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Les Mémoires de Bush font leur première victime

Les "Instants décisifs" de Bush contiennent une confidence bien gênante sur l’Irak du sénateur républicain du Kentucky, Mitch McConnell, ami personnel de l’ex-président et chef de file des sénateurs républicains.

 

Les Mémoires de George W. Bush ( l’édition française est titrée : «  Instants décisifs », chez Plon) vient de faire sa première victime de marque en la personne du Sénateur Mitch McConnell. D’autres pourraient suivre et provoquer quelques démissions inespérées pour la fragile majorité démocrate.

Le chapitre 12 de l’édition française (« renforts militaires » page 360) débute en effet par une confidence bien gênante pour le sénateur républicain du Kentucky, Mitch McConnell, ami personnel de l’ex-président américain et chef de file des sénateurs républicains. Une anecdote qui en dit long sur des mœurs politiques assez machiavéliques, et qui illustre et explique dans une modeste mesure, le désintérêt voire le dégoût rampant que suscite la chose publique et ses serviteurs, dans l’opinion publique des démocraties occidentales.

Par « chance », les faits se déroulent aux USA. Gageons qu’on pourrait prochainement prendre connaissance en France de postures comparables tout aussi maladroites de la part de « nos » parlementaires au sujet de l’aventure afghane dont on ne sait comment se dépêtrer honorablement…

George W. Bush - JPG - 26.8 ko
George W. Bush
Dessin de Ray Clid

Parcourons donc les confidences de George W. Bush page 360 de ses Mémoires :

" En septembre 2006, à l’approche des élections de mi-mandat, mon ami Mitch McConnell est venu dans le Bureau Ovale. Le sénateur senior du Kentucky et chef des Républicains au Sénat avait demandé à me voir seul à seul.

 ‘ Monsieur le président, a-t-il commencé, votre impopularité va nous coûter le contrôle du Congrès’. Mitch avait vu juste. De nombreux américains en avaient assez de ma présidence. Mais ce n’était pas la seule raison pour laquelle notre parti était en péril….

Et bien Mitch, lui ai-je demandé, qu’est ce que vous voulez que je fasse ?’

Monsieur le président, rapatriez quelques troupes d’Irak’ …."

Bush n’a tenu aucun compte de la suggestion du sénateur et les élections de novembre 2006 se soldèrent pour les républicains par la défaite sévère que l’on sait.

L’engagement important des boys en Irak dans des conditions sur lesquelles Wikileaks n’avait pas encore jeté une lumière trop crue, n’était pas, et de loin l’unique raison de la défaite annoncée. Plusieurs parlementaires républicains jetés en prison comme des malpropres pour corruption, impliqués dans des scandales sexuels, ou encore mis en examen pour des actions de lobbying un peu trop enthousiastes, avaient eu raison de la loyauté de l’électorat conservateur US. L’annonce par Bush d’un début de commencement de retour des GIs était donc, aux yeux du stratège McConnell, une carte maîtresse pour sauver les meubles…

Le problème est que ce faux-jeton de McConnell, aujourd’hui leader de la minorité républicaine au Sénat, avait tenu en public des propos diamétralement opposés quelques semaines plus tôt !

Le 5 septembre 2006, il avait en effet eu des mots très durs pour ses adversaires démocrates. Commentant un courrier expédié au président Bush par les démocrates, l’enjoignant de réduire l’engagement militaire américain en Irak, il avait fustigé ses adversaires politiques avec une rare violence (« …les démocrates sont au moins d’accord sur quelque chose ; malheureusement c’est le retrait  » avant de reprendre sur le même ton acerbe : « Qu’ils l’appellent redéploiement, ou retrait programmé, le résultat est le même : nous rendrions les Américains plus vulnérables et les irakiens à la merci d’Al-Qaida, un groupe terroriste dont l’objectif – tant vis à vis des Irakiens que des Américains – est clair…  »).

Dès que la preuve du double langage assez abject du sénateur de l’État a été connue, «  Le Courrier de Louisville » s’est empressé de lui demander sa version des faits et les raisons de ce volte-face. Piteux, il a fait répondre par son porte-parole que « le sénateur n’a pas pour habitude de faire des commentaires sur les conseils qu’il a pu être amené à prodiguer au président pour améliorer sa cote de popularité ».

Un peu court tout de même…



16/11/2010

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