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M. Netanyahu a appris à cette époque comment contrôler le gouvernement américain....

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Artur Vogel, mercredi 25. mai 2011

Israël – Etats-Unis: c’est le monde à l’envers!

Cela fait près de 20 ans que j’ai entendu parler pour la première fois de Benyamin Netanyahu: c’était lors de la Conférence de paix sur le Proche-Orient à Madrid, en 1991. M. Netanyahu était le porte-parole de la délégation israélienne, qui était dirigée par le Premier ministre Yitzhak Shamir, un membre pur et dur du Likoud et un ancien terroriste. MM Shamir et Netanyahu n’avaient qu’un objectif visible: perturber la conférence.

 

Ils furent récompensés pour leur intransigeance, car c’est Israël qui en a le plus tiré profit : suite à la conférence de Madrid, l’Etat hébreux a pu conclure la paix avec la Jordanie en 1994. Les négociations bilatérales avec les Palestiniens qui se sont déroulées après Madrid ont fait place à des conférences secrètes, qui ont conduit aux Accords d’Oslo. Ceux-ci aboutirent, le 13 septembre 1993, à la poignée de main entre le successeur de M. Shamir, Yitzkahk Rabin, et le Chef de l’OLP Yasser Arafat dans le jardin de la Maison Blanche, en présence du Président Bill Clinton.

 

La conférence et le processus de paix ont eu par la suite une conséquence positive pour Israël: être reconnu par de nombreux États, tels que la Chine et l’Inde, mais aussi par des pays arabes comme le Qatar, Oman, la Tunisie, le Maroc et la Mauritanie.

Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, ici avec le président américain Barack Obama, lors de leur récente rencontre.

Seulement cinq ans après la conférence, M. Netanyahu, que nous avions manifestement sous-estimé à Madrid et que nous avions placé dans la catégorie des bulldozers sans cervelle, est devenu pour la première fois premier ministre d’Israël en 1996. M. Netanyahu représente, avec le défunt Arafat, le symbole de l’échec du processus de paix israélo-palestinien.

 

Si ce processus n’a jusqu’à présent donné presque aucun résultat, c’est principalement dû à trois facteurs :

 

- Premièrement, M. Arafat n’était pas prêt à faire des concessions; il s’obstinait à revendiquer le droit au retour pour tous les palestiniens exilés d’Israël en 1948, à vouloir faire de Jérusalem-Est la capitale de l’État palestinien et à demander le retrait d’Israël aux frontières de 1967.

 

- Deuxièmement, depuis 1967, aucun gouvernement israélien n’était prêt à faire de vraies concessions, et le gouvernement de l’ultranationaliste Nethanyahu est encore moins prêt à en faire.

 

- Et troisièmement, la seule puissance capable d’avoir de l’influence au Proche-Orient, les États-Unis, est impliquée de manière néfaste avec Israël.

 

M. Netanyahu incarne parfaitement cette implication: il a grandi en partie aux États-Unis. Puis il a travaillé pour l’ambassadeur Moshe Arens, un autre ultranationaliste de la mission israélienne à Washington (qui fut plus tard ministre de la Défense et des Affaires étrangères). M. Netanyahu a appris à cette époque comment contrôler le gouvernement américain, avec l’aide des organisations lobbyistes israéliennes et en utilisant la puissance de l’électorat israélien comme menace. En tant qu’ambassadeur d’Israël auprès du Conseil de Sécurité des Nations Unies à New York, M. Netanyahu a étendu son pouvoir américain ; il se déplace aux États-Unis presque comme dans son propre pays.

 

Le comportement d’Israël envers les États-Unis peut être défini ainsi: c’est le monde à l’envers.

 

Tous les observateurs politiques en dehors d’Israël sont d’accord sur le fait que seule une solution avec deux États peut conduire à une paix durable, car la version d’une seule démocratie multi-ethnique, dans laquelle les juifs, les musulmans et les chrétiens ainsi que toutes les minorités bénéficient des mêmes droits politiques et des mêmes chances, est bien plus utopique.

 

Pour parvenir à la solution à deux États, les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies de 1949, 1967 et 1973 devraient servir de référence. Celles-ci prévoient un retrait d’Israël aux frontières de 1967. Si l’on veut être réaliste, les plus grandes colonies israéliennes devraient pouvoir rester dans les territoires occupés – toute autre solution entraînerait inévitablement le suicide politique du gouvernement israélien. Israël devrait compenser ce territoire gagné en offrant un vrai substitut aux Palestiniens à l’intérieur de l’actuelle Israël.

 

Pour arriver à une telle solution, les deux États doivent faire preuve de flexibilité. Le gouvernement palestinien de Mamud Abbas semble être prêt à cela, mais le Hamas islamique, qui règne sur Gaza, exige en revanche la destruction d’Israël.

 

Et M. Netanyahu? Il a prouvé la semaine dernière à Washington qu’il ne céderait aucun centimètre. Lorsqu’il a pris connaissance du discours du président Obama sur le Proche-Orient et qu’il a appris que celui-ci mentionnerait «les frontières de 1967», il a eu l’audace d’exiger de modifier le texte, prouvant à quel point il se sentait sûr de lui sur le sol américain.

 

M. Netanyahu n’a en tous cas rien à craindre de M. Obama: celui-ci veut se porter candidat pour un deuxième mandat et sait qu’il est soumis aux voix de l’électorat américain de M. Netanyahu. Il n’y a qu’un seul exemple où un président américain a osé durcir le ton avec Israël: Bill Clinton. En 2000, il aurait pu réussir à progresser si M. Arafat ne s’était pas désisté au dernier moment. Mais c’était la fin du deuxième mandat de Bill Clinton et il ne pouvait pas être réélu; il ne craignait donc plus la réaction de l’électorat.

 

Le comportement d’Israël envers les États-Unis peut être défini ainsi: c’est le monde à l’envers. Bien que le président américain essaie de se donner un air courageux, en agissant lui-même, on peut dire sans crainte que M. Netanyahu dicte aussi sa loi à M. Obama.

Remarque de la rédaction: seuls les commentaires de fond sur ce sujet de la situation au Proche-Orient sont acceptés. Merci d’avance pour vos contributions.

Mots-clefs: Aussenpolitik, Israel, Palästina, USA

Artur Vogel, 58, ist Chefredaktor bei «Der Bund».
58 ans, est rédacteur en chef du journal «Der Bund».


25/05/2011

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