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Omar Mazri : La Libye et BHL le filousophiste

samedi 12 mars 2011

Omar Mazri : La Libye et BHL le filousophiste

 
Envoyé par l'auteur le 11 mars 2011

لاإله إلاالله والشهيد حبيب الله

Ce n'est pas ce que raconte Bernard Henri Lévy dans le JDD (journal du Dimanche 06 Mars 2011) : "La révolution libyenne appartient aux Libyens", ont répété tous mes interlocuteurs (libyens). Mais tous savent, en même temps, que Kadhafi est beaucoup plus coriace, redoutable et suicidaire que Moubarak et Ben Ali. Tous savent qu’il n’y a pas, ici, de véritable armée formant l’épine dorsale du régime, et capable, comme en Égypte et en Tunisie, de le pousser vers la sortie. Et tous, donc, s’accordent sur ces prières simples mais vitales: sans elles, sans ces interventions musclées qu’applaudiront, sans aucun doute, les foules immenses qui se relaient sur la corniche de Benghazi, la révolution libyenne vivra sous la menace d’un fou qui n’a plus rien à perdre et qui, tôt ou tard, fera tout pour engloutir la Libye avec lui.

 

Nous sommes donc invités par un filousophiste pyromane à donner crédit à l’intervention militaire en Libye pour sauver le peuple « non islamiste » de Libye de Néron l’érotomaniaque. Il ajoute donc une couche sur l’humanitaire humaniste qui ne sert à rien devant l’humanitaire militaire nécessaire comme il l’a fait sur les radios et télévisions françaises : « Les insurgés « ne sont pas des islamistes » - « ils sont "menacés de mort par un dingue » – « Il n'est "pas envisageable de laisser les gens vivre face à la menace permanente des avions de Kadhafi et de ses mercenaires » - « le gouvernement provisoire de la Libye libre demande aux Occidentaux de neutraliser les engins de mort de Mouammar Kadhafi qui bombardent les villes libyennes aux mains des rebelles. »

 

Il semble être le seul à ne pas entendre les Allah Akbar des Moudjahiddines libyens mais en réalité il les a bien entendu et ils s’empressent de les faire taire en volant leur révolution, leur Sahwa et leurs martyrs car lui et les siens voient ce que les musulmans encore endormis ne voient pas : la fin des accords de Sykes Picot démembrant ce qui restait de l’empire ottoman après que les colonisations des 18ème et 19ème siècle ont fragmenté le monde musulman en fragments de frontières et en isolats de Wahn, en ilotismes de communautés misérables, inconséquentes, insignifiantes, insensées et inconsistantes comme le Ghouta essayl ( les débris et les ordures emportés par les rigoles vers les égouts de l’histoire).

 

L’élu de retour, sur de ses soutiens et de la justesse de sa position éradicatrice, proclame au micro d'Europe 1 ce Jeudi soir 10 Mars qu’il a effectivement « suggéré » au Président Sarkozy de recevoir le conseil de transition libyen.

 

Détenteur des commandements divins et prescripteurs d’opinions des gouvernants français son rôle dans le cafouillage de la révolution libyenne doit être souligné comme mesure préventive à partir de sa capacité de nuisance sur deux événements majeurs dans l’histoire moderne des peuples musulmans trop occupés à diverger sur le Fiqh des menstrues et des ablutions après le coït pour voir le monde dans sa dimension réelle et dramatique. Le premier événement est son intervention auprès du Président Mitterrand pour le convaincre de l’envoyer comme émissaire auprès du président bosniaque Alija Izetbegovic et enfin convaincre les deux présidents à se rencontrer.

 

En apparence c’est suspect quand on connait « l’islamisme » de Alija Izetbegovic. C’est encore plus suspect quand BHL devient l’apologue, l’idéologue, l’intellectuel organique de la cause bosniaque allant jusqu’à écrire un livre bien médiatisé et bien vendu « Le Lys et la cendre, journal d’un écrivain en temps de guerre en Bosnie, Grasset, 1996 », à produire ou à réaliser un documentaire pour la télévision « Un jour dans la mort de Sarajevo, 1992 » et un documentaire pour le cinéma « Bosna !, 1994 » sans oublier les articles et les conférences. C’est d’autant plus suspect que la cause qu’il défendait était représentée par un homme Alija Izetbegovic que l’idéologie et la Shoah séparaient puisque Alija Izetbegovic, comme d’autres intellectuels musulmans, lors de la seconde guerre mondiale, se rangèrent derrière l’armée allemande contre les britanniques et les français considérés du point de vue idéologique et religieux comme colonisateurs et comme éradicateurs de l’empire musulman ottoman dont la Bosnie se réclame héritière.

 

Malgré cette barrière idéologique, ce fossé historique et ce clivage religieux Bernard Henri Levy se montra tellement zélé qu’il se présenta, sous la liste « Sarajevo », aux élections européennes de 1994 et qu’il organisa la promotion politique et médiatique en France et en Europe de Alija Izetbegovic qu’il présenta comme un modèle républicain qu’il faut opposer aux Serbes nationalistes et génocidaires. J’ai eu la chance de suivre, de loin, mais d’une manière assidue et attentive les événements en ex Yougoslavie. Je ne vais pas me prononcer sur l’histoire de la Yougoslavie et sur l’œuvre de Tito mais juste pointer du doigt trois faits marquants l’histoire.

 

Le premier est le travail de prise en charge médiatique et politique de Alija Izetbegovic qui s’est trouvé détourné du travail auquel il a consacré des années de sa vie : passer de l’exigence de la reconnaissance musulmane à faire face à l’éclatement de la Yougoslavie et aux conflits ethniques fomentés par l’Europe latino germanique et l’Europe slave, par la guerre froide et le refus d’une présence musulmane autonome et forte en Europe. Face à l’écrasement des Musulmans bosniaques Alija Izetbegovic a mobilisé les bosniaques a mener une résistance populaire armée. Le second est l’embargo qui a été imposé sur les armes à destination des bosniaques les conduisant à l’éradication. Dans cette situation Alija Izetbegovic a approuvé et appuyé la résistance armée qui a pu s’équiper en hommes, en armement et à prendre des positions stratégiques en repoussant les Serbes et les Croates. Devenu grâce à BHL le De gaule Bosniaque, le représentant de l’Islam modéré, le Massoud de la Bosnie Alija Izetbegovic un homme de talent sur le plan de la pensée musulman s’est révélé un piètre politicien, une marionnette aux mains des américains sans le savoir.

 

Le troisième fait est que durant le flirt entre BHL le Juif Français et Ali le Musulman Bosniaque apparait le véritable larron artisan du démantèlement de la Yougoslavie, du désarmement de la Bosnie, du bombardement de la Yougoslavie puis de l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan : Richard Perle, ancien secrétaire adjoint de la Défense de Ronald Reagan l’un des chantres de l’idéologie néoconservatrice aux États-Unis, partisan du choc des civilisations et de la fin de l’histoire en faveur de l’hégémonie totale et définitive des USA.

 

Pour bien comprendre la répartition des rôles dans la lutte idéologique que l’impérialisme et l’Occident mènent avec une main de maestro car ils utilisent toutes leurs intelligences en synergie et dans une même orientation idéologique il faut voir le travail de l’autre intellectuel ou plus exactement l’autre face de la même monnaie et l’autre mécanisme de la même supercherie : Alain Finkielkraut. Ce dernier sera le fervent défenseur des Croates et de la Croatie non pas dans la vision nationaliste et séparatiste de BHL mais dans une vision qui donne l’apparence de la contradiction en optant pour une Bosnie pluriethnique et démocratique. Alain Finkielkraut moins prolifique que BHL va quand même écrire un livre en faveur des Croates « Alain Finkielkraut, Comment peut-on être croate ? Gallimard ». Il est moins prolifique mais il bénéficie de la même armada médiatique et de la même force communicationnelle pour façonner les opinions et influencer les décideurs.

 

Le trio Bernard Henri Levy, Alain Finkielkraut et Richard Perle ont conduit le chaos ethnique en Yougoslavie, le démembrement de la Yougoslavie, son bombardement par l’OTAN, l’institutionnalisation de l’ingérence de l’OTAN à la place de l’ONU, la liquidation de la question musulmane en Bosnie et la livraison des volontaires arabes qui ont rejoint la Bosnie aux prisons et à la torture de leurs pays d’origine et ceux de l’Europe et des États-Unis sous les motifs de la lutte anti terroristes. Personne dans le monde arabe ne parle de ces jeunes qui ont perdu épouses bosniaques et enfants et qui se trouvent apatrides jetés dans des prisons secrètes alors que leur courage aurait du les mener à retourner dans leur pays comme héros sinon comme instructeur ou membre de corps d’élites dans les armées de leur pays d’origine. La compétence de nuisance des spécialistes de la lutte idéologique dépasse l’imagination de ceux qui ne croient pas à cette lutte ou ne la voient pas par insouciance ou par manque de vocation :

{Et Nous Fîmes croître pour la Géhenne beaucoup de djinns et d’humains : ils ont des cœurs avec lesquels ils ne comprennent pas, ils ont des yeux avec lesquels ils ne voient pas, et ils ont des oreilles avec lesquelles ils n’entendent pas. Ceux-là sont comme le bétail, ils sont même plus fourvoyés. Ceux-là sont les inattentifs.} Al A’âraf 179

 

Nos amis sont non seulement partisans du choc des civilisations et de la suprématie du monde judéo chrétien mais partisans du choc des Musulmans entre eux, de la lutte fratricide entre fondamentalistes ou islamistes et modérés ou ouverts. Pour les islamistes il n’y a qu’une seule option comme en Palestine : les occuper, les vaincre militairement et les éradiquer. Pour les autres il faut les flatter, gagner leur cœur et leur donner les moyens de triompher des autres. Dans un cas comme dans l’autre il faut que les Musulmans s’entretuent pour le compte des autres ou pour n’importe quel prétexte car idéologiquement tant qu’ils font la guéguerre ils n’ont ni le temps, ni l’intelligence ni les moyens de construire leur union, leur fraternité, leur liberté, leur démocratie, leur progrès et la libération de la Palestine occupée…

 

Si cela ne signifie pas à ce palmarès il faut rappeler que BHL, par sa forte médiatisation, a permis de faire connaitre Massoud aux français et ainsi à travers une interview Bidon il a participé à fabriquer un personnage mythique alors que nous les Musulmans qui avions suivi la résistance afghane contre l’Union soviétique nous savions deux choses. La première est que Qalbou Eddine Hekmatyar était le véritable chef de la résistance que l’Occident a décidé sur injonction des États-Unis de présenter comme fanatique extrémiste inacceptable pour gouverner l’Afghanistan libéré. La seconde est que la guerre aurait du finir plus tôt épargnant l’effondrement de l’Union soviétique et l’arrivée des Talibans.

 

En effet des savants musulmans ont joué les intermédiaires entre Hekmatyar et le général Lebed pour trouver une issue rapide au conflit qui préserve la vie des hommes et sauvegarde les intérêts soviétiques en Afghanistan tout en donnant une sortie honorable à l’armée rouge. Les monarchies du Golfe qui finançaient et équipaient les Moudjahiddines, pour le compte des américains, ont réussi à torpiller les négociations d’un cessez le feu, un retrait soviétique puis d’une paix suivie d’une coopération mutuelle. BHL a joué la carte de Massoud en France et a failli convaincre le Président Chirac d’engager des troupes françaises en Irak puis en Afghanistan. Il faut juste taper le nom Bernard Henri Levy pour voir sa manifestation haineuse contre les Arabes de France, contre la résistance libanaise, contre l’Iran, contre l’Islam…

Si on veut avoir le détails de ses impostures, de ses falsifications et de son rôle obscur voici un dossier complet que le Monde Diplomatique lui a consacré :

 

//www.monde-diplomatique.fr/dossier/BHL

 

On peut trouver un joli titre qui rappelle des souvenirs douloureux et ineffaçables de la mémoire des Algériens : « Les généraux d’Alger préfèrent un reportage de BHL à une enquête internationale » de Nicolas Beau dont voici un extrait :

Les 11 et 12 janvier, L’Authentique, le quotidien contrôlé par le général Betchine, conseiller spécial de Zeroual pour les questions de sécurité et ancien patron de la Sécurité militaire, a publié de larges extraits des papiers de BHL dans Le Monde. « Un pavé dans la mare », a estimé ce grand journal indépendant : « Bernard-Henry Lévy est venu en Algérie. Il a vu et il a probablement vaincu cette obscène question qui obsède de nombreux intellectuels, journalistes et hommes politiques occidentaux qui ajoutent à l’horreur des massacres génocidaires une confusion insupportable sur les auteurs des crimes. »

 

BHL : « Chérif Rahmani, ministre gouverneur d’Alger (...), est ouvert. Brillant. Il est typique (...) de la nouvelle génération de “quadras” qui arrivent aux affaires et poussent vers la porte les caciques discrédités du FLN. »
Faux. Enfant chéri du régime actuel, Rahmani est d’abord le neveu du colonel Bencherif, le patron de la gendarmerie sous Boumediene. Dès les années 80, sous la présidence de Chadli, ce « quadra », qui est en fait largement quinquagénaire, fut secrétaire général du ministère de l’Intérieur, trois fois ministre des Travaux publics, de la Jeunesse, de l’Équipement, et plusieurs fois wali (préfet) à Tébessa (le fief de son oncle), puis à Alger.

 

On peut trouver dans ce dossier ce genre d’ineptie que l’histoire dément :

« Les talibans n’ont pas été seulement vaincus. Ils l’ont été sans combattre. Ils l’ont été piteusement, sans même un baroud d’honneur. Et l’image de ces combattants défaits, que, de Damas à Tunis, la rue arabe avait auréolés de tous les prestiges, l’image de ces Saladins qui étaient censés mettre l’Amérique à genoux et qui, au premier coup de feu, ont détalé comme des poulets, n’a pu que stupéfier ceux qui se reconnaissaient en eux. Bernard-Henri Lévy, Le Monde, 21 décembre 2001.

 

Ceci dit je reviens à ma perplexité sur le comportement des Arabes en général et des Libyens en particulier et je me pose la question : savons-nous réellement ce que nous voulons ?

Quelle est la conclusion à faire sur l'intervention de BHL en Libye qui semble, prendre de vitesse le Ministre des Affaires Étrangères Alain Juppé ?

 

Que penser de la déclaration de Ali Essaoui le représentant du Conseil national de Transition après la rencontre avec Sarkozy : "Sur la base de cette reconnaissance, nous allons ouvrir une représentation diplomatique, donc notre ambassade à Paris, et un ambassadeur de France sera envoyé à Benghazi" - "il sera installé de façon transitoire à Benghazi, avant de retourner à Tripoli". Que penser de l'harmonie des vues avec Bernard-Henri Lévy, présent lors de cet entretien, qui a précisé que "L'ambassade de France en Libye serait transférée de Tripoli à Benghazi" Que penser de la suprise de BHL qui voit des failles diplomatiques et des opportunités d'éclatement de la Libye que lui accorde le CNT : "Les émissaires ont été surpris de la clarté de la position française".

 

Plus claire que cette confusion on devient aveugle. La clareté aurait voulu la suspension provisoire de l'ambassade française à Tripoli et l'ouverture d'un consulat à Benghazi. Le consulat pourrait être élevé au rang de Consulat général et confié à l'ex Ambassadeur qui garderait les mêmes prérogatives avec de nouvelles missions. Al Faham yafham...

 

Il faut visiter le site de BHL et se poser les mêmes questions que lui en utilisant une loupe gorssissante sur certaines visées pour voir l'avenir yougoslave de la Libye :

"Que pouvons-nous faire pour la jeune révolution libyenne? C’est la question que le monde se pose à propos de celle des révolutions arabes qui a, d’ores et déjà, fait l’objet de la répression la plus sauvage – et ce n’est, hélas, pas fini. Alors, j’ai posé la question à Tobrouk, la première ville de la Libye libre quand on arrive, par la route, depuis l’Égypte...Je l’ai posée à Benghazi, capitale de la Libye libre, aux membres du Conseil national de transition qui m’ont fait l’honneur d’assister à l’un de leurs conseils et d’y prendre la parole...insistent sur le fait qu’il ne saurait y avoir, à terme, et à leurs yeux, d’autre solution qu’unitaire pour une Libye solidaire entres ses trois immenses provinces de la Cyrénaïque, de la Tripolitaine et du Fezzan."

 

Il faut souligner que si, nous, les Musulmans, nous avons toujours cette tendance à réagir d'une manière impulsive et compulsive qui nous pousse au sauve qui peut social nos vis-à-vis ont la culture de réagir d'une manière prospective sinon proactive et d'anticiper pour proposer, contenir, orienter ou faire de la diversion pour nous empêcher de nous concentrer sur l'essentiel et pour nous confiner à voir l'avenir brouillardeux sans instrument de navigation ni cap ni carte …

 

BHL a de longs jours de gloire devant lui à moins que les Arabes retrouvent leur gloire, mais pour cela il faudrait qu’ils retrouvent leur chemin s’ils ne veulent pas connaitre l’éclatement de la Yougoslavie, l’invasion de l’Irak, le déraillement de la question palestinienne et tant d’autres errances :

{Il dit : « Est-ce que vous échangez ce qui est meilleur contre ce qui est moindre ? Descendez à l’une de ces cités où vous aurez, certes, ce que vous avez demandé ». Et l’humiliation et la misère leur furent imposées, et ils encoururent une colère d’Allah.} Al Baqarah 69

 

Je n'ai pas oublié que dès mon premier article, au début de la révolution libyenne, j'ai montré l'urgence de créer un organe central de défense, de représentation ou de gestion de la révolution et de gouvernance transitoire pour conserver l'harmonie et la cohésion en interne et obtenir la reconnaissance exterieure pour disposer de moyens diplomatiques, médiatiques et logistiques facilitant la victoire décisive. J'avais aussi montré que l'euphorie doit céder la place à une unité d'orientation idéologique pour que la liberté revendiquée ait un contenu et un sens civilisationnelle et institutionnel. Je ne pensais pas voir BHL faire son apparition comme un vautour et j'ai peur de voir le jeu de contradiction se mettre en place pour souffler le chaud et le froid sur la révolution et lui enlever son caractère populaire et spontannée. La jeunesse libyenne courageuse qui va au péril de sa vie affronter les Katàib de Kadhaffi en chantant ne mérite pas d'être dépossédée de sa victoire. Je ne suis pas maccabre ni morbide mais un peuple qui cherche le martyr ou la victoire ne peut contenir sa colère si la bataille décisive revient à d'autre ou si des scissions idéologiques apparaissent entre modérés et fanatiques ou si des arangements se font au profit des concessions de pétrole.

 

L'Occident n'a que trois préoccupations, une fois la révolution arabe intedite dépassée, conserver le contrôle géostratégique d'un monde arabe fragmenté sans perspective d'unification, maintenir la pression idéologique pour qu'il n'y ait pas de solution islamique, conserver la suprématie sur les approvisionnements en hydrocarbures, utiliser les populations et les comunautés comme rempart contre l'emmigration rendue obligatoire par la prospérité d'un côté et la paupérisation de l'autre, continuer la lutte anti terroriste sans fondement juridique. Je ne porte pas un jugement sur les élites lybiennes mais je me donne le droit moral et religieux d'exprimer mes craintes. Nous ne sommes qu'au début du processus. Le processus le plus complexe est à venir et sa nature dépend des premiers pas.

 

{Prenez garde}

 

Dans ces moments confus et douloureux il me vient à l'esprit les paroles de la mère de Bou'abid le dernier émir de l'Andalousie : " O mon fils pourquoi pleure-tu comme une femme ce que tu n'as pas su défendre comme un homme". C'est l'image de la Ligue arabe et des pays du Golfe qui non seulement laissent le soin aux sionistes et aux impérialistes de décider du sort des peuples arabes mais leur apportent la couverture diplomatique, financière, polityique et médiatique pour démembrer un pays tel que la Libye:
 

{Et ceux qui violent l’engagement d’Allah après l’avoir conclu, rompant ce qu’Allah A Commandé de maintenir, et corrompent de par la terre, ceux-là auront la malédiction et auront la pire des demeures.} Ar Ra'âd 25

 

Il est vrai que vivre à l'abri sous un toit n'est pas comme vivre sous les bombardements d'un fou mais cela ne nous empêche pas de pousser le raisonnement jusqu'à ses limites : Les libyens qui cherchent l'intervention étrangère ou qui semblent pris de panique devant la réaction de Kadhafi auraient du prévoir toutes les conséquences et toutes les préparations avant de se lancer dans une révolution armée avec juste de l'enthousiasme. Les élites qui parlent au nom du peuple doivent se mettre au service et au niveau de ce peuple qui s'est inscrit dans le martyr et non dans la profanation de sa révolution :

 

{Et ces jours, Nous les Alternons parmi les Hommes, afin qu’Allah Voit ceux qui devinrent croyants, qu’Il Prenne des témoins d’entre vous - Allah n’Aime point les injustes - et pour qu’Il Purifie ceux qui devinrent croyants, et qu’Il Anéantisse les mécréants. Ou bien pensiez-vous entrer au Paradis sans qu’Allah ne Voie ceux qui ont lutté d’entre vous et sans Voir les persévérants ? Vous souhaitiez la mort, en fait, avant de la rencontrer, mais vous l’avez vue tandis que vous regardiez. Et Mohammad n’est autre qu’un Messager : nombre de Messagers passèrent avant lui. S’il meurt ou s’il est tué, retourneriez-vous sur vos pas ? Celui qui retourne sur ses pas ne nuira en rien à Allah, et Allah Récompensera les reconnaissants. Il n’appartient à personne de mourir sauf avec le Vouloir d’Allah. C’est une chose prédéterminée. Celui qui veut la rétribution du monde, Nous lui en Donnons, et celui qui veut la rétribution de la vie Future, Nous lui en Donnons. Et Nous Récompenserons les reconnaissants. Et combien de Prophètes (il y eut) avec lesquels combattirent un grand nombre de disciples sans jamais perdre courage de ce qui les atteint, pour la cause d’Allah, et sans jamais fléchir ou céder. Allah Aime les persévérants. Et leur parole n’était autre qu’ils dirent : « Notre Seigneur, Absous nos péchés et notre abus dans nos affaires, Affermis nos pas et Fais-nous triompher des gens mécréants ».} Al 'Imrane 140

 

Une fois de plus je dois réitérer mon soutien à la révolution libyenne et mon amour à mes frères libyens. Je me suis permis de faire une analyse qui peut sembler une atteinte à l'honorabilité des intentions du CNT. Je n'ai pas ce droit et je n'autorise pas d'autres à me faire dire ce que je n'ai pas dit. J'ai exprimé des craintes, celle d'un homme blessé par le Wahn qui nous habite tous, moi compris, et par l'impuissance de voir Makr (la ruse) des perfides nous conduire vers des impasses car ils disposent des cartes, des plans et des appareils de vision nocture sur un terrain qu'ils ont miné depuis des siècles et qu'ils continuent de miner.

 

Dans cet ordre d'idées si l'opposition libyenne à l'étranger dispose d'arguments authentiques et convaincants contre la Syrie et l'Algérie ils doivent s'empresser de les dévoiler et de ne pas laisser le doute s'installer. Nous avons montré le parcours et l'expérience de BHL, nous connaissons les régimes syriens et algériens et en aucun cas le refus de la Syrie et de l'Algérie à refuser l'intervention étrangère ne doit être mis uniquement sur le compte de leur soutien inconditionnel à Kadhafi : La justice et l'équité doivent être plus forts que la haine. En ce qui me concerne je continue d'exprimer mes réserves sur le recours à l'ingérence étrangère. L'expérience bosniaque, afghane et irakienne et le rôle joué par BHL confirme ce refus. La Sunna mohammadienne en a fixé la normes prohibitive :

 

Le Messager d'Allah (saws) sortit en expédition pour la bataille d'Ohoud et en arrivant au col Al-Wadâ` il regarda derrière lui et il vit un bel escadron. Il demanda (saws) : "Qui sont ceux-ci ?" On répondit : "C'est `Abdallah ibn 'Obbay ibn Saloul et ses compagnons parmi les Juifs ils sont les alliés de `Abdallah ibn Sallâm. Le Prophète (saws) demanda : "Ont-ils embrassé l'Islam ?" On répondit : "Non, ils n'ont pas changé leur religion. Le Prophète répondit : "Dites-leur de revenir en arrière. En vérité, nous ne cherchons pas l'aide des polythéistes contre d'autres polythéistes."

 

A ce moment là de l'Islam naissant et faisant face à la coalition de toutes les tribus arabes paiennes, juives et chrétiennes, Mohamed et ses compagnons avaient Médine pour capitale avec 20 mille habitants entourés par 200 millions de païens autour de l'Arabie. Non seulement Médine n'a pas sollicité les arabes et les juifs ou les romains et les perses mais avant la mort du Prophète elle a mené deux expéditions sous la conduite du Prophète copntre les Byzanthins qui sont entrés sur les terres arabes pour intimider les Musulmans. Nous ne sommes pas en phase de révolution, elle a déja été menée par Mohamed (saws) mais en phase de Sahwa : l'éveil islamique qui annonce la renaissance de la civilisation musulmane. Nos comportements doivent être conformes à Mohamed (saws) et aux trois générations successives (salaf assalah) : commercer, dialoguer, échanger des avantages oui. Etablir des alliances stratégiques ou des arrangements qui risquent de mettre en péril notre existence et notre projet civilisationnel : non!
 
Ceci dit je reviens à ma perplexité sur le comportement des Arabes en général et des Libyens en particulier et je me pose la question : savons-nous réellement ce que nous voulons ?

Quelle est la conclusion à faire sur l'intervention de BHL en Libye qui semble, prendre de vitesse le Ministre des Affaires Étrangères Alain Juppé ?

 

Que penser de la déclaration de Ali Essaoui le représentant du Conseil national de Transition après la rencontre avec Sarkozy : "Sur la base de cette reconnaissance, nous allons ouvrir une représentation diplomatique, donc notre ambassade à Paris, et un ambassadeur de France sera envoyé à Benghazi" - "il sera installé de façon transitoire à Benghazi, avant de retourner à Tripoli". Que penser de l'harmonie des vues avec Bernard-Henri Lévy, présent lors de cet entretien, qui a précisé que "L'ambassade de France en Libye serait transférée de Tripoli à Benghazi" Que penser de la suprise de BHL qui voit des failles diplomatiques et des opportunités d'éclatement de la Libye que lui accorde le CNT : "Les émissaires ont été surpris de la clarté de la position française".

 

Plus claire que cette confusion on devient aveugle. La clareté aurait voulu la suspension provisoire de l'ambassade française à Tripoli et l'ouverture d'un consulat à Benghazi. Le consulat pourrait être élevé au rang de Consulat général et confié à l'ex Ambassadeur qui garderait les mêmes prérogatives avec de nouvelles missions. Al Faham yafham...

 

Il faut visiter le site de BHL et se poser les mêmes questions que lui en utilisant une loupe gorssissante sur certaines visées pour voir l'avenir yougoslave de la Libye :

"Que pouvons-nous faire pour la jeune révolution libyenne? C’est la question que le monde se pose à propos de celle des révolutions arabes qui a, d’ores et déjà, fait l’objet de la répression la plus sauvage – et ce n’est, hélas, pas fini. Alors, j’ai posé la question à Tobrouk, la première ville de la Libye libre quand on arrive, par la route, depuis l’Égypte...Je l’ai posée à Benghazi, capitale de la Libye libre, aux membres du Conseil national de transition qui m’ont fait l’honneur d’assister à l’un de leurs conseils et d’y prendre la parole...insistent sur le fait qu’il ne saurait y avoir, à terme, et à leurs yeux, d’autre solution qu’unitaire pour une Libye solidaire entres ses trois immenses provinces de la Cyrénaïque, de la Tripolitaine et du Fezzan."

 

 


23/08/2011

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