Vert genevois Antonio Hodgers et l’UDC valaisan Oskar Freysinger, le pourfendeur des minarets qui avait passé sur Al-Jazira après le vote.

Ambiance calme pour le premier rendez-vous. Antonio Hodgers a surtout dû expliquer ce que les autres partis politiques ont fait pour combattre l’initiative antiminarets.

«Les gens ont voté pour des raisons purement irrationnelles, passionnelles même. C’est dur de combattre ce genre de sentiment avec la raison.»

L’UDC valaisan, lui, a eu beau sortir le grand jeu pour séduire son auditoire, la discussion a été beaucoup plus houleuse.

«Arrêtez! Une musulmane ne peut même pas épouser un non-musulman», s’énervait-il.

 «Ben non!»

«Et vous trouvez ça normal?»

«Oui, c’est la garantie que la femme musulmane sera avec un homme qui connaît ses devoirs envers elle.»

«Vous ne m’épouseriez donc pas?»

«Non! Et ce n’est pas parce que vous n’êtes pas musulman», répondent en chœur les journalistes égyptiennes.

Ambiance électrique. Même si Oskar Freysinger a pu exposer tous les arguments qu’il avait déjà servis pendant la campagne.

«Nous devons préserver l’identité suisse qui est ni religieuse, ni culturelle, même pas linguistique. C’est un patchwork. Ce qui fait que quelqu’un est Suisse, c’est le respect de la Constitution, il y a plus de différence entre un Valaisan comme moi et un Vaudois qu’entre un Egyptien et moi. Il en va donc de la survie du pays que tout le monde respecte la loi et ne fasse pas passer avant une loi divine, comme la Charia.»

 

Dans les cordes

 

Les journalistes arabes ont parfois réussi à pousser le conseiller national dans les cordes. Et difficile pour le parlementaire de toujours répondre à leurs objections.

«Que diriez-vous si nous interdisions aux touristes de se baigner en bikini?» «La Suisse passe pour le pays des droits de l’homme, mais en Egypte, nous ne faisons pas de différences avec les étrangers criminels», ont-ils argumenté.

Conclusion d’Oskar Freysinger:

«Vous trouvez peut-être que nous sommes en train de dégénérer et vous avez probablement raison. Qu’avons-nous en tant qu’Occidentaux à opposer à une spiritualité aussi forte que la vôtre? Nous avons déjà perdu le combat. Ma peur, c’est que vous imposiez votre point de vue à l’Occident.»

 

Les journalistes ont tenu à faire une photo de groupe avec le politicien suisse. Aurait-il malgré tout réussi à convaincre son auditoire?

«Non, répond l’un des journalistes. C’est une blague… Pour une fois qu’il est entouré d’Arabes, il faut immortaliser le moment.»

 



26/11/2010

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