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Les attentats de Moscou : une piste américano-saoudienne flairée 02/04/2010

Les attentats de Moscou : une piste américano-saoudienne flairée  02/04/2010


02/04/2010 La piste des mouvements islamistes séparatistes n'est pas la seule suspectée d'être derrière les deux attentats terroristes qui ont frappé le métro de la capitale russe ainsi que la république du Daghestan dans le Caucase. Quoique cette piste ait été particulièrement privilégiée par les Américains, rien n'empêche, d'après certains observateurs que ces derniers aussi soient impliqués dans ces attentats, question de faire pression sur Moscou, sur fond des fournitures d'armements qu'elle procure à certains pays du Proche Orient, dont entre autre la Syrie et l'Iran. Et pour l'amener également à fléchir sa position concernant les sanctions contre l'Iran, que Moscou refuse qu'elles soient paralysantes.

Ces observateurs étayent leur raisonnement par les liens privilégiés tissés entre ces mouvements séparatistes des républiques frontalières du Caucase du nord (Ingouchie, Tchétchénie, Ossétie du Nord, Daghestan, Tcherkesse), d'une part,  et l'Arabie Saoudite et les pays golfiques de l'autre,  lesquels eux-mêmes tissent des liens solides avec les Américains.
 
Ayant joué un rôle primordial pour disloquer l'ex-Union soviétique et le bloc de l'est, ces derniers sont soupçonnés de soutenir des revendications séparatistes des républiques russes actuelles, dans le nord, le sud du Caucase et en Asie centrale afin de déstabiliser la Russie
 
Certains experts sécuritaires et stratégiques russes parlent déjà d'une implication de parties locales, régionales et internationales dans les derniers attentats. Ils gardent en souvenir les efforts déployés par les tenants de l'ancienne administration américaine de Gorges Bush. Brandissant comme prétexte les droits bafoués des Musulmans russes, les Nouveaux conservateurs avaient assigné aux Européens et Arabes du Golfe pour leur porter assistance : militairement, financièrement et politiquement.
 
Sachant que depuis le précédent attentat terroriste, datant de 2004, les conflits avec le Caucase du nord avaient baissé considérablement grâce à la mise en exécution d'un système fédéral qui accorde des prérogatives importantes aux habitants.
Dès lors, d'après ces observateurs, le double attentat de lundi n'est pas perçu comme étant le reflet de revendications populaires, mais comme étant le fruit d'un accord implicite entre des services secrets saoudiens et golfiques avec des groupuscules séparatistes internes. Le tout mijoté par le maestro américain, avec l'aide du Mossad également soupçonné de faire partie de la fête…
 
( source : site en ligne du centre « Shark El Moutawasset » pour les recherches et les médias) 

L'attentat a été revendiqué par Doukka Oumarov, "Emir du Nord Caucase", ancien président de l'Ichkérie qui revendique avoir des bases de l'Abkhazie jusqu'en Azerbaïdjan, une zone de première importance pour les routes du pétrole. La guérilla reste active dans les zones musulmanes du Caucase russe. En juin et en septembre dernier le président tchétchène Ramzan Kadyrov a accusé la CIA et la MI6 d'être présents aux côtés des rebelles islamistes. Par ailleurs l'American Committee for Peace in Chechnya est souvent désigné comme un organe de propagande américaine anti-russe tourné vers la Tchétchénie.  

 

Dans cette région, outre l'activisme religieux au Daghestan et en Tchétchénie, le nationalisme circassien est aussi encouragé par des lobbys occidentaux. Comme le note Frédéric Delorca dans son dernier livre, "Abkhazie, A la découverte d'une "République" de survivants" (Ed. du Cygne 2010), un travail de promotion du nationalisme circassien (dans le Nord Ouest du Caucase) se développe dans la perspective des jeux olympiques de Sotchi de 2014, qui rappelle l'insurrection des moines tibétains à la veille des jeux olympiques de Pékin : "Sotchi était le port de départ de milliers de Circassiens déportés vers la Turquie.  2014 marquera la 150ème anniversaire de la victoire russe contre eux. Des voix s’élèvent au Caucase Nord, comme celle de l’Association circassienne internationale basée en république kabardino-balkarienne, et dans la diaspora des peuples déportés, pour que des symboles circassiens figurent dans ces jeux au même titre que les jeux de Vancouvert au Canada ont accordé une place aux Indiens victimes de génocide, ou ceux de Melbourne aux Aborigènes d’Australie . A défaut de pouvoir satisfaire les revendications circassiennes, les jeux de Sotchi pourraient être compris comme une provocation par les peuples du Nord-Ouest du Caucase et enflammer le ressentiment anti-russe. Des analystes russes début 2010 pointaient du doigt la décision récente de l’administration Obama d’augmenter les effectifs de USAID, l’agence des basses œuvres interventionnistes étatsuniennes, et accusait les associations adyguiennes comme Adyghe-Khasa, le Congrès circassien ou l’Association circassienne internationale qui réclament la reconnaissance du « génocide » de leur peuple d’appliquer en fait le programme de thinks tanks américains comme Rand Corp. et la Jamestown Foundation. Selon ces analystes cette activité qui joue sur des cordes tantôt ethniques tantôt religieuses contribue à la dé-russification rampante du Nord-Caucase . On peut d’ailleurs noter que la Fondation Carnegie à travers le Program on New Approaches to Research and Security in Eurasia (PONARS) finance publiquement des recherches très orientées vers le soutien aux revendications circassiennes."

Face à cette conjonction entre islamisme et nationalisme sur fond de fort taux de chômage, le Kremlin depuis quelques mois mise sur la répression. En février, le président russe Medvedev a nommé un « consul du Caucase », représentant du président de Russie, et vice-premier ministre, Alexandre Khloponine, 44 ans, ancien directeur de combinat, qui a déjà mis de l’ordre dans la région de Krasnoïarks en Sibérie en y intégrant  les territoires d’Evenk et Taïmyr. A cette occasion une grande région a été créée englobant le territoire de Stavropol et les Républiques autonomes de Karatchaevo-Tcherkessie, Kabardino-Balkarie, Ossétie du Nord, Ingouchie, Tchétchénie et du Daghestan, toutes ces entités pouvant à terme être absorbée par le territoire de Stavropol. Cette mesure, qui s'ajoute aux actions militaires et policières, passe pour un acte de méfiance à l'égard des autorités locales caucasiennes, et a été notamment critiquée par le président de l'Ingouchie

 La spirale de la répression et du terrorisme pourrait, si elle se developpe, compromettre le retour récent de la Russie sur la scène internationale.




02/04/2010

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