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Marguerite Biermann, acquittée !

Marguerite BIERMANN a été acquittée de la prévention d’incitation à la haine :

http://www.justice.public.lu/fr/actualites/2011/03/arret-affaire-biermann/index.html

 Avant le procès, février 2011:

Luxembourg: Marguerite Biermann ne regrette rien

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Marguerite Biermann, (Photo archive)

Sa «Carte blanche» avait tellement choqué le consistoire que RTL Radio, qui l'avait diffusée, l'avait retirée de ses archives internet. Mais le Tageblatt l'avait reprise et, aujourd'hui encore, elle n'a pas fini de faire couler de l'encre. L'affaire Biermann, ce sont les limites de la liberté d'expression pour le parquet. Et il poursuit encore et toujours pour incitation à la haine et injures.


De notre journaliste Geneviève Montaigu
 
Je ne suis pas l'ennemie des juifs, je suis l'amie de la justice». Cette dernière phrase de Marguerite Biermann résume le sens qu'elle a voulu donner à son propos à l'occasion d'une «Carte blanche» diffusée sur les ondes de RTL Radio en décembre 2009 et reprise dans les colonnes du Tageblatt quelques jours plus tard. Mais en voulant exhorter les juifs de Luxembourg à prendre position sur le conflit israélo-palestinien, elle a déclenché «une avalanche qui n'a toujours pas fini sa course», comme le constate la prévenue qui se retrouve pour la deuxième fois devant ses pairs.
Car Marguerite Biermann, jeune octogénaire, fut magistrate de carrière et, à ce titre, n'a jamais pu exprimer ses opinions par l'obligation de neutralité qui lui était imposée. Retraitée, elle était libre de le faire. Cette femme engagée à La Gauche, fille de juifs et chantre de la laïcité, a tenu un propos qui a heurté considérablement le consistoire israélite, qui s'est senti offensé au point de déposer plainte auprès du parquet qui a poursuivi.
Au printemps dernier, Marguerite Biermann fut acquittée du chef d'incitation à la haine mais condamnée pour injures envers le consistoire. Un jugement qu'elle refuse d'admettre encore aujourd'hui en refusant de présenter des excuses qu'elle estime inopportunes.
Devant les magistrats de la cour d'appel, elle condamnera à son tour un jugement qu'elle considère médiocre.


Des critiques acceptables

Le tribunal l'avait condamnée pour avoir parlé de «lobby juif» et de «l'influence du pouvoir sioniste». Le tribunal avait reconnu que ces propos véhiculaient un sentiment négatif sans que ce sentiment soit haineux. De même, les expressions «complices des sionistes israéliens» et «jadis ils n'ont pas élevé leur voix contre le nazisme», n'incitent en rien à un sentiment de haine vis-à-vis de la communauté juive.
Cependant, les magistrats avaient estimé que certains propos repris ci-dessus, entre autres, constituaient des expressions outrageantes et véhiculaient des termes de mépris. Hier, Marguerite Biermann retrouvait également son accusateur de première instance, Robert Biever, qui a accédé depuis au poste de procureur général d'État. Et il ne l'a pas davantage épargnée pour leur deuxième confrontation. «Le point crucial déterminant est de savoir où se trouvent les limites entre la liberté d'expression et l'injure», a-t-il exprimé hier dans un réquisitoire qui a tourné au duel avec la prévenue. Les passes d'armes n'ont pas manqué alors que le président Wiwinius tentait de remettre de l'ordre dans les débats. «On peut interpeller des juifs pour leur demander ce qu'ils pensent de la politique d'Israël. C'est faux de dire que l'on ne peut pas parler de la politique d'Israël car on peut d'ailleurs être antisioniste mais on glisse vite vers l'antisémitisme», a répondu Robert Biever à l'avocat de la prévenue, Me Sébastien Courtoy du barreau de Bruxelles. Il a fait de la liberté d'expression une de ses spécialités. Et son expérience lui fait dire qu'il est impossible de critiquer la politique d'Israël sans se faire taxer d'antisémite et de risquer un procès. Le parquet général a sorti de ses cartons des articles de presse qui lancent le même message que celui de Marguerite Biermann à l'adresse des juifs mais sans les offenser et sans véhiculer de clichés négatifs.
Le procureur la cite : «S'ils ne disent rien, ils sont complices des crimes commis par Israël.» Et il s'étonne : «Et c'est une juriste qui dit cela?» Il poursuit : «On dit aux juifs qu'ils ne sont pas des Luxembourgeois à part entière, c'est inadmissible!»
Pour le procureur, il y a manifestement incitation à la haine et il demande à ce que le premier jugement soit réformé afin que soit retenu ce chef à côté des injures. Il requiert une amende de 1 000 euros assortie cette fois du sursis qu'il lui avait refusé en première instance.
«Vous êtes une énigme : je ne comprends pas que vous puissiez me qualifier d'antisémite, c'est dire que je suis bête!», lui a répondu Marguerite Biermann dans sa dernière réplique à l'adresse du procureur.
La cour d'appel rendra son verdict le 9 mars. 



17/04/2011

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