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Matthieu Ricard: «Le bonheur, ça s’apprend»

Matthieu Ricard: «Le bonheur, ça s'apprend»

14 septembre 2009 - « Comme on apprend le vélo, on peut apprendre à être heureux, et surtout s'entraîner à l'être de plus en plus! » C'est ce qu'a affirmé le moine bouddhiste Matthieu Ricard, lors de la conférence Peut-on apprendre à être heureux, tenue au Centre des sciences de Montréal1-2 le 12 septembre dernier.

Matthieu Ricard possède un doctorat en génétique cellulaire. Il est moine depuis 40 ans et est l'interprète officiel du dalaï-lama. Il appuie ses dires sur de nombreuses études scientifiques publiées depuis une dizaine d'années, concernant entre autres la plasticité du cerveau.

Il prétend que, moyennant un entraînement approprié, tout le monde peut rehausser son niveau de bonheur, de façon durable. Le bonheur dont il s'agit ici est une manière d'être intérieure qui peut devenir véritablement indépendante des circonstances extérieures. Il ne doit pas être confondu avec la recherche incessante des plaisirs des sens. « Le bonheur est très différent du plaisir, mais le plaisir peut être un ami du bonheur... », affirme Matthieu Ricard.

Bien sûr, ajoute-t-il, chacun possède des capacités différentes de bonheur. Elles dépendent de la génétique et aussi des contextes social et culturel. « Tout le monde ne peut pas devenir champion de vélo. Mais tout le monde possède le potentiel de faire des progrès immenses, à vélo ou dans le domaine du bonheur. »

Entraînement mental = méditation

L'outil primordial pour devenir plus heureux serait laméditation, que Matthieu Ricard préfère souvent nommer « entraînement mental » pour éviter la connotation parfois ésotérique associée au terme méditation3. Il cite en exemple une étude4 réalisée à l'Université Madison du Wisconsin auprès de plusieurs moines tibétains ayant à leur actif de 10 000 à 50 000 heures de méditation. Ils ont été soumis à des tests d'imagerie cérébrale par résonance magnétique (IRM) et à des électroencéphalogrammes (EEG).

Les chercheurs ont constaté que, chez eux, l'activation des zones cérébrales liées au bonheur (sérénité, calme, joie, paix intérieure, amour, etc.) était beaucoup plus intense que chez les sujets témoins. Ils seraient « objectivement » plus heureux. De plus, selon une autre étude, des personnes n'ayant médité quotidiennement que pendant 8 à 12 semaines ont vu leur taux de stress et d'anxiété diminuer de 30 % à 50 %.

Une démarche égoïste?

En réponse à une question du public, Matthieu Ricard a conclu que la méditation n'amenait pas les gens à se centrer exagérément sur eux-mêmes. Au contraire, « l'égoïsme, le sentiment exacerbé de l'importance de soi, est une des principales sources de nos tourments. Un bonheur qui serait égoïste est un concept contradictoire et autodestructeur », soutient-il.

La méditation permettrait plutôt de mieux voir la réalité et de constater l'interdépendance profonde et fondamentale qui unit les gens. Intensément conscients de cette interdépendance, les méditants deviendraient naturellement plus altruistes.

« La compassion sans action est stérile », affirme Matthieu Ricard qui consacre tous les profits générés par ses conférences et la vente de ses livres à des projets humanitaires au Tibet, en Inde et au Népal5.

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20/09/2009

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