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Mieux cerner les risques associés aux nanotubes, nanoparticules et autres objets artificiels du nanomonde

Purifier le sang... avec des nanoaimants

Par Laurent Sacco, Futura-Sciences

Des chercheurs suisses sont parvenus, in vitro, à débarrasser le sang de certaines toxines à l'aide de nanoaimants. Très spécifique, la méthode permettrait peut-être de traiter certaines maladies auto-immunes ou des septicémies.

Les nanotechnologies sont prometteuses pour l’électronique mais aussi en médecine, un secteur où l'on doit aussi compter avec de réels dangers. De nombreuses études sont d'ailleurs en cours pour mieux cerner les risques associés aux nanotubes, nanoparticules et autres objets artificiels du nanomonde. Certains attendent des résultats miracles de ces nanotechnologies, comme quelques transhumanistes et autres extropiens. D’autres, que l’on peut qualifier de néoludistes, y voient poindre le cauchemar d’un néototalitarisme du XXIe siècle qui dépasserait celui du XXe. Les prochaines décennies nous diront ce qu’il en est vraiment.

En attendant, des chercheurs suisses de l’ETH et de l’Hôpital Universitaire de Zurich étudient le potentiel de nanoaimants d’une taille de 30 nanomètres et recouverts de substances actives pour filtrer le sang. Les études n’ont porté pour le moment que sur des échantillons de sang humain in vitro. Il manque donc encore des expériences in vivo, c'est-à-dire sur de vrais patients. Pourtant, la méthode semble efficace car moins de 5 minutes suffisent pour piéger des toxines dans un échantillon de sang.

L’idée consiste à recouvrir des nanoaimants avec des anticorps spécifiques d'un certain antigène, une toxine par exemple, qui sera donc piégé. En faisant circuler le sang en dehors du corps pendant une dialyse, il sera alors possible de récupérer ces nanoparticules à l'aide d'un simple aimant.

Au début des tests in vitro, les quantités de nanoaimants utilisées étaient trop fortes et les globules rouges étaient détruits. Les chercheurs s’inquiétaient aussi de la possible libération en trop grandes quantités des atomes de fer présents dans le matériau ferromagnétique composant les aimants. Si le manque de fer est parfois un trouble physiologique, un excès est également néfaste comme le montre le cas de l’hémochromatose.

Heureusement, il a été possible de recouvrir les nanoaimants d'une couche de carbone et les tests montrent aussi qu'ils résistent très bien à la chaleur et à l’acide. En outre, les doses que l’on a ensuite employées dans les tests in vitro ont été diminuées d’un facteur 45. Il en résulte que même si la moitié des nanoaimants utilisés se dissolvait dans le sang, la quantité de fer libérée serait inférieure à celle prescrite pour palier à un déficit en fer chez un patient.

Un des avantages de la méthode est sa spécificité puisque l'on contrôle précisément les molécules filtrées, sans risque de retenir, par exemple, les anticorps du système immunitaire ou les protéines du plasma. En particulier, si la dialyse classique permet de retirer l’excès de créatine, de potassium ou d’urée, elle ne permet pas de retirer sélectivement certaines protéines générées en cas de maladies auto-immunes. Si on essayait de la faire, on éliminerait aussi d’autres molécules bénéfiques pour l’organisme.

On comprend donc tout le potentiel de cette nouvelle méthode si elle se révélait aussi efficace et sans effet secondaire dans de véritables études cliniques.

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10/09/2010

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