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Les Turcs aux urnes

Les Turcs aux urnes pour un scrutin municipal test pour le parti d'Erdogan

Burak AKINCI

Quelque 48 millions d'électeurs turcs étaient appelés à voter dimanche à l'occasion des élections municipales qui sont perçues comme un test de popularité pour le parti au pouvoir, issu de la mouvance islamiste, en période de crise économique.

 

Selon tous les sondages le Parti de la justice et du développement (AKP) est sûr de l'emporter avec 40 à 48% des suffrages, devant ses deux principaux adversaires, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) et celui de l'action nationaliste (MHP, nationaliste).

L'AKP devrait conserver les deux premières métropoles, Istanbul et Ankara. Izmir (ouest), grande ville de la région égéenne, devrait rester fidèle au CHP, dont elle est un bastion.

Dans la capitale, des files d'attentes se sont constituées devant les bureaux de vote, généralement installés dans des écoles, dès l'ouverture du scrutin à 05H00 GMT, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Je vais voter pour le changement mais je ne pense pas que l'opposition sera assez forte pour gagner", a déclaré Bekir Ciftçi, un homme d'affaires de 40 ans, dans une école de Yildiz, quartier résidentiel du centre-ville. Il a souhaité "le départ" de l'actuel maire de l'AKP, Melih Gökçek, qui brigue un troisième mandat malgré des accusations de corruption.

Dix-neuf partis se disputent 3.000 sièges de maires, 37.000 sièges de conseillers municipaux et près de 53.000 mandats de chefs de village et de quartier, ces derniers étant généralement apolitiques.

Les électeurs doivent désigner dans cinq votes distincts leurs représentants à différents niveaux de l'administration locale, pour cinq ans.

M. Erdogan s'est personnellement investi dans ce scrutin. Il veut améliorer son score des législatives de 2007 (46,6%). Aux précédentes municipales, en 2004, l'AKP avait obtenu 41% des voix.

Toutefois, la récession qui a gagné la Turquie pourrait affecter la performance du parti gouvernemental, selon les observateurs.

Une fois passées les élections, le gouvernement espère de nouveau progresser dans la voie des réformes pro-européennes et de son projet de "Constitution civile" destinée à remplacer l'actuelle, rédigée sous la tutelle des militaires après le coup d'Etat de 1980.

M. Erdogan avait lancé sa réforme constitutionnelle pendant la campagne des législatives anticipées de l'été 2007, organisées après une âpre bataille avec le camps laïque. Le projet avait été enterré après de vives critiques.

En 2008, le gouvernement a relancé le projet d'une révision, pour permettre une levée de l'interdiction du voile à l'université, mais elle a été annulée par la Cour constitutionnelle, qui l'a jugée contraire à la laïcité.

Le conflit a encore avivé les tensions entre les laïcs et le gouvernement. Il a notamment provoqué l'ouverture d'une procédure visant à faire interdire l'AKP, qui n'a pas abouti.

 



29/03/2009

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