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Pour un litige avec son dentiste, il finit en cellule

Pour un litige avec son dentiste, il finit en cellule

CONFLIT | Gilbert Dessarzin a récupéré son dossier médical sans l’accord de son médecin. Suffisant pour se faire arrêter.

Gérald Bosshardt
© Gérald Bosshardt | Gilbert Dessarzin a eu droit à une fouille complète à son arrivée au poste.

Pascale Burnier | 12.03.2011 | 11:46

 «Comment est-ce possible de finir à poil au poste, puis en cellule, pour si peu?» Gilbert Dessarzin est encore sous le choc. A 53 ans, ce chauffeur de métier n’a rien du grand bandit ni d’un dangereux récidiviste. Depuis vingt ans, il coulait une existence tranquille dans la région lausannoise. Le 22 juin 2010, il est pourtant arrêté par la police lausannoise sur mandat d’un juge d’instruction. A la base de son histoire rocambolesque: un conflit avec son dentiste.

 

En désaccord avec ce dernier à la suite d’une intervention, Gilbert Dessarzin décide de changer de médecin. En mars 2010, il se rend alors chez son dentiste et demande à voir son dossier médical. «Là, j’ai fait mine de regarder les radios et je suis parti avec mon dossier. Comme l’assistante dentaire me courait après, j’ai tenu la porte du cabinet. Rien de plus.» Un acte répréhensible aux yeux de la loi malgré sa gravité mineure. Et, surtout, le début de son calvaire.

 

La machine est lancée

 

Le dentiste lausannois décide de porter plainte. «L’assistante était choquée de s’être fait arracher des mains le dossier. Je voulais que ce patient se rende compte que ça ne se fait pas», commente aujourd’hui le praticien. La machine judiciaire est lancée.

 

En juin, la police lausannoise débarque chez le quinquagénaire sur ordre du juge d’instruction. «Ils m’ont demandé de leur donner mon dossier médical. Ils ont été corrects et discrets. Je ne les ai pas embêtés, je l’ai fait. Mon but, de toute façon, était juste de le garder pour le prochain dentiste», précise Gilbert Dessarzin. Dans le rapport de police, même constat: «Cette opération s’est déroulée sans incident.»

 

Le juge d’instruction a aussi délivré à la police un mandat d’amener, à n’utiliser qu’en cas de besoin. C’est que le juge veut entendre Gilbert Dessarzin. «Quand je suis arrivé au poste, des policiers ont commencé à me fouiller les poches. Ils m’ont ensuite demandé de me dévêtir entièrement, comme si j’étais un criminel. Lorsque j’ai vu un agent avec un gant en latex, j’ai eu peur et j’ai élevé la voix.» L’homme est alors conduit en cellule avant son audition par une greffière.

Inculpé de vol, subsidiairement d’appropriation illégitime ou soustraction de

données personnelles, le quinquagénaire a bénéficié récemment d’un non-lieu après accord avec son dentiste. Mais, aujourd’hui, ses sentiments se partagent entre colère et incompréhension. «Sur le moment, on ne réalise pas. On n’ose pas réagir. Maintenant, je me dis que c’est tout de même incroyable d’avoir subi cela pour un simple dossier médical.»

 



12/03/2011

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