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Mayotte, le chouchou de la France

 

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A raison d’un milliard d’euros par an, la France veut faire de Mayotte, la petite île de l’Océan Indien qui fait partie de l’archipel des Comores, une « vitrine » de la métropole. Une vitrine artificielle, sur laquelle s’écrasent chaque année des milliers de « boat people » venus des rivages africains (Mozambique, Madagascar). Les Comoriens, eux, sont refoulés comme des clandestins, alors qu’à leurs yeux, Mayotte fait historiquement partie des quatre îles qui composent leur pays.  Le 1er avril prochain, la distance se creusera encore, puisque la France compte transformer Mayotte en département d’outre mer et lui faire bénéficier par l’Union européenne du statut de région ultrapériphérique.

 

Cette décision de créer ainsi le 101eme département français indigne M. Fahmi Saïd Ibrahim, ministre des relations extérieures des Comores, qui rappelle que plusieurs résolutions des Nations unies ont réaffirmé l’unité territoriale de l’archipel, composé de Mayotte, Anjouan, Moheli et la Grande Comore.  Il récuse les résultats du referendum tenu en 2009, où  les Mahorais, (habitants de Mayotte) avec 95,2% avaient choisi la France: “entre un revenu de 300 dollars par habitant aux Comores, et de 9000 à Mayotte, grâce à la générosité intéressée de Paris, le choix est vite fait… »C’est pour cela que le ministre est venu à Bruxelles plaider pour que la France respecte les résolutions de l’ONU et accepte, sur Mayotte, un règlement pacifique, qui mènerait, au minimum, à une souveraineté partagée…Le petit fils du sultan des Comores insiste sur l’unicité culturelle et religieuse de l’archipel : « si mon grand père, à l’époque, avait choisi de rallier la France, ce n’est pas pour que cette dernière, par la suite, divise notre pays… »Depuis Mayotte certes, l’armée française garde un « droit d’écoute » sur l’Océan Indien, mais le ministre se veut conciliant : « qui dit que les bases françaises seraient menacées si notre pays était réunifié » ?

 

Pour lui, en créant une telle disparité de revenus entre les habitants de Mayotte et leurs frères et cousins des Comores, la France déstabilise l’archipel et crée des tensions inutiles. Elle provoque aussi des morts:  “c’est un véritable cimetière marin qui sépare Mayotte des Comores, chaque année, des petits bateaux, appelés les “kwassas kwassas”, font naufrage et les associations estiment que plus de 10.000 personnes ont déjà péri noyées.

 

L’expulsion des ressortissants des Comores, persona non grata à Mayotte (ils représentent 80% des expulsés de toute la république française, chez nous ont fait du chiffre…) indigne le ministre qui rappelle que pour ses compatriotes,Mayotte, c’est leur pays, ils ne peuvent y être traités en étrangers…Et de dénoncer quelques inconséquences: “des migrants venus d”‘Afrique noire, catholiques et francophones, sont mieux accueillis à Mayotte que des Comoriens qui considèrent  qu’ils y sont chez eux…” Même s’il souligne qu’à Paris, “la question de Mayotte et des Comores a toujours été gérée par la ‘Françafrique”" le ministre se gardera cependant de rappeler que c’est à Mayotte que furent accueillis bon nombre de réfugiés hutus rwandais au lendemain du génocide et que c’est à Mayotte aussi que fut arrêté l’un des grands  “génocidaires”, Pascal Simbikwanga, initialement détenu pour avoir mis sur pied un trafic de faux papiers…

  

Opération Congo

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  • 26/03/2011

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