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Obama Prix Nobel de la Paix : un poisson d’avril ?

Obama Prix Nobel de la Paix : un poisson d’avril ?

Publié le 9-10-2009


Il a fallu se pincer, vendredi matin, en apprenant que le Prix Nobel de la Paix 2009 a été décerné au prix des Etats-Unis Barack Obama. Mais on est le 9 octobre, pas le 1er avril, et la nouvelle est exacte.

Obama aurait donc, en 8 mois d’exercice du pouvoir à la tête de la plus grande puissance de la planète, apporté, ne serait-ce qu’un infléchissement aux agissements guerriers des Etats-Unis ?

Il s’agit là d’une escroquerie.

Depuis son élection, Obama a au contraire, comme il ne s’en cachait d’ailleurs même pas au cours de sa campagne électorale, accentué la sale guerre contre l’Afghanistan, en annonçant sans cesse de nouveaux renforts ; le « dégagement » de l’Irak, pays détruit par son prédécesseur George W Bush, se fait toujours attendre ; la menace d’attaque militaire contre l’Iran ? « Toutes les options restent sur la table » répètent à l’unisson Obama et ses collaborateurs !

Depuis qu’il est à la Maison-Blanche, Obama n’a même pas été capable de mettre fin à l’une des réalisations les plus répugnantes de l’administration Bush, à savoir la fermeture du centre de torture de Guantanamo, où des centaines d’hommes et parfois d’enfants croupissent depuis des années, non seulement sans avoir été jugés, mais le plus souvent sans même avoir été mis en examen. Ce dossier était le seul pour lequel le candidat Obama avait pris des engagements fermes, mais il ne les a pas tenus.

Et ne parlons évidemment pas de la politique étatsunienne vis-à-vis de son allié Israël. Sous Obama comme sous Bush, les dirigeants israéliens ont poursuivi leur guerre criminelle contre le peuple palestinien, l’étranglant chaque jour un peu plus, sans que Washington y trouve à redire.

La palme de l’hypocrisie washingtonienne se trouve probablement dans sa gestion des affaires nucléaires.

Chef de la première puissance mondiale dans le nucléaire militaire, et de la seule à avoir utilisé l’arme atomique pour massacrer des populations (à Hiroshima et Nagasaki, au Japon, en août 1945), Obama a intégralement repris l’agenda de ses prédécesseurs : ne pas toucher à son propre arsenal nucléaire et ne surtout rien demander au sujet de l’arsenal israélien.

Certes, le comité formé par le Parlement de Norvège pour décerner les Prix Nobel de la Paix a déjà fait, au cours de son histoire centenaire, d’autres choix étranges.

Une série de bellicistes patentés ont été honorés dans le passé, que ce soit l’Américain Henry Kissinger, ou les Israéliens Menahem Begin, Shimon Peres et Itzakh Rabin. Kissinger s’était distingué dans l’intensification de la guerre contre le peuple vietnamien –qui fit 2 millions de morts- ; Menahem Begin , directement impliqué dans le massacre de Deir Yassin en 1948, dirigeait le gouvernement israélien qui agressa sauvagement le Liban à partir de 1978 ; Shimon Peres et Itzakh Rabin (pour ce dernier, jusqu’à sa mort par assassinat en 1995) eurent aussi de longues et sanglantes carrières. Mais au moins ces hommes, au moment où ils reçurent la récompense, pouvaient-ils sauver la face en exhibant publiquement des traités de paix, ou des semblants de traités de paix : ainsi de Kissinger avec l’arrêt de la guerre du Vietnam (1973), de Begin avec le traité israélo-égyptien (avec l’Egyptien Sadate, 1978) ; et de Peres/Rabin, pour les « accords d’Oslo » (avec Arafat, 1994)

Avec la distinction d’Obama, on change de registre.

CAPJPO-EuroPalestine




10/10/2009

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