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"Nous voyons de plus en plus de gens très gravement malades",

USA: un an après, la marée noire fait encore des victimes

 

Deepwater Horizon | Un an après l'explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon, les habitants de la région subissent encore les conséquences de la pire marée noire des Etats-Unis. Reportage.


AFP | 16.04.2011 | 09:26

Nausée, troubles de la vision, saignements de nez: un an après la pire marée noire de l’histoire des Etats-Unis, Jamie Simon, qui vit en Louisiane, souffre toujours de maux qu’elle attribue tant au pétrole qu’aux produits utilisés pour le disperser.

La catastrophe, Jamie Simon, 32 ans, l’a vécue dans sa chair. Du moment où les côtes du sud des Etats-Unis ont commencé à être souillées par le brut qui s’écoulait du puits Macondo, dans les tréfonds du golfe du Mexique, elle a travaillé sur une barge, appliquée qu’elle était à préparer les repas des équipes de nettoyage du golfe. Elle lavait aussi leurs vêtements maculés de pétrole et de dispersants.

"J’ai été exposée à ces produits chimiques. J’ai voulu en savoir plus et on m’a dit qu’ils étaient aussi inoffensifs que du liquide-vaisselle et que je n’avais pas à m’inquiéter", explique Mme Simon.

 

Saignements de nez

 

"Environ un mois après avoir commencé à travailler (sur la barge, ndlr), j’ai commencé à avoir des saignements de nez et des maux de tête (...). On m’a emmenée aux urgences parce que j’avais des douleurs à la poitrine. Je pensais qu’il s’agissait d’une crise cardiaque. Mais on m’a diagnostiqué une crise de panique. Mon état ne s’est jamais amélioré", raconte-t-elle et de détailler ses maux: diarrhée, spasmes, perte de vision à un oeil...

 

Mike Robichaux, médecin local, dit avoir vu une soixantaine de patients qui présentaient des symptômes analogues à ceux de Jamie Simon. C’est beaucoup pour Raceland, une petite ville de 10.000 habitants, plantée au bord d’un marécage. "Dans 90%, l’état de santé (de ses patients) empire. Et personne ne sait d’où vient le mal", se lamente le Dr Robichaux.

Selon les services fédéraux de l’hygiène au travail, au moment où le puits est définitivement scellé en août 2010, 52.000 personnes s’employaient à lutter contre la marée noire. L’Etat de Louisiane a recensé 415 personnes souffrant de maux liés à la catastrophe, allant d’irritation de la gorge et des yeux aux infections des voies respiratoires.

Mais à en coire Bernard Goldstein, toxicologue à l’université de Pittsburgh (Pennsylvanie, est), la méthode de recensement des services fédéraux est biaisée. Il a fallu attendre six mois après le début de la marée noire pour que l’organe chargé de réaliser une première estimation des effets de la catastrophe sur la santé reçoive les fonds nécessaires.

 

Niveau de benzènes élevés

 

Un délai bien trop important, selon M. Goldstein. "Toutes les avancées des dernières années concernant l’observation des corps vivants exposés à un environnement pollué (ne servent à rien) si l’on attend six mois pour s’en saisir", souligne-t-il.

Pour preuve, le benzène, un hydrocarbure cancérigène présent dans le brut, disparaît du sang en moins de quatre mois, explique le scientifique. Il n’empêche. Wilma Subra, chimiste en Louisiane, a procédé à des tests sanguins sur la population locale. Selon elle, les niveaux de benzène observés dans l’organisme des pêcheurs, plongeurs et membres des équipes de nettoyage sont 36 fois plus élevés que ceux du reste de la population américaine.

"Nous voyons de plus en plus de gens très gravement malades", dit Mme Subra. "Il est clair que l’exposition continue (aux produits toxiques) est le premier responsable", ajoute-t-elle, citant le contact direct avec la peau, la consommation de produits de la mer contaminés par les polluants comme autant de sources de maladies.

 



16/04/2011

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