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Les jeunes "cerveaux turcs" nés en Allemagne retournent au pays

Les jeunes "cerveaux turcs" nés en Allemagne retournent au pays

Un beau jour c'est le déclic. De jeunes turcs-allemands ayant achevé leurs études à l'université, parfaitement bilingues, décident de s'installer en Turquie, le pays de leur parents. En Allemagne ils tournaient en rond à la recherche d'un d'emploi à leur guise, irrités d'être toujours considérés comme des immigrés, même si, à la différence de leurs parents, leur passage sur les bancs de l'université a pu faire d'eux des Allemands, ou des titulaires du passeport au moins.
 
 
Le retour au pays était jusqu'alors le propre des anciens, les travailleurs « turcs invités » dans les années cinquante pour soutenir l'industrie allemande et qui retournaient prendre leur retraite en Turquie. La tendance au retour des enfants et petits enfants est récente. Mais elle prend de l'ampleur.
 

En vingt ans le nombre de jeunes d'origine turque inscrit dans les universités allemande aurait triplé, ils étaient 36000 environ en 2008, selon le « centre d'étude turc d'Essen ». Une étude de l'institut « Futureorg » de Dortmund évalue à 40% la proportion de ceux qui envisagent de partir en Turquie dans les prochaines années. C'est devenu un thème de discussion courant dans la communauté. Il tient à l'absence de sentiment d'être vraiment « chez soi » en Allemagne, comme à la recherche d'un bon emploi. 18,9% des diplômés de l'université, turcs d'origine, sont au chômage, le double de leurs collègues allemands.
 

Et puis l'ambiance s'est dégradée pour eux après les attentats du 11 septembre. En Turquie, ils ne sont plus sous pression, obligés de se justifier pour tous les turcs et les musulmans du monde, face aux questions permanentes -même chez leurs amis allemands- à propos de l'Islam et du terrorisme, ou de l'intégration difficile.
 

La vague de polémiques que vient de déclencher le livre du banquier Thilo Sarrazin, qui met en garde ses concitoyens contre l'invasion croissante des musulmans s'y ajoute. Ibrahim Karaman, installé à Istamboul, y voit une raison de plus d'avoir quitté l'Allemagne. Il n'avait plus envie d'être « un brave turc » comme on le lui demande à Berlin, et de faire figure d'exemple pour les autres, soumis en permanence à la pression de l'intégration, confie-t-il à l'hebdomadaire der Spiegel.
 

A Istamboul, la plate-forme du commerce entre l'Europe, l'Asie, le Proche-orient, 3700 entreprises allemandes, leur offrent les meilleurs débouchés, il bénéficient même d'avantages sur leurs concurrents allemands tout court. Car eux sont bi-culturels, parlent l'Allemand et le Turc sans accent, et restent considérés par les autorités comme des Turcs même s'ils ont la nationalité allemande, bénéficiant quasiment des mêmes droits que les autochtones. Un avantage pour l'entrepreneur allemand.
 

Alors pourquoi donc rester vivre en Allemagne, toujours étiqueté comme « turc », au lieu de venir « en Turc » vivre à l'occidentale au bord du Bosphore, en profitant du quartier européen de Cihangir, baptisé le « petit Berlin ».


01/06/2011

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