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Nourrir les porcs avec des restes de repas sera bien interdit

Nourrir les porcs avec des restes de repas sera bien interdit

alimentation | Cette contrainte imposée par l'Union européenne menace l'existence des sept plus grandes exploitations porcines de Suisse. Un "non-sens écologique et économique" qui dérange aussi les restaurateurs.

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© KEYSTONE | Nourrir les porcs avec les restes de repas sera bientôt interdit.

ATS | 22.11.2010 | 07:05

Nourrir les porcs avec les restes de repas sera bientôt interdit.  Restaurants et cantines génèrent chaque année jusqu'à 300'000 tonnes de restes de table ou de rebuts de cuisine, dont plus des deux tiers sont affouragés aux porcs. Une méthode utilisée depuis la nuit des temps car elle permet de recycler des déchets à haute valeur nutritive (protéines) selon le principe gagnant-gagnant.

Un argument qui ne vaut plus depuis longtemps dans l'UE où le principe de précaution s'impose, notamment face aux craintes d'épidémie de peste porcine, dont la Suisse est pourtant exempte depuis des décennies. Tout au plus la Suisse a-t-elle pu négocier un délai de transition, mais, en vertu des accords bilatéraux et au risque de s'exposer à des mesures de rétorsions, Berne doit désormais s'aligner.

Pas négociable

L'Office vétérinaire fédéral (OVF) a ainsi mis en consultation jusqu'à lundi de nouvelles ordonnances qui mentionnent notamment l'interdiction d'affourager les porcs avec des restes de repas. Les nombreuses réserves émises lors de cette procédure ne sont toutefois que formelles. L'affaire n'est pas négociable, bien que la Confédération ait tout tenté pour trouver un compromis, relève l'OVF.

Il est regrettable que, pour des raisons de réciprocité, la Suisse soit obligé de se passer d'un système naturel qui a fait ses preuves, note la Fédération romande des consommateurs dans sa réponse. Pour l'OVF, ce délai de transition a au moins eu le mérite de permettre à la plupart des milieux concernés de se préparer.

Adaptation

Ainsi l'industrie de transformation a-t-elle eu le temps de s'adapter. Alors qu'aujourd'hui elle transforme 80% des restes en nourriture pour cochons et en éliminent 20% dans des installations de méthanisation, elle utilisera à l'avenir l'ensemble de ces restes dans la biomasse. Les usines sont déjà construites.

Mais celles-ci sont réalisées à proximité des centres, constatent Gastrosuisse. Au lieu de donner leurs restes au paysan du coin, pour s'en débarrasser les restaurateurs des zones rurales devront à l'avenir payer d'autant plus cher que les coûts de transport seront plus élevés.

Coûts financiers et écologiques

Pour la plupart des petites et moyennes porcheries, le changement d'alimentation ne pose pas problème, note Martin Rufer de l'Union suisse des paysans. Tel n'est en revanche pas le cas pour les sept plus grosses exploitations. Leur existence est carrément menacée par cette interdiction qui devrait entrer en vigueur à la mi-2011, a déclaré à l'ATS Felix Grob, président de suisseporcs.

Certes elles peuvent remplacer ces restes de repas par du soja ou du maïs, mais cela les obligera à d'importants investissements pour changer leurs installations. Sans compter les coûts supérieurs de ces produits et le déficit écologique dû à leur transport.

Espoir

Ces sept grandes exploitations souffriront d'autant plus qu'elles ont été calibrées pour détenir jusqu'à 3000 porcs d'engraissement, deux fois plus que la loi le permet. Elles bénéficient en effet d'une autorisation spéciale, prévue dans une ordonnance sur les effectifs maximums, justement parce qu'elles répondent à un intérêt public en éliminant les restes de repas.

Les grandes porcheries gardent un espoir de bénéficier d'une nouvelle période transitoire. Mais comme il est illusoire de combattre l'ordonnance sur les sous-produits animaux, elles vont tenter de contourner le problème via l'ordonnance sur les effectifs maximums, sur laquelle l'UE n'a pas voix au chapitre.

 



22/11/2010

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