PerleDeDiamant

PerleDeDiamant

Les élites ont peur du soulèvement insurrectionnel

Les élites ont peur du soulèvement insurrectionnel
par Saâd Lounès - publié le jeudi 20 janvier 2011


Une atmosphère très lourde s’est emparée de l’Algérie depuis la fuite

de Benali, la chute du régime tunisien, et la débâcle de la famille régnante.

 L’immolation d’un jeune tunisien a provoqué un mouvement

insurrectionnel surprenant pour ceux qui ne connaissaient pas

les tréfonds de la rancœur populaire contre la dictature.

 

Une nouvelle tempête d’espoir a soufflé immédiatement dans le cœur

des peuples opprimés de toute l’Afrique du Nord. En moins d’une semaine,

 les tentatives d’immolations se succèdent comme autant de signaux de déclenchement d’insurrection populaire en Algérie, Egypte, Mauritanie, …

Mais les élites tardent à réagir à ces messages désespérés. En Algérie

une vraie panique s’est emparée de toutes les élites qui se sont

embourgeoisées au contact du pouvoir corrompu et corrupteur.

 

Les élites savent bien ce que veut dire un soulèvement populaire insurrectionnel.

La remise en cause des biens mal acquis, et des situations politiques,

 économiques et sociales usurpées.

Lorsque les islamistes avaient manifesté leur volonté de renverser le régime

par la voie des urnes en 1990, sous la bannière du FIS, les élites s’étaient

rangées derrière les chars de l’armée pour soutenir le pouvoir, quelque

 soit le prix à payer.

Aujourd’hui les islamistes et leur idéologie ne représentent plus une menace

ni en Algérie, ni en Afrique du Nord. Mais les élites corrompues ont toujours

peur pour leurs acquis. Ils appréhendent l’attitude de l’armée qui peut,

comme en Tunisie, refuser de réprimer les manifestants.

 

Plus rien n’empêcherait alors les hordes d’affamés et de revanchards de

s’attaquer aux quartiers résidentiels et aux commerces pour les piller et

les brûler, comme ils l’ont fait dans les villas luxueuses de Hammamet.

Les clans d’Oujda et du DRS, des barons du FLN et de l’armée, usant et

abusant de la corruption et du clientélisme, ont complètement dénaturé

les rapports économiques et sociaux. La rapine, la tchipa et l’opportunisme

 sont devenus les règles de la réussite sociale au détriment des valeurs

travail et entrepreneuriales.

Les syndicalistes de l’UGTA sont devenus des symboles d’apparatchiks corrompus,

 à l’image de Sidi Said.

 

Même une profession aussi noble que celle des avocats s’est odieusement embourgeoisée et oublie ses obligations morales, comme l’a déclaré

récemment ce bâtonnier qui refuse de défendre gratuitement des émeutiers.

Le commun des algériens sait ce qui s’est passé dans ce pays et comment les

uns et les autres se sont enrichis légalement ou illégalement.

Le régime algérien est à bout de souffle et a atteint sa limite d’âge.

Soit les élites politiques et sociales encore saines prennent le leadership

responsable d’une insurrection populaire qui gronde, comme tente de le

faire avec lucidité et courage Said Sadi.

 

Soit nous allons droit vers des actes d’agression, d’auto-défense et de chaos généralisé. C’est le but iconoclaste recherché par les forces visibles ou

occultes qui ont verrouillé tous les champs politiques, économiques,

sociaux et culturels.

Les actes désespérés d’immolation et les émeutiers somment les élites

de choisir entre défendre leur retraite dorée et leurs villas, ou défendre

une Nation et ses institutions.



20/01/2011

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 3 autres membres