PerleDeDiamant

PerleDeDiamant

"Notre poison quotidien "

//www.decitre.fr/livres/Notre-poison-quotidien.aspx/9782707157706
 

Marie-Monique Robin - Notre poison quotidien

 

“Notre poison quotidien” : le 15 mars sur ARTE


J'ai le plaisir de vous informer que mon film "Notre poison quotidien "sera diffusé le 15 mars sur ARTE, à 20 heures 40.

Le même jour mon livre éponyme sera dans les librairies ainsi que le DVD.

Je commence aujourd'hui une série de papiers qui vont expliquer la démarche que j'ai suivie pour réaliser cette longue enquête qui m'a conduite dans six pays européens (France, Italie, Allemagne, Suisse, Grande Bretagne, Danemark), aux Etats Unis, au Canada, au Chili, et en Inde.

 

 

Pourquoi cette enquête?


Alors que je travaillais sur le passé et le présent peu glorieux de Monsanto et que je découvrais comment depuis sa création au début du XXème siècle la firme n'a cessé de cacher la haute toxicité de ses produits, je me suis posé trois questions:

- Est-ce que le comportement de Monsanto constitue une exception dans l'histoire industrielle?

- Comment sont réglementés les 100 000 molécules chimiques qui ont envahi notre environnement depuis la fin de la seconde guere mondiale?

- Y-a-t il un lien entre l'exposition à ces produits chimiques et "l'épidémie de maladies chroniques évitables" que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a constatée surtout dans les pays dits "développés" ( les termes que j'ai mis entre guillemets sont ceux utilisés par l'OMS)?

 

Consciente que le champ d'investigation était très vaste, j'ai décidé de ne m'intéresser qu'aux seuls produits chimiques qui entrent en contact avec notre chaîne alimentaire du champ du paysan (pesticides) à l'assiette du consommateur (additifs et plastiques alimentaires).

 

Avant d'entreprendre mon nouveau tour du monde, j'ai réalisé un long travail de recherche préparatoire qui a consisté à lire de nombreux livres (une centaine, essentiellement anglophones), rapports, études scientifiques et j'ai rencontré des experts (toxicologues, biologistes, représentants des agences de réglementation) , soit directement lors de rendez-vous personnels ou lors de colloques spécialisés. J'ai aussi consulté les archives d'organisations internationales comme l'OMS ou le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) qui dépend de la première

 

Le message ci-dessous est diffuse par la realisatrice Monique Robin en promotion de son dernier film-enquete "Notre poison quotidien".

//robin.blog.arte.tv/category/notre-poison-quotidien/

 

 

Paracelse: “la dose fait le poison”

Samedi 8 janvier 2011

Je profite de la remarque très éclairée de "La coupe est pleine" pour livrer un premier extrait de mon livre Notre poison quotidien, qui sera en librairie le 7 mars prochain. Dans cet ouvrage de plus de 400 pages, j'explique notamment le rôle joué par Paracelse dans le système d'évaluation des poisons chimiques qui contaminent notre alimentation.

En effet, le médecin suisse du  XVI ème siècle qui est cité à toutes les sauces, est l'auteur d'une phrase, qui constitue le dogme central de l"idéologie de la dose journalière acceptable", pour reprendre les termes de René Truhaut, considéré comme  l'" initiateur de la DJA" (voir mon commentaire précédent "Pourquoi ce titre?): « Rien n'est poison, tout est poison: seule la dose fait le poison. »

Voici donc ce que j'écris dans mon livre:

 

 

EXTRAIT


Né Philippus Theophrastus Aureolus Bombastus von Hohenheim, celui qui est entré dans l’histoire sous le nom de « Paracelse » était un alchimiste, astrologue et médecin suisse, à la fois rebelle et mystique, qui a dû maintes fois se remuer dans sa tombe,  en voyant comment les toxicologues du XX ème siècle ont abusé de son nom pour justifier la vente massive de poisons. Parmi les coups de gueule légendaires du « médecin maudit » [1] , l’un mérite d’être médité par tous ceux qui sont chargés de la protection de notre santé :  « Qui donc ignore que la plupart des médecins de notre temps ont failli à leur mission de la manière la plus honteuse, en faisant courir les plus grands risques à leurs malades ? » [2] , s’emporte le professeur de médecine,  alors qu’il vient de brûler les manuels classiques de sa discipline devant l’ Université de Bâle , ce qui, on  s’en doute, lui  valut quelques solides inimitiés.

«  Allergique à tout argument d’autorité » [3] - chose que semblent aussi avoir oublié ceux qui appliquent les yeux fermés le principe qui porte son nom – Paracelse est à la fois considéré comme le père de l’homéopathie et de la toxicologie, deux disciplines  qui, aujourd’hui, ne s’apprécient guère. La première revendique l’une de ses phrases les plus célèbres, dont s’est d’ailleurs aussi inspiré Pasteur, lorsqu’il inventa le premier vaccin : « Ce qui guérit l'homme peut également le blesser et ce qui l'a blessé peut le guérir. » La seconde en préfère une autre, somme toute complémentaire : « Rien n'est poison, tout est poison: seule la dose fait le poison. »[4]

L’idée que « la dose fait le poison » remonte à l’Antiquité. Dans leur livre Environnement et santé publique, Michel Gérin et ses coauteurs rapportent que « le roi Mithridate consommait régulièrement des décoctions contenant plusieurs dizaines de poisons afin de se protéger d’un attentat de ses ennemis. Il aurait si bien réussi que , fait prisonnier, il échoua dans sa tentative de se suicider à l’aide de poison ». [5] C’est au Grec que l’on doit le mot « mithridatisation » qui désigne « l’accoutumance ou l’immunité acquise à l’égard de poisons par exposition à des doses croissantes ».

S’appuyant sur ses propres observations, Paracelse considère que des substances toxiques peuvent être bénéfiques à petites doses, et qu’inversement une substance a priori inoffensive comme l’eau peut s’avérer mortelle si elle est ingérée en trop grande quantité.

Nous verrons ultérieurement que le principe de la « dose fait le poison », - dogme intangible de l’évaluation toxicologique des poisons modernes -,  n’ est pas valide pour de nombreuses  substances, dont celles qu'on appelle "les perturbateurs endocriniens" et qu'il est souvent complètement inopérant , car il ignore la multiplicité des poisons auxquels nous sommes quotidiennement exposés, lesquels peuvent interagir ou s'additionner, en vertu de "l'effet cocktail".  Mais nous n’en sommes pas encore là…

 

 

FIN DE L'EXTRAIT

 

 

En prime: une photo prise dans "les sous-sols " de l'OMS où sont conservées toutes les études fournies par l'industrie pour que les experts puissent établir la fameuse Dose journalière acceptable et les Limites maximales de résidus des poisons utilisés dans l'agriculture.

 



[1] René Allendy, Paracelse. Le médecin maudit, Dervy-Livres, 1987.

[2] Paracelsus, Liber paragraphorum, in Sämtliche Werke, Editions K. Sudhoff , t. IV, p. 1-4 .

[3] Andrée Mathieu , Le 500e anniversaire de Paracelse, L'Agora, vol. 1, no 4, décembre 1993/janvier 1994.

[4] Rebelle invétéré, Paracelse n’écrivait pas en latin, mais en allemand. Pour les germanistes, la phrase originale est : « Alle Ding sind Gift, und nichts ohn Gift; allein die Dosis macht, das ein Ding kein Gift ist ». Mot à mot : tout est poison et rien n’est sans poison. Seule la dose fait qu’une chose n’est pas un poison.

[5] Michel Gérin, Pierre Gosselin, Sylvaine Cordier, Claude Viau, Philippe Quénel, Eric Dewailly, Environnement et santé publique. Fondements et pratiques, , Edisem Inc, 2003, p.120. À noter que l’on soupçonne que les poisons utilisés par le malheureux roi, qui sera finalement tué par un mercenaire, d’avoir été éventrés…

 

//sos-crise.over-blog.com/article-notre-poison-quotidien-le-15-mars-2011-sur-arte-toxicite-des-produits-64887013.html



13/01/2011

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 3 autres membres