PerleDeDiamant

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Leyla Zana

10 ans ? 45 ans ? 55 ans ? 75 ans pour Leyla Zana ?

Où va s'arrêter la folie de la justice turque qui poursuit aveuglement la pasionaria kurde ?

 


La justice turque s'est s'appuyée sur l'article 7/2 de la loi anti-terreur pour condamner Madame Leyla Zana à 10 ans de prison et pour réclamer, en appel, 45 ans, 55 ans supplémentaires ou plus – on ne sait plus très bien ! La prochaine audience est fixée au 31 mars 2009 prochain.

En résumé, la condamnation à 10 ans de prison ferme a été prononcée par la 5ème Cour pénale de Diyarbakir, le 4 décembre 2008, au motif que Mme Zana aurait fait l'éloge du PKK dans neuf discours. C'est pourquoi, en appel, s'agissant de neuf dossiers unifiés, le procureur a demandé 5 ans de prison pour chaque discours (soit 10+45= 55 ans !) mais il semble que la condamnation pourrait être encore plus élevée, le procureur ayant requis des peines supplémentaires pour le contenu du plaidoyer présenté par la défense ayant trait au discours prononcé le 21/03/2007 à Diyarbakir à l'occasion des fêtes du Newroz (nouvel an kurde), ce qui ferait de Leyla Zana, à sa sortie de prison, une vénérable centenaire !

En fait, Leyla Zana, dans ces discours, a demandé d'inclure, dans le processus de Paix, la participation du mouvement rebelle PKK connu sous le nom du Parti des Travailleurs du Kurdistan :

"Je soutiens la résolution pacifique de ces problèmes qui permettra au PKK de renoncer aux armes... Les bombes doivent arrêter de tomber du ciel....Le peuple kurde a confiance dans le PKK qui, lui-même, se déclare prêt à déposer les armes si cessent les attaques qu'il subit, si sont données les garanties nécessaires, si sont reconnus les droits démocratiques". "Les Kurdes ne sont pas passionnément attachés à la guerre, a-t-elle également déclaré, et si un projet venait à être lancé, les deux côtés étant prêts à trouver un accord, il n'y aurait plus, alors, de confrontation armée. Si nous voulons concertation et réconciliation, il faut, alors, s'adresser à tous les Kurdes, et non seulement à certains d'entre eux." [1]

Bien évidemment les poursuites judiciaires sont essentiellement pour des motifs politiques et on assiste sans doute à une surenchère entre l'AKP au pouvoir, parti islamiste dit modéré, qui tient le pouvoir législatif, et l'Etat "profond" composé de nationalistes "laïques" de gauche (!), de droite et d'extrême droite dont l'influence est prédominante dans l'armée, la police et la justice.

Les élections locales, qui vont se dérouler le 29 mars prochain, vont être d'un enjeu capital, et le DPT (parti pro kurde : Parti pour une Société Démocratique) qui détient déjà 65 villes de la région kurde de Turquie a de fortes chances d'emporter une victoire "historique". Toutefois, les Kurdes craignent toutes les manœuvres d'intimidation, pouvant aller jusqu'aux arrestations et "disparitions", aux fraudes et même aux achats des votes ; c'est pourquoi il demande aux Européens d'envoyer des observateurs.

Avec ce procès, la Turquie a pris Leyla Zana en otage.

Signez, faites signer la pétition initiée par les Amitiés kurdes de Bretagne (AKB) et soutenue par de nombreuses personnalités.


Rennes le 24 janvier 2009

André Métayer

TURQUIE: Leyla Zana, la seule femme député kurde...

Je suis née le 3 mai 1961; mon père était un petit employé du service des eaux. Nous étions 6 enfants: j'avais 4 soeurs et un frère; je suis allé un an et demi à l'école primaire, mais mon père, un homme conservateur, traditionnel, m'a forcée à arrêter mes études; moi je ne voulais pas arrêter, mais je ne pouvais pas m'opposer à sa volonté. Et à 14 ans, il m'a mariée, avec Mehdi, mon cousin. Je ne le connaissais pas; quand j'étais petite, il venait dans le village faire de la propagande pour son parti (le POT, le parti communiste de Turquie), mais je n'avais pas fait attention à lui. Il avait été arrêté en 1971, et avait passé 3 ans en prison, avant de bénéficier d'une amnistie en 1974. Sa mère venait souvent chez nous, et un jour, fin 1974, elle m'a demandée à mon père, pour son fils. Mon père a accepté.

Un mariage arrangé par mon père

Quand mon père me l'a dit, je l'ai frappé, en lui disant: "c'est comique!" Mais malgré tout il m'a donnée à Mehdi. Quand j'ai vu Mehdi la première fois, j'étais fiancée. Je ne pouvais pas penser à lui comme un mari: j'étais petite, il était vieux: il y avait plus de 20 ans de différence entre nous. Mehdi est né en 1940, il avait près de 35 ans, il était tailleur.

Ce n'était pas moi qui choisissais mon mari, et tout de suite j'ai senti que ma vie serait dure: nous avions tellement de différences. J'étais une enfant, je voulais vivre mon age, et lui il était un homme. Mais début 1975 nous étions mariés.

Q: que pensiez-vous des activités politiques de Mehdi? (un des chefs du mouvement nationaliste kurde en Turquie)

L.Z: A l'époque, il n'y avait pas de mouvement nationaliste. Les militants de cette génération étaient communistes. Et ma famille était très traditionnelle; donc j'étais anticommuniste. Mon père avait d'ailleurs dit à Mehdi: "Je te donne à ma fille, mais il faut que tu ailles à la mosquée!" Mehdi avait répondu:" D'accord, d'accord, on verra".

Q: Alors, qui a changé?

L.Z: C'est moi. Je vivais dans un petit monde. Et tout d'un coup je me suis trouvée dans un monde beaucoup plus vaste; et j'ai compris que ce monde-là n'était pas ce que je voyais dans mon village. J'ai commencé à changer, progressivement. Quand j'ai commencé à vivre avec Mehdi, je vivais tellement de contradictions: je n'avais pas décidé ma vie, c'était quelqu'un qui m'imposait la vie que je menais. Pendant cinq ans, ce n'a pas été ma vie: j'étais quelqu'un pour Mehdi, pour faire plaisir à Mehdi.

En 1980, Mehdi a été arrêté, et il est allé en prison (il devait y passer 10 ans). J'avais 20 ans; j'avais un petit garçon, et j'étais enceinte!: pendant un an je n'ai pas arrêté de pleurer. Je me demandais: comment vais-je vivre? comment vais-je nourrir mes enfants? Ma famille n'était pas riche. Je n'étais pas indépendante financièrement. Au début, j'allais le voir à la prison simplement pour dire "nous sommes là".

À la porte de la prison j'ai connu beaucoup de gens très différents. Peu à peu, j'ai commencé à changer. Je me posais des questions sur mon identité. Qui suis-je? Pour moi, avant, ce n'était pas intéressant d'être kurde. L'idéal, c'était d'être turc. On disait: les Kurdes, c'est de la M... Je n'avais pas été influencée par Mehdi sur le plan politique: il ne parlait pas de ces chose-là avec moi: jusqu'en 1980, les politiciens de la génération de Mehdi ne mélangeaient pas la vie de famille et la vie politique. Après, ce fut différent. Il faut comprendre l'idéologie officielle. Les Turcs disaient: "Les Kurdes ont une queue" (comme les animaux) et nous on acceptait ça. Etre kurde, c'était un déshonneur. Je me souviens très bien, quand j'étais très petite ma mère avait été malade, et on l'avait conduite à l'hôpital de Diyarbakir (la grande ville voisine); elle portait ses habits de paysanne kurde, et à cause de cela on l'avait très mal traitée: c'est un de mes premiers souvenirs...

Mais peu à peu j'ai changé. La torture, je savais que cela existait depuis 1979. Mais en prison, ils ont torturé Mehdi et ses camarades; pendant six mois, pendant qu'il était torturé, battu, je n'ai pas pu le voir: toutes les semaines, j'allais à la prison, mais sans le voir: on me disait: pas de visites. A ce moment-là, j'ai commencé à lire des livres politiques. Le premier dont je me souviens s'appelle "la fille du Partisan"; à cette époque-là je ne savais pas bien le Turc, je ne comprenais pas tous les mots, c'était difficile pour moi. Après, j'ai lu "les cailloux rouges".C'était un livre sur l'histoire du parti communiste chinois; il racontait la lutte des communistes contre le système, il y avait des fascistes, et des héros, qui étaient jetés en prison: j'ai fait le parallèle avec notre situation". En 1984, j'ai commencé à participer à des activités politiques: j'ai fait la grève devant la prison; j'ai participé à des manifestations.

Quand j'ai découvert que j'étais différente, cela a été formidable. Mehdi n'était pas là, et j'avais une identité. C'était formidable. En 1984, je me suis dit: voilà, j'existe. C'était vrai qu'il y avait plein de contradictions entre Mehdi et moi: il voulait que je fasse quelque chose, mais pour lui; il n'était pas content que je fasse quelque chose pour moi.

Dans le monde entier, la femme est maltraitée par les hommes. Mais chez les Kurdes, c'est particulier: elle n'est même pas traitée comme une domestique, la femme est un objet, un animal. Dans ma famille, par exemple, mon père, il dormait du matin au soir. Le soir, il se réveillait, et alors il voyait ses amis, il parlait avec eux. Ma mère, c'était le contraire: elle s'occupait des animaux, elle était dehors toute la journée, elle travaillait. Et malgré cela, le soir, quand elle rentrait à la maison, mon père la battait. Il fallait qu'elle fasse tout ce qu'il voulait, comme une esclave.

Ma mère était restée 12 ans après son mariage sans avoir d'enfant: après, elle a eu quatre filles, coup sur coup. Personne ne lui parlait, surtout pas la famille de mon père. Quand une de mes petites sœurs pleurait la nuit, cela dérangeait mon père: il prenait ma mère et la fillette, et il les jetait dehors, quel que soit le temps.

Une fille, ce n'est rien pour un Kurde

Une fille, ce n'est rien pour un Kurde. Il y a pas longtemps, j'ai eu la visite de mon père, qui m'a dit: "je veux marier ton frère". Je lui ai demandé pourquoi. Il m'a dit: "Si un jour nous réussissons à faire un Kurdistan, je veux avoir un petit-fils". Je lui ai dit: , "Mais tu en as un, mon fils". Mon père a répondu: "Non, celui-là ne m'intéresse pas, il ne porte pas mon nom".

J'aime beaucoup mon père, mais il a une des originalités des Kurdes: quand il rentre à la maison, il imite la violence qu'il voit à l'extérieur, la violence des gendarmes, des policiers.

Q: Avez vous parlé de toutes ces choses avec votre mère?

L.Z: non; on la voyait très peu. Elle travaillait toute la journée. Aujourd'hui, mon père est pas mal physiquement: ma mère, c'est une très vieille femme.

 Q: mais quand avez-vous vraiment changé?

L.Z: En 1988, quand j'ai été arrêtée, tout est devenu clair. J'ai été gardée 7 jours en garde-à-vue, avec interrogatoire, et après, j'ai passé 50 jours en prison. J'étais allée voir Mehdi; il y avait tellement de monde devant la prison. C'était en juillet, il faisait très chaud, il y avait beaucoup de femmes avec des bébés, des enfants; et des vieilles femmes. Il n'y avait pas d'eau. Tout d'un coup, ils nous ont enfermés dans un jardin, en nous disant: c'est interdit de voir les prisonniers. Ils ont appelé les hommes qui étaient avec nous, et nous avons entendu qu'ils les battaient de l'autre côté du mur; alors nous nous sommes révoltées, on a lancé des pierres. J'ai réussi à sortir, en bousculant un militaire. Il a dit que j'avais essayé de prendre son fusil. Finalement, j'ai été arrêtée, avec 83 autres personnes. J'ai été accusée d'avoir "incité le peuple à la révolte".

Les 7 jours de garde-à-vue ont été terribles. Ils ont employé tous les modes de torture. J'étais conduite les yeux bandés dans la salle d'interrogatoire; et là, les policiers, c'était des hommes, me déshabillaient: j'étais toute nue, et ils me frappaient. Ils m'ont frappée sur le nez, je suis tombée, j'ai perdu connaissance: alors ils m'ont arrosée avec un tuyau d'arrosage, avec de l'eau froide. Ils m'ont donné mes habits, et m'ont conduite dans ma cellule. Ils m'ont aussi torturée avec l'électricité. Où cela? sur le sexe. (Leyla Zana, qui jusqu'à maintenant avait raconté ses démêlés avec la police en souriant, est soudain livide, sur le point d'éclater en sanglots. Elle ne le raconte pas, mais ses geôliers l'ont aussi amenée, entièrement nue, devant des hommes qui étaient en prison avec elle. Pour la petite paysanne de Silvan, c'en était trop: ce jour-là, un sentiment nouveau est apparu en elle: une haine sans borne pour ceux qui lui infligeaient un tel traitement). Leyla Zana essuie quelques larmes, et dit: Aujourd'hui encore, j'en fais des cauchemars.

En prison, je partageais la cellule des droits communs, j'étais avec des voleuses, des prostituées, des droguées. J'ai essayé de devenir leur amie. On faisait la cuisine ensemble, on mangeait ensemble, on dormait ensemble, la promiscuité était incroyable.

C'est de cette époque que date mon engagement. Quand j'ai appris qu'il avait des femmes kurdes qui prenaient le fusil, cela m'a beaucoup touchée. Je me suis dit: cela change tout, la femme aussi est un être humain.

Q: Pourquoi avez-vous décidé un jour d'être député?

L.Z: Ce n'est pas moi qui ai décidé: j'étais en Europe; toute ma vie, ce n'est pas moi qui ai décidé: c'est le peuple qui l'a voulu.

Q: Mais dans ce cas vous pouviez refuser.

L.Z: On me disait: "Est-ce que tu veux échapper à tes responsabilités? 

Je n'ai jamais accepté d'être esclave, d'être passive. Quand j'avais 9 ans, une fois un de mes parents a eu mal aux dents: il a demandé à sa femme une soupe; elle l'a préparée et la lui a apportée. Il ne l'a pas trouvée bonne, et il a dit: "enlève ça"; et il a commencé à la battre: je n'avais que 9 ans, il avait 45 ans, mais j'ai sauté sur lui et je l'ai giflé! Encore aujourd'hui, il s'en souvient, et il me dit: "j'en ai oublié mon mal de dent". J'ai toujours été une combattante.

Q: Cela ne se voyait pas quand vous suiviez votre mari, soumise, à la fin des années 70.

L.Z: J'étais en pleine contradiction. Quand j'étais jeune mariée, je devais faire plaisir à Mehdi, je n'avais pas le courage de crier: la différence d'age était trop grande. Mais à l'intérieur, j'étais révoltée. Si je ne suis pas tombée, c'est parce que j'ai toujours été révoltée.

Q: Combien de femmes députés y-a-t-il au parlement turc?

L.Z: Nous sommes huit. Je suis la seule kurde. Je suis la première femme parlementaire kurde. J'ai été élue le 20 octobre 1991, avec 45.000 voix. J'étais pourtant en 2° position sur la liste du parti. Le parti a eu 70.000 voix, dont 45.000 pour moi. Il y avait 3 députés pour la circonscription, nous avons eu les trois sièges.

Q: Qu'avez-vous pensé quand vous avez appris que vous étiez élue?

L.Z: Je n'ai jamais imaginé que j'allais perdre. Cette région est très engagée dans la lutte pour le Kurdistan.

Q: quelle solution proposez-vous pour le problème kurde?

L.Z: Avec 20 camarades du parti SHP (social-démocrate) nous avions préparé un rapport, une déclaration, que nous avons soumis à Erdal Inonu, le dirigeant du parti; en résumé, nous disions: il faut que l'Etat accepte notre identité kurde. Le gouvernement a donné beaucoup d'espoirs au peuple kurde, et en même temps il a commencé les massacres.

Le premier jour, en prêtant serment, j'ai dit une phrase en langue kurde: "Moi, j'accepte cette cérémonie constitutionnelle au nom de la fraternité des peuples Kurde et Turc". Cela a été un vrai scandale. La cérémonie était diffusée en direct par la télévision. Tous les députés ont crié: "Une terroriste au Parlement", "sale kurde", "va-t-en", "c'est pas ta place", "dehors". Depuis ce jour-là, je n'ai jamais pris la parole. Le lendemain, ils m'ont forcée à démissionner du parti SHP, et tous les députés ont pris position contre moi. Après, j'ai essayé de donner des interviews à la presse, dans lesquelles je disais: "Les Turcs parlent de fraternité, mais ce n'est pas vrai". Ils me traitent en personne de 2° classe. Si on veut être frères, il faut être égaux. J'ai été menacée. On m'a dit: il faut travailler avec nous, sinon vous n'avez aucune chance de travailler dans ce parlement.

Q: Vous présenterez-vous aux prochaines élections?

L.Z: Je ne crois plus à ce Parlement. Si je parle, je parle aux murs. Mes camarades essaient encore d'aborder certaines questions. Mais les gens les traitent de menteurs. Le rôle de ce Parlement, c'est de couvrir l'action de l'Etat, de l'armée, de la police. Au-dessus du Parlement, il y a les membres du conseil de sécurité nationale, qui prennent les décisions. Les parlementaires sont comme des notaires, qui enregistrent leurs décisions. S'il y a de nouvelles élections, je ne me présenterai pas. Je me sens très heureuse dans le peuple, et avec lui.

(L'Evènement du Jeudi, 24 Mars 1994; The Middle East magazine, October 1993)

                

 

Qui est Leyla Zana, Prix Sakharov 1995 ?

par Amitiés kurdes de Bretagne


Quelques points de repères historiques

20 octobre 1991

Après avoir prêté serment en turc à l'Assemblée Nationale, comme le voulait le protocole, Leyla Zana, député de Diyarbakir, ajouta en kurde : "J'ai fait ce serment pour la fraternité des peuples turc et kurde".

2 mars 1994 Levée de l'immunité parlementaire

4 mars 1994 Arrestation

1 juillet 1994 Passible de la peine de mort

ANKARA, 1er juil (AFP) - six députés du Parti pro-kurde de la Démocratie (DEP, dissous), emprisonnés depuis début mars à Ankara, ont été accusés vendredi par la Cour de Sûreté de l'Etat de "séparatisme" et d'''appartenance'' au Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatiste), en rébellion armée contre Ankara. Ils, comparaîtront devant la justice le 3 août à Ankara et sont passibles de la peine de mort, d'après l'article 125 du code pénal turc, selon l'acte d'accusation rendu public vendredi.

9 septembre 1994

Mme Leyla Zana qui, après 7 mois de détention a beaucoup maigri, a été amenée au tribunal les menottes aux poignets, escortée par plus de trente gendarmes. Au milieu de telles mesures de sécurité, elle ne pouvait même pas adresser la parole à ses amis. (Hürriyet, 9 septembre 1994)

8 décembre 1994 Condamnation à 15 ans de prison

Premiers Soutiens : Comité International pour la Libération des Députés Kurdes Emprisonnés en Turquie (C.I.L.D.E.K.T). Présidente, Danielle MITTERRAND, Vice Présidents : Anita APELTHUN SÆLE | Christian CHARRIÈRE-BOURNAZEL | Gustav von ESSEN | Antoinette FOUQUE | Daniel JACOBY | Claudia ROTH | Ségolène ROYAL. Comité de Parrainage : Oscar ARIAS SANCHEZ | Mauread CORRIGAN | Catherine LALUMIÈRE | Dalaï LAMA | François MITTERRAND† | Adolfo PERES ESQUIVEL | Desmond TUTU | Betty WILLIAMS

On note aussi , parmi les premiers soutiens, Edmond Hervé , député maire de Rennes, Kendal Nezan, Président de l'Institut kurde de Paris , Sylvie Jan, présidente de la Fédération Internationale Démocratique des Femmes, Mme Claudia Roth, présidente du Groupe des Verts, Mme Catherine Lalumière présidente de l'Alliance Radicale européenne, Patricia Adam, députée de Brest, Alain Bocquet, Président du groupe communiste à l'Assemblée Nationale, Danielle Bousquet, députée ; Arlette Carlotti, députée européenne, PS, Noël Mamère, député-maire, membre de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée Nationale, etc.

6 décembre 1995 René Piquet a rencontré Leyla Zana à la prison d'Ankara

Président de la délégation parlementaire Union européenne-Turquie, René Piquet, député de la Gauche unitaire européenne au Parlement européen, a pu rencontrer, le vendredi 1er décembre, la députée kurde Leyla Zana à la prison d'Ankara. René Piquet était chargé par le président du Parlement de remettre personnellement à Leyla Zana la lettre l'invitant officiellement à Strasbourg pour recevoir le prix Sakharov attribué par l'Assemblée européenne au titre de la lutte pour la liberté et les droits de l'homme. (L'Humanité, 6 décembre 1995)

Samedi 29 mars 2003 Quatre ex-députés kurdes rejugés en Turquie

Ils avaient écopé de quinze ans de prison pour aide au PKK Quatre anciens députés kurdes, dont Leyla Zana, emprisonnés depuis neuf ans, ont appelé vendredi, au premier jour d'un nouveau procès, à accélérer le processus de démocratisation en Turquie. « Nous n'avons jamais prôné la violence, mais nous avons été la cible de la violence. » Leyla Zana, ex-députée kurde. Les quatre députés, qui, en 1991, avaient provoqué un tollé en tentant de prêter serment en langue kurde au Parlement, avaient vu leur immunité parlementaire levée à l'issue d'une procédure pour liens avec le PKK. La question kurde est sensible en Turquie, où vivent au moins 12 millions de Kurdes, mais qui ne les reconnaît pas en tant que minorité nationale. A la fin de la première audience les juges ont refusé de remettre en liberté les quatre accusés dans l'attente du nouveau verdict. (CILDEKT - Institut kurde de Paris)

Samedi 12 juin 2004 Edmond Hervé se réjouit de la libération de Leyla Zana

Leyla Zana, ex-députée kurde de Turquie vient d'être libérée. Edmond Hervé, maire de Rennes, alors qu'il venait d'apprendre la nouvelle, a aussitôt réagi, vendredi après midi. « J'ai appris, avec une profonde joie et un grand soulagement la libération de Mme Leyla Zana et de trois de ses collègues emprisonnés » a-t-il déclaré avant d'ajouter : « Je redis, à Mme Zana et à ses amis, mon constant soutien, mon admiration et mon affectueuse amitié. L'insupportable temps de détention - dix années - prend donc fin. » Première femme kurde députée, Leyla avait été condamnée, dans son pays, en 1994, à 15 ans de prison pour avoir, lors d'un discours en langue kurde, appelé à la fraternité entre son peuple et les Turques. Le total désintérêt de la société civile sur le sort des Kurdes laissait, à l'époque, le champ libre aux militaires et à leur diktat de plusieurs décennies. Symbole de révolte, Leyla, pour bon nombre, a le charisme d'un Nelson Mandela ou d'une Louise Michel. « Puisse cette décision conforter la démocratie, le dialogue et le respect des droits de l'Homme. » a encore indiqué le maire après cette quadruple libération. (Ouest France 12/06/04)

14 octobre 2004 Leyla Zana a demandé à l'Union européenne d'accueillir la Turquie

Avant de se rendre au Parlement européen, la militante kurde, ex-députée, a été faite citoyenne d'honneur de la Ville de Paris par Bertrand Delanoë. Quant au maire de Paris, il a tenu à rendre un vibrant hommage au « courage » de la militante kurde pour son combat en faveur des libertés, de la démocratie et de l'identité kurde, la qualifiant au passage de « résistante ». La question de l'adhésion de la Turquie à l'UE a été également évoquée par le maire de Paris. S'exprimant « à titre personnel », a-t-il précisé, Bertrand Delanoë a émis le souhait de voir la Turquie faire partie de l'UE, parce qu'elle est « européenne », et cela dès lors qu'elle aura satisfait à toutes les conditions requises - démocratie, pluralisme, reconnaissance des droits culturels des minorités kurdes et des droits de la femme… L'ancienne députée kurde Leyla Zana a été reçue solennellement jeudi 14 octobre par le Parlement européen, près de dix ans après que l'assemblée lui eut attribué en 1995 le prix Sakharov pour la défense des droits de l'Homme. "Vous n'avez pas attribué ce prix à moi toute seule. Vous l'avez attribué au peuple kurde, vous l'avez attribué au peuple turc frère. Vous l'avez en fait attribué à la Turquie", a déclaré aux eurodéputés Mme Zana, qui effectuait son premier déplacement à l'étranger depuis sa sortie de prison. Elle a lancé un appel vigoureux pour qu'Ankara développe ses réformes. Celles-ci doivent être réellement appliquées et non pas, comme c'est le cas pour l'instant, que de "façon cosmétique". "Les critères de Copenhague doivent être appliqués sur le fond et non pas seulement en mots", a ajouté Leyla Zana, sous les applaudissements. Elle a estimé aussi que les peuples de Turquie devaient coopérer pour que "chacun conserve son identité tout en sauvegardant l'unité de la Turquie", a ajouté cette source. "La violence a fait son temps (...) Les Kurdes veulent une solution pacifique au sein de l'intégrité territoriale de la Turquie (...) Personne ne doit douter d'une manière ou d'une autre du soutien des Kurdes aux mesures en faveur de la démocratisation", a ajouté la militante kurde. (AFP 14/10/2004).

Décembre 2004 L'actualité des droits de l'Homme dans le monde (AIDH - Genève) TURQUIE

22 octobre, Ankara. Quatre anciens députés kurdes, dont Leyla Zana - lauréate 1995 du prix Sakharov du Parlement européen -, annoncent la création d'un nouveau parti, en vue de "soutenir le processus européen de la Turquie" et d'"obtenir une solution pacifique et démocratique" à la question kurde dans ce pays. Les Kurdes sont estimés à quelque 15 millions sur une population de plus de 70 millions d'habitants. 6 octobre, Bruxelles. La Commission européenne recommande l'ouverture de négociations d'adhésion avec la Turquie, dont les progrès vers la démocratie sont jugés suffisants

Leyla Zana Lorsque, en 1995, le Parlement européen a attribué le prix Sakharov à Leyla Zana pour sa défense courageuse des Droits de l'homme et son engagement en faveur d'une solution pacifique et démocratique des conflits entre le gouvernement turc et la population kurde, elle était emprisonnée depuis un an à la suite d'une condamnation à 15 ans de détention. Au cours de la défense des droits de son époux emprisonné, Zana a assumé un rôle de leader qui a atteint son apogée avec sa candidature au Parlement turc lors des élections de 1991. Elle a obtenu 84% des voix de son district de Diyarbakir. Lors de son investiture, elle a prononcé un discours en langue kurde dans lequel elle s'engageait « à lutter pour que les peuples kurde et turc puissent vivre ensemble dans un cadre démocratique ». En raison de ses discours et de ses écrits en faveur de la défense des Droits des Kurdes, Leyla Zana a été accusée, avec trois autres parlementaires kurdes du Parti pour la démocratie pro-kurde, d'être affiliée au PKK et condamnée par la Cour de la sécurité d'État d'Ankara en décembre 1994. En 1997, le gouvernement a proposé de la libérer pour raisons de santé, mais Zana a préféré obtenir sa liberté par la reconnaissance de sa cause. « Je souhaite une amnistie générale pour tous les prisonniers politiques. Je ne veux pas être libérée pour des raisons de santé, alors que mes amis politiques restent en prison ». Après l'ouverture en 2003 d'un nouveau procès, considéré comme manquant d'équité et d'indépendance tout comme le premier procès qui avaient été jugé en ces termes par la Cour européenne des Droits de l'homme, les ex-parlementaires kurdes ont été condamnés à rester en prison. Le 9 juin 2004, la Cour d'appel de Turquie, à la suite d'une réquisition du procureur général visant à révoquer les jugements, a prononcé la relaxe de Leyla Zana et de ses coinculpés. Le 14 octobre 2004, Leyla Zana a finalement pu s'adresser en personne, au Parlement réuni en session plénière à Bruxelles lors d'une cérémonie spéciale (aidh.org/Actualite/Act_2004)

21 juillet 2007 Nouvelle enquête judiciaire contre l'ex-députée kurde Leyla Zana

Un procureur turc a ouvert une enquête samedi contre l'ex-députée kurde Leyla Zana, qui a reçu en 1995 le prix Sakharov des droits de l'Homme, du Parlement européen. L'ouverture de cette enquête fait suite à une plainte de la police après des déclarations de Leyla Zana lors d'un meeting de soutien vendredi à des candidats kurdes aux législatives de dimanche. Zana a prôné une structure d'Etat fédéral pour la Turquie permettant aux Kurdes de jouir d'une autonomie, a rapporté l'agence Anatolie. "Il est temps de diviser la Turquie en provinces", a déclaré l'ex-députée, évoquant l'établissement d'une "Province du Kurdistan". L'enquête du parquet devra établir si Leyla Zana a violé les articles 216 et 302 du code pénal sur l'unité de l'Etat turc ainsi que la loi sur les élections. (AFP, 21 juil 2007)

17 mai 2007 Leyla Zana, écartée des prochaines élections générales

Le procureur de la Cour de cassation turque a ordonné jeudi au principal parti kurde du pays d'exclure quatre ex-députés, dont l'activiste Leyla Zana, en raison de leur casier judiciaire, une décision qui pourrait les empêcher de participer aux élections générales, le 22 juillet. Le ministère public a indiqué au Parti pour une société démocratique (DTP) que les quatre politiciens ne pouvaient pas être membres de la formation dès lors qu'il ont été condamnés, a déclaré à l'AFP Sedat Yurttas, un vice-président du DTP. "En conséquence, notre parti a annulé leur inscription au parti, ainsi que celles de 116 autres membres également condamnés pour différents crimes", a ajouté M. Yurttas. Accusée d'avoir fait l'apologie du séparatisme, Mme Zana est à nouveau poursuivie et risque jusqu'à cinq ans de prison. (AFP, 17 mai 2007)

17 mai 2007 Leyla Zana comparaît à nouveau à la suite de discours à Newroz

Un procès est intenté contre Leyla Zana, ancienne députée DEP, à la suite d'un discours qu'elle a prononcé dans le cadre des fêtes de Newroz le 21 mars dernier à Diyarbakir. Leyla Zana a déclaré au cours de son discours qu'il y a trois dirigeants kurdes : le président irakien Celal Talabani, le leader du parti démocrate du Kurdistan, Mesud Barzani, et Abdullah Öcalan. L'acte d'accusation réclame pour Leyla Zana une peine de prison selon l'article 7/2 de la loi anti-terreur d'avoir "fait de la propagande pour une organisation illégale". (Radikal-TIHV, May 17, 2007)

21 Juillet 2007 Nouvelle enquête judiciaire contre l'ex-députée kurde Leyla Zana

Un procureur turc a ouvert une enquête samedi contre l'ex-députée kurde Leyla Zana, qui a reçu en 1995 le prix Sakharov des droits de l'Homme, du Parlement européen. L'ouverture de cette enquête fait suite à une plainte de la police après des déclarations de Leyla Zana lors d'un meeting de soutien vendredi à des candidats kurdes aux législatives de dimanche. Zana a prôné une structure d'Etat fédéral pour la Turquie permettant aux Kurdes de jouir d'une autonomie, a rapporté l'agence Anatolie. "Il est temps de diviser la Turquie en provinces", a déclaré l'ex-députée, évoquant l'établissement d'une "Province du Kurdistan". L'enquête du parquet devra établir si Leyla Zana a violé les articles 216 et 302 du code pénal sur l'unité de l'Etat turc ainsi que la loi sur les élections. Les propos de Mme Zana, qui a reçu en 1995 le prix Sakharov des droits de l'Homme, ont été vivement critiqués par le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan. "Il s'agit de propos très malheureux (...) Personne ne peut se livrer à une telle provocation à la veille des élections", a-t-il déclaré à la télévision Kanal 7. Mme Zana et trois de ses collègues députés sont entrés au Parlement en 1991 sur les listes d'un parti social-démocrate mais ont été condamnés à la prison en 1994 pour collaboration avec un groupe séparatiste kurde armé. Ils ont été libérés en 2004, après 10 ans d'emprisonnement. (AFP, 21 juil 2007)

RSF  : Les amendements de l'article 301 ne sont pas satisfaisants Le 7 avril 2008, le Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir) a soumis un projet de loi visant à amender les articles 301 et 305 du code pénal. L'article 301 sanctionne "l'humiliation de l'identité turque, la République, les institutions et organes de l'Etat" et l'article 305 "tout acte à l'encontre des intérêts nationaux majeurs". "Nous répétons notre souhait de voir l'article 301 abrogé. Les amendements proposés par le Parti de la justice et du développement laissent encore trop de place à des utilisations abusives et des poursuites contre les médias", a déclaré Reporters sans frontières. L'article 301, depuis son entrée en vigueur le 1er juin 2005, a permis aux autorités de maintenir une pression énorme sur les médias. De nombreuses personnes, en particulier des journalistes et des écrivains, ont été poursuivies en justice en vertu de cet article. (europe2@rsf.org, 9 avril 2008)

Note de AKB : ce changement cosmétique dans l'article 301 ne suffit pas pour le respect de la liberté d'expression, car des centaines d'opposants du régime sont poursuivis également en vertu des articles 213, 214, 215, 216, 218, 220, 301, 312 et 318 du code pénal turc et des articles 6 et 7 de la loi anti-terreur : 23 journalistes sont, à cette date, emprisonnés en Turquie.

21 novembre 2007 Leyla Zana poursuivie pour avoir souhaité une Province kurde

En application de l'article 216 du code pénal turc, le procureur de la République près la cour d'assise d'Iðdýr a intenté une action en justices contre ouverte l'ancienne députée DEP LEYLA ZANA au motif qu'elle aurait, lors d'un meeting à d'Iðdýr "inciter le peuple à la haine et à l'hostilité" (ce qui peut valoir une peine de 1 à 3 ans de prison). Murat Yikit, maire DTP d'Igdir et Mehmet Nur, son prédécesseur, sont aussi poursuivis pour les mêmes motifs. Leila Zana avait déclaré notamment : "Ankara sait ce que veulent les Kurdes ; les Kurdes ont fait un changement majeur de leur stratégie depuis 1999 et ont admis qu'il n'y avait nul besoin de modifier les frontières. Les peuples (turcs et kurdes) peuvent vivre ensemble. Si seulement, vous, les dirigeants, vous pouviez le comprendre... Nous avons soutenu un processus de paix ; et vous ? Qu'avez-vous fait ? Rien, vous avez fait un ou deux pas et vous êtes venus en arrière. La première chose que vous devriez faire maintenant est une amnistie générale. La deuxième chose est de fonder un système fédéral avec une province kurde … cela ne signifie pas "division", cela signifie "intégration" et "coexistence". (www.antenna-tr.org, Novembre 21, 2007).

10 avril 2008 Leyla Zana condamnée à deux ans de prison pour apologie d'Öcalan

Une cour de Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie, a condamné jeudi l'activiste et ex-députée kurde Leyla Zana à deux ans de prison pour avoir fait l'apologie du chef rebelle kurde emprisonné Abdullah Öcalan. La Cour a basé son jugement sur un article du code pénal qui sanctionne "la propagande en faveur d'une organisation terroriste". Mme Zana, 47 ans, a déjà purgé dix ans de prison (1994-2004) avec trois autres anciens parlementaires kurdes pour collusion avec le Parti des travailleur du Kurdistan (PKK) que la Turquie considère être une organisation terroriste, tout comme les Etats-Unis et l'UE. Ses avocats doivent faire appel. Mme Zana a été condamnée pour un discours qu'elle a prononcé en mars 2007 lors d'un festival kurde à Diyarbakir, chef-lieu du sud-est anatolien peuplé majoritairement de Kurdes. Elle avait cité Öcalan parmi les leaders kurdes, avec le président irakien Jalal Talabani et Massoud Barzani, président de la région autonome du Kurdistan irakien. "Ils ont tous une place dans les cœurs et les esprits des Kurdes", avait-elle notamment dit selon l'acte d'accusation. Mme Zana a reçu en 1995 le prix Sakharov des droits de l'Homme. (AFP, 10 avr 2008)

30 avril 2008 L'article 301 modifié sans écarter la menace sur la liberté d'expression

Le projet de loi du Parti de la justice et du développement (AKP) qui concerne l'article 301 du code pénal a été adopté par 250 voix contre 65 à l'Assemblée nationale. Toutefois, l'amendement n'écarte pas toutes les restrictions existant en Turquie dans le domaine des libertés d'expression. La nouvelle disposition redéfinit en des termes plus précis l'article controversé, réduit la peine maximale de prison prévue de trois à deux ans et conditionne l'ouverture de poursuites à l'obtention d'une autorisation du ministre de la Justice. Le "dénigrement de l'identité turque" est remplacé par le "dénigrement de la nation turque". Le gouvernement a expliqué que cette modification permettrait d'aider la Turquie à entrer dans l'UE, opposée à toute limitation de la liberté d'expression. Or, de nombreux défenseurs des droits de l'Homme ont appelé à l'abolition pure et simple de cet article. Des dizaines d'intellectuels, dont le prix Nobel de littérature 2006 Orhan Pamuk, ont été poursuivis au titre de l'article 301, souvent pour avoir contesté la position officielle turque sur le génocide des Arméniens commis sous l'empire ottoman de 1915 à 1917. (AFP, 30 avr 2008)

12 mai 2008 Une peine de 60 ans d'emprisonnement requise contre Leyla Zana

Leyla Zana, ancienne députée du DEP, citée en justice, devant un tribunal de Diyarbakir risque une peine de prison de 60 années pour plus de neuf discours prononcés, en 2007, à Diyarbakir, Batman, Bingöl, et devant le Parlement européen. Leyla Zana est poursuivie aux termes de l'article ATL 7/2 pour "propagande envers une organisation illégale " et des articles TPC 314/2, 314/3 pour," participation aux activités criminelles, bien que non membre, de l'organisation (terroriste)"(Antenne-tr.org, le 12 mai 2008)

12 mai 2008 Leyla Zana appelle au dialogue avec PKK

Leyla Zana demande, s'agissant de la politique kurde, une nouvelle concertation afin de mettre fin au conflit qui, sévissant dans le sud-est de la Turquie depuis 25 ans, a fait plus de 30 000 victimes. En plaidant pour la fin des violences, l'ancienne députée, qui a payé d'une peine de 10 ans d'emprisonnement le "crime" de s'être exprimé en kurde devant l'Assemblée Nationale de Turquie, a, avec insistance, demandé au gouvernement turc de cesser de bombarder les bases rebelles qui se trouvent dans le nord irakien. Leyla Zana, qui s'était rendue à Londres au début du mois, intervenait dans une conférence donnée à Westminster, dont le sujet était la résolution des conflits, et a, dans ce cadre, exigé d'inclure, dans le processus de Paix, la participation du mouvement rebelle PKK connu sous le nom du Parti des Travailleurs du Kurdistan. "Je soutiens la résolution pacifique de ces problèmes qui permettra au PKK de renoncer aux armes"..."Les bombes doivent arrêter de tomber du ciel", tels sont traduits les propos de cette femme politique kurde. "Le peuple kurde a confiance dans le PKK qui, lui-même, se déclare être prêt à déposer les armes si les attaques qu'il subit cessent, si les garanties nécessaires sont données, et si les droits démocratiques seront reconnus ; les Kurdes ne sont pas passionnément attachés à la guerre" a-t-elle ajouté. "Si un projet venait à être lancé, les deux côtés étant prêts à trouver un accord, il n'y aurait plus, alors, de confrontation armée. Si nous voulons concertation et réconciliation, il faut, alors, s'adresser à tous les kurdes, et non seulement à certains d'entre eux". Leila Zana a prononcé ces paroles au moment précisément où le conflit entre le groupe rebelle et l'armée turque s'intensifie : au printemps dernier, les troupes turques ont lancé plusieurs opérations militaires d'envergure contre les bases du PKK se trouvant dans la zone montagneuse, à la frontière irakienne. Un cessez-le-feu déclaré unilatéralement, voici deux ans, par le PKK, n'a pas été de nature à faire avancer la réconciliation politique entre les deux camps. "Nous acceptons le concept d'un seul Etat, mais pas d'une seule langue" a déclaré Leila Zana à cette conférence de Londres. "Les p



29/05/2009

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