PerleDeDiamant

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Le « Sunday Times » d’aujourd’hui dimanche 30 mai 2010 rapporte la présence, face aux côtes iraniennes de sous-marins nucléaires donnés en cadeau par l’Allemagne aux israéliens.

Mercredi 2 juin 2010 3 02 /06 /2010 11:18

Le nucléaire iranien  et la stratégie d’hégémonie occidentale.

Par  MIZAANOUN 

 Une civilisation devenue plus judéo  que chrétienne.

La crise financière  qui agite tout l’Occident et le monde et dont les ficelles ou les causes sont entre les mains de Lehmann Brother, Goldmann Sachs, Bernard Madoff etc. tous, par hasard, juifs, l’apparition dans des différents points de la planète d’états insurgés (Pour l’Occident, ils sont des états voyous.) contre l’ordre mondial en cours, comme le Venezuela, la Bolivie, l’Équateur en Amérique Latine, l’embourbement dans les invasions de l’Irak, de l’Afghanistan avec le dérapage sur le Pakistan et tout dernièrement l’intervention sur la scène politique mondiale de deux grands pays comme le Brésil et la Turquie, pour ne citer que ces quelques exemples, constituent des facteurs très peu favorables à un déclenchement d’hostilités de grandes envergures contre l’Iran. Du moins de la part des États-Unis et de l’Occident. Ce qui n’exclut pas une opération « unilatérale » d’Israël à laquelle il finira par entraîner les uns et les autres de ses alliés et protecteurs. Le « Sunday Times » d’aujourd’hui dimanche 30 mai 2010 rapporte la présence, face aux côtes iraniennes de sous-marins nucléaires donnés en cadeau par l’Allemagne aux israéliens. Ils ont traversé le canal de Suez, entre autres navires de guerre, avec les applaudissements de Hosni Moubarak. Personne n’est aussi dupe pour penser que les juifs, les us-américains et le reste des navires et forces militaires de l’OTAN, se trouvent dans cette région du monde arabe et musulman en villégiature !?  

L’analyse faite par le professeur arabe[1] de sciences politiques, sur la question du nucléaire iranien, principalement, comme la lecture d’autres pensées et articles  d’écrivains et d’analystes occidentaux – que la guerre ait lieu tout de suite ou dans quelque temps – donnent un éclairage sur un des principaux aspects de la stratégie us-américaine et occidentale dans son ensemble dans sa stratégie de domination du monde. Une domination impitoyable et qui, en fin de compte, profite beaucoup plus aux juifs qu’aux chrétiens eux-mêmes. Comparant les deux pays, la Corée du Nord et la République Islamique d’Iran le professeur écrit :

 « Dans la stratégie us-américaine et occidentale, il n’y a rien de commun entre l’Iran et la Corée du nord à part le dossier nucléaire dans chacun des deux pays. Dans toute zone du monde que les occidentaux en général, et, les us-américains en particulier, considèrent d’intérêts vitaux, on n’est jamais disposé à permettre à un pays se trouvant dans cette zone de devenir une force sous quelque forme que ce soit, économique, scientifique, culturelle et encore moins nucléaire. Car, de leur point de vue, atteindre un tel stade constitue un danger de haute gravité, sinon mortel. Dans la mesure où un projet nucléaire arrive à aboutir et doter réellement le pays concerné de l’arme atomique ou de simples connaissances dans le domaine, ça conduirait inévitablement à un changement de la règle du jeu en vigueur. Ce qui remet en question les fondements essentiels de la stratégie en cours,  établie par la force des canons et des navires de guerre européens depuis le dix huitième siècle.»

Tout ce qui a précédé le 18ième siècle en « Amérique Latine » en Afrique et en Asie n’était que le prélude à l’instauration des bases de cette stratégie occidentale qui va prendre sa forme de domination globale actuelle. Le philosophe et écrivain français Edgar Morin affirme à juste titre : « La domination occidentale est la pire de l’histoire humaine dans sa durée et son extension planétaire[2]. De son côté Jean Ziegler donne dans son livre plus de précisions sur cette domination et écrit : « Quatre systèmes de domination se sont succédés dans l’Histoire. D’abord, celui dit des « conquêtes ». Dès 1492, les occidentaux ont découvert les Amériques et pris possession des terres. Ils ont détruit ou mis aux fers des populations jusqu’alors inconnues ».[3] L’écrivain uruguayen Eduardo Galeano, de son côté, a parfaitement décrit cette prise de possession des terres suivie de l’extermination d’une grande partie de la population autochtone ou indienne et des siècles d’esclavage des noirs ramenés par la force de leur Afrique natale vers les nouvelles terres.[4] C’étaient des longs siècles de ténèbres  et qui perdurent.

Jean Ziegler continue : « Vint ensuite le temps du commerce triangulaire de la déportation massive d’Africains noirs vers le continent américain dépeuplé par le massacre des indiens…

Donc avant d’arriver au 18ième siècle qui va donner lieu à l’établissement de la stratégie hégémonique occidentale sur le monde, deux continents, au moins, l’Amérique dans son ensemble et l’Afrique avaient déjà subi des dévastations, des massacres, des destructions massives et des génocides desquelles, ils ne se sont plus relevés. Le tour de l’Asie viendra un peu plus tard avec les colonisations, anglaise, française et hollandaise, entre autres et qui vont profiter, d’une manière directe ou indirecte, à toute l’Europe.

« Les métaux précieux pillés des nouveaux domaines coloniaux vont stimuler le développement économique européen et on peut ajouter même, sans risque d’erreur, qu’ils l’ont rendu possible. Ecrit Eduardo Galeano. Tous les trésors perses conquis par Alexandre Le Grand qui ont été déversés sur tout le monde hellénique ne pouvaient être comparables à la formidable contribution de l’Amérique Latine au progrès d’autrui. (Au fait ce genre de progrès va conduire à l’hégémonie occidentale). Si les mines d’Or et d’Argent, en Amérique Latine, étaient exploitées par les colons espagnols, ce n’est pas à ce royaume que vont profiter, ces métaux précieux. Comme on le disait déjà au XVII siècle, l’Espagne est comme la bouche, par rapport au corps, qui reçoit les aliments afin de les mastiquer, les triturer pour les envoyer par la suite aux autres organes, ne retenant, pour elle-même, que le goût fugitif et les particules  qui par hasard reste coincées entre les dents. Les espagnols élèvent la vache et ce sont les autres qui boivent son lait.[5] » Ce qui explique, en quelque sorte, le retard de l’Espagne et du Portugal par rapport au reste de l’Europe et qui ne changera qu’avec l’entrée de ces deux pays dans la Communauté Européenne vers le milieu des années quatre vingt du siècle dernier.    

Les grandes différences entre la Corée du Nord et l’Iran.[6]

« Donc le lien entre la Corée du Nord et la République Islamique d’Iran dans cette soi-disant préoccupation stratégique us-américaine semble, de prime abord, résulter de la logique d’un même sujet. Pourtant les différences qui ressortent de la divergence des deux dossiers sont énormes et fondamentales quand on compare les dimensions et l’importance vitale des intérêts que les États-Unis craignent d’être remis en question dans la mesure où l’une des probabilités de posséder une force  nucléaire devienne réalité.

La différence dans l’intensité des réactions des États-Unis et de l’Occident en général envers l’Iran et la Corée du Nord, constitue la clef de voute qui dévoile l’importance des intérêts menacés – aux yeux de l’Occident – avec l’apparition d’une force nucléaire arabe ou musulmane au Moyen Orient comparés à ceux qui pourraient subir les conséquences de la  force nucléaire de la Corée du Nord dans le Sud-est asiatique.      

Bien qu’il soit aussi question de la Corée du Nord dans le discours officiel us-américain se rapportant aux questions de l’armement nucléaire, comme d’ailleurs il est courant de voir les responsables us-américains qui voyagent dans l’est asiatique évoquer le sujet avec leurs différents interlocuteurs de la région, il est impossible de comparer ça avec les activités diplomatiques us-américaines et occidentales tous azimuts suivies de menaces et d’intimidations de moins en moins voilées à l’égard de la République Islamique d’Iran. La campagne d’hostilité et de diabolisation menée par les États-Unis et l’Occident contre ce dernier pays, à travers les différentes organisations et congrégations mondiales, les tournées des hauts responsables occidentaux et surtout les médias, dans le but d’inciter les régimes arabes auxiliaires afin qu’ils participent dans la création d’une atmosphère de haine contre l’Iran dans la région et dans le monde arabo- islamique, le tout finit par réduire le dossier nucléaire nord-coréen à un objet secondaire, voire marginal, dans l’agenda de la stratégie us-américaine et ce malgré les affirmations répétées de la Corée du Nord de ses intentions de produire et posséder l’arme atomique et non pas la possession de l’énergie nucléaire à des fins civiles et pacifiques comme ne cesse de l’affirmer officiellement l’Iran.

Il n’y a pas de doute sur les raisons évidentes qui se trouvent à l’origine de la position us-américaine et occidentale en général et qui diffèrent, d’une manière évidente, selon qu’il s’agisse de l’un ou de l’autre des deux dossiers et des deux pays. Ces raisons se résument comme suit:

L’Éden des intérêts us-américains et occidentaux

1-La différence de la nature vitale des intérêts us-américains et occidentaux dans la région où se trouve l’Iran par rapport à ceux où se trouve la Corée du Nord. En effet les intérêts occidentaux en question en Iran même et dans la région qui l’entoure sont totalement distincts dans leurs dimensions et dans leur importance, ce qui exige un comportement politique différent de celui accordé aux intérêts us-américains et occidentaux dans la région où se trouve la Corée du Nord. La nature de ces intérêts dans la région arabe, c’est qu’ils sont d’abord sans réciprocité aucune et ensuite ils sont de dimensions formidables. C'est-à-dire que seuls les intérêts occidentaux sont l’objet des relations entre l’Occident et les régimes politiques arabes dans la région. Car ces régimes arabes dont l’existence et la continuité dépendent de la volonté occidentale, ne peuvent échanger des intérêts nationaux inexistants dans les pays où les populations sont soumises à leur dictature contre les intérêts vitaux de l’Occident. Autrement dit, ces régimes n’ont pas d’intérêts à défendre ou qui exigent une négociation ou une tractation quelconque avec l’Occident. Leur seul intérêt consiste à ce qu’il leur soit permis de continuer au pouvoir et en assurer la succession à leurs descendances sinon à leurs proches, chose que l’Occident accepte volontiers soit en les appuyant en cas où ils se trouvent en position difficile, soit en adoptant une attitude de complaisance quand ils sont forts et commettent les crimes les plus abominables envers ces populations assujetties ne sachant comment arriver à une volonté d’action collective pour se rebeller contre eux et contre leurs appareils de répression multiples.  

En effet cette région arabo-musulmane représente pour les États-Unis et pour l’Occident, « l’Éden des Intérêts » comme le sont les paradis fiscaux pour les spéculateurs les criminels de tout calibre. Par conséquent les intérêts dont il est question de conserver sont d’un côté, d’importance vitale et de l’autre, à sens unique dans les relations entre les régimes arabes et l’Occident. Tout à fait le contraire en ce qui concerne les intérêts us-américains et occidentaux dans la région où se situe la Corée du Nord. Dans cette région du monde les intérêts sont mutuels et sont soumis à la règle du jeu de l’échange de  concessions de part et d’autre et sur le même pied d’égalité entre les parties.

À titre d’exemple, les intérêts  us-américains en Chine sont, sans doute, de grande importance, mais ce qu’exige la Chine, en contre partie, n’est pas moindre ni dans les dimensions ni dans l’importance par rapport à ce que désirent obtenir les États-Unis de la Chine. De même font les russes, les hindous ou les japonais. Tous échangent leurs intérêts contre les intérêts us-américains sans se préoccuper ni des conséquences, quand les transactions se déroulent dans l’acquiescement mutuel  ou de la foudre us-américaine dans le cas où telles transactions n’aboutissent pas. Ils ne se font aucun soucis sur leur situation au pouvoir, parce que ou bien ils sont des gouvernants de grandes puissances et ils se passent de la bienveillance us-américaine comme de leur mauvaise humeur, ou bien ils sont des gouvernants de pays démocratiques où leur arrivée au pouvoir et leur continuité n’ont rien à voir ni avec la complaisance, ni avec le courroux us-américains. Contrairement aux gouvernants arabes qui s’imposent à leurs populations dans des pays nains issus d’un découpage intentionnellement malveillant contenu dans les lignes de la stratégie occidentale  et par conséquent, ils n’ont pas d’intérêts nationaux spécifiques  hors de l’espace vitale us-américain.

C’est pour cela que l’apparition de la Corée du Nord comme force nucléaire dans sa région, malgré les appréhensions réelles ou de simple mise en scène  us-américaine ou leur refus verbal à une telle probabilité n’a, en fin de compte, aucune conséquence sur les dimensions des intérêts us-américains pour  leur réduction ou pour leur amplification. De toute manière ça ne change en rien la règle du jeu qui détermine leurs relations avec la Chine ou la Russie, car la possession de l’arme atomique par la Corée du Nord pourrait constituer un danger pour tous, mais n’a aucune influence – par exemple – sur question des relations sino-us-américaine en ce qui concerne Taiwan ou sur le commerce extérieur. De même sont les conséquences pour ce qui concerne les puissances proches ou lointaines comme la Russie ou l’Inde. Alors que la situation serait totalement différente dans le cas de l’apparition de l’Iran comme une puissance nucléaire dans une région considérée aujourd’hui comme le plus important paradis des intérêts occidentaux sur la planète.

La révolte de l’esclave contre son maître.

Bien que l’acquisition de l’arme atomique ne représente aucun danger sur la sécurité territoriale des États-Unis, mais un tel succès iranien constituerait, à court ou moyen terme, une menace terrible  contre les piliers  d’une stratégie bien ancrée, d’abord dans l’esprit occidental lui-même, par la suite, dans la région et enfin dans le monde entier. Une stratégie dont l’âge remonte à plus des quatre siècles en arrière. Ainsi les retombées négatives sur les immenses intérêts us-américains et occidentaux et sur la règle du jeu qui les régit deviennent inévitables et pourraient rompre les lignes rouges de ce paradis dont les gigantesques bénéfices sont le monopole exclusif de l’Occident. Des bénéfices qui lui arrivent intégralement et comme pluies bénies. Donc l’émergence de l’Iran et ses succès aussi modestes soient-ils sont perçus, par l’Occident et son pivot les États-Unis, tout simplement, comme une révolte de l’esclave contre son maître et sa libération définitive de ses chaînes. Pire encore est la conséquence inéluctable de cette libération sur le reste des esclaves de la région.

2- La Corée du Nord aux moyens matériels et démographiques très modestes ainsi que de par la nature de son régime politique pourrait difficilement jouer le rôle d’instigateur ou même constituer un exemple à suivre pour les grandes puissances qui l’entourent dans la région. Ni la Russie, ni la Chine n’ont réellement besoin de la Corée Nucléaire pour les soutenir face à l’Occident. De même les États-Unis n’ont aucune raison de craindre les effets idéologiques de la Corée du Nord sur les autres peuples de la zone. Une telle idéologie a fini de susciter des craintes en Occident, même quand elle est adoptée par une grande puissance comme la Chine. Que dire alors quand elle est celle du régime de Kim Il Song qui a des grandes difficultés à assurer le bol de riz quotidien à sa population ?

Pour tout ce qui a précédé, la Corée du Nord nucléaire ou non ne peut constituer un exemple à suivre pour ses voisins. Aucune crainte occidentale n’est justifiée sur un changement de situation en ce qui concerne les pays voisins si on excepte l’autre partie de la Corée qui semble cheminer vers l’unification au détour d’un changement politique dans la partie nord. Toute autre crainte de la Corée du Nord pourrait être due à ce que ce pays finisse par livrer ses connaissances nucléaires à d’autres pays, groupes ou organisations.    

Là réside la très grande différence entre ce dernier pays et la République Islamique d’Iran. Une différence que lui octroient d’abord sa situation géographique et la nature de ses relations avec les pays de son environnement. Les relations de l’Iran avec les pays arabes ont été tissées par les longs siècles d’histoire, de religion commune et enfin de culture qui sont telles, qu’il est difficile de distinguer nettement l’origine arabe ou iranienne d’une grande quantité de savants, de philosophes et de dirigeants qui ont porté haut l’étendard de la civilisation arabo-islamique durant des longs siècles. Et ainsi les relations d’associations entre les arabes et les iraniens dans le but de mettre les fondements et le début d’une renaissance placent l’Iran dans la même position pour influer et être influencée comme aucun autre pays islamique non arabe.

Si on ajoute à cet héritage historique partagée, qui continue d’être d’actualité et puissant, les moyens considérables de l’Iran qui pourraient se couronner d’une force nucléaire, il est indéniable qu’elle puisse constituer une solide dynamique, une source d’inspiration et d’encouragement dans toute la région et en même temps servir d’exemple. Depuis la fin des années soixante dix et jusqu’au jour où l’Occident a commencé de parler d’un dossier nucléaire iranien – mis à part la tentative de l’Irak dans le début des années quatre vingt – aucun discours politique arabe n’avait jamais prononcé le terme nucléaire. À moins que ça soit au cours de conciliabules concernant les armes nucléaires israéliennes. Par contre dès qu’il est devenu question de programme nucléaire iranien, on a vu toute une éclosion de discours dans la région qui réclament la construction de centrales et de programmes nucléaires à usage pacifique.

Quelle que soit la réalité des intentions de certains régimes arabes, si elles sont pour contrecarrer l’Iran ou tout simplement pour servir de simple surenchère avivée par l’Occident et quelles que soient les véritables raisons, il ne reste pas moins que les réactions soulevées par l’action de l’Iran dans la région n’ont rien de comparable avec celles soulevées par la Corée du Nord dans sa propre géographie. Et là résident les raisons fondamentales qui font du dossier nucléaire iranien une question de haute priorité dans l’agenda des États-Unis et de l’Occident.

3-Une autre différence de taille entre les deux pays concerne l’inaccessibilité du voisinage. Il n’y a aucun doute sur la puissance et l’impénétrabilité du voisinage de la Corée du Nord. Sur ses frontières se trouvent des puissances qui ont des litiges avec l’Occident comme la Chine et la proximité géographique d’autres grandes puissances comme la Russie, ce qui la met pratiquement à l’abri de la colère militaire us-américaine. Toutes ces puissances ne peuvent permettre, ni pour les raisons relatives à leur considération, leur prestige et leur souveraineté ni pour des considérations relatives à leurs intérêts, aux États-Unis d’agir sur leurs frontières et dans une région de leur influence pour envahir et occuper militairement un pays comme c’est le cas au Moyen Orient. C’est une question qui est – sans aucun doute – prise en considération par les centres de pouvoir et de prise de décisions us-américains, quand on pense à la Corée du Nord. Tout le contraire quand il s’agit de la région où se trouve l’Iran. C’est une région de victoires militaires faciles pour les États-Unis. C’est une région qui vit au rythme des occupations, des invasions et enfin de compte ouverte et permise non seulement pour les forces des grandes puissances occidentales, mais aussi pour une puissance de beaucoup moindre importance, comme Israël qui agit à sa  guise, envahit, détruit et occupe des territoires arabes sans tenir en compte aucune considération ni craindre aucune réaction. Et par conséquent l’inexistence d’aucune protection qui mettrait la région, dans laquelle se trouve l’Iran, à l’abri  laisse le champ libre aux États-Unis et à l’Occident. Ils se comportent avec arrogance tout en lançant leurs intimidations et menaces avec la conviction que les réalités géopolitiques  sont telles que leurs extorsions soient toujours rentables. Qu’ils utilisent ou non  la force. Et ce soit, pour la débilité des pays, soit pour la disposition, comme d’habitude, des régimes arabes à apporter leur collaboration à toutes les invasions conduites par l’Occident.

Comme on l’a vu avec le cas de l’Irak, les régimes arabes de la région, non seulement ils sont disposés à faciliter toute invasion occidentale et particulièrement us-américaine d’une partie ou de l’autre du même territoire arabe, mais sont toujours prêts à financer intégralement les frais de telles invasions. Durant les bombardements massifs de l’Irak en 1991 et son invasion pure et simple en 2003, tous les régimes arabes ont apporté argent et logistiques aux troupes us-américaines et occidentales. Du territoire égyptien et de la Péninsule Arabe on a compté jusqu’à 35.000 vols de bombardiers. La famille princière du Koweït et la famille royale saoudienne ont apporté tout l’argent nécessaire pour financer l’opération « Tempête du désert » du général Schwarzkopf en 1991 et une grande partie du financement de l’invasion en 2003. Il serait impensable de penser que la Chine, par exemple, permette un bombardement, une invasion de la Corée du Nord et encore moins financer une éventuelle invasion de ce pays. Non plus la Corée du Sud, qui pourtant pourrait avoir des raisons pour le faire. Il est inutile de parler de la disposition d’aucune des autres puissances de la région du sud-est asiatique pour une telle action militaire occidentale.

4-Les caractéristiques et l’importance stratégique de la région à laquelle appartient l’Iran transforment l’apparition de l’une de ses composantes en tant que force effective, en un évènement avec ses prolongements dans l’histoire et la géographie. En effet il s’agit d’une région pleine de richesses et de ressources. Elle a été toujours exposée aux envahisseurs, particulièrement occidentaux, à l’occupation par ces derniers et aux défaites. Certaines de ses parties font l’objet carrément d’une colonisation en bonne et due forme, comme dans le passé le plus récent, et les populations ont le sentiment de n’être que des troupeaux dans des terrains clos sous la haute surveillance des régimes soumis à l’Occident. Toutes ces données et ces facteurs n’existent pas dans la région où se trouve la Corée du Nord d’où son isolement et son apparence comme un cas à part loin des évènements qui se déroulent autour d’elle. Alors que l’Iran surgit – dans des conditions favorables – comme un état islamique tenant tête à l’Occident et construisant la force qui donne crédibilité aux mouvements islamiques que l’Occident considère comme ses pires ennemis y compris les mouvements islamiques qui divergent avec le point de vue de l’Iran ou même se considèrent en conflit direct avec elle pour des raisons sectaires.

Donc toutes ces raisons et considérations conduisent l’Occident à adopter des positions différentes concernant les deux dossiers nucléaires et l’ont mis spécifiquement dans la situation  d’alerte et d’urgence dans le traitement du dossier nucléaire iranien, comme le pompier qui accourt pour éteindre un incendie qui a éclaté autour d’une poudrière. Il n’y a pas de doute que l’Occident – de son point de vue – ait raison en agissant comme il le fait. En effet dans la région s’accumulent une multitude d’intérêts   illégitimes  et des plus vitaux pour l’Occident qui les  reçoit presque à un prix de solde qui ne dépasse pas celui de procurer les moyens et le laisser faire d’une poignée d’individus qui exercent une impitoyable oppression sur  des centaines de millions de leurs concitoyens qui semblent avoir perdu toute volonté d’action d’ensemble pour changer leur, plus que pathétique, destin.»

L’initiative du Brésil et de la Turquie de dialoguer avec l’Iran et d’arriver finalement à un accord qui permet l’échange de 1.200 kg d’uranium enrichi à 3,5% contre 120kg d’uranium enrichi à 20% destinés à être utilisés comme combustibles ravitaillant le réacteur de recherches de Téhéran pour la production d’isotopes pour servir à des soins médicaux, ne semble pas trop plaire ni aux us-américains ni aux occidentaux et encore moins à leur allié, bras militaire dans la région et enfin leur protégé, Israël. Ce n’est pas, parce que, comme veulent le faire croire, les dirigeants israéliens, afin de torpiller l’accord entre les trois pays, une supercherie de la part de l’Iran sur le compte du Brésil et de la Turquie, mais beaucoup plus, comme le déclare la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton et ses amis les néoconservateurs au Congrès us-américain pour le fait de voir la Turquie et le Brésil se mêler d’une affaire qui ne devrait pas les concerner. Car il s’agit d’un «terrain de chasse » exclusif des puissances occidentales. Selon Ray McGovern[7] «Avec les temps qui changent –au moins un peu – les États-Unis et Israël ne peuvent plus continuer à dicter au reste du monde la manière de gérer une crise au Proche Orient. Il paraît que Mme Clinton et ses amis tardent encore à s’en rendre compte. Ils pensent probablement que la situation soit toujours sous leur contrôle exclusif et qu’ils sont suffisamment malins pour mépriser des dirigeants arrivistes comme ceux du Brésil et de la Turquie qui ont eu l’audace de passer outre les avertissements des États-Unis et recourir à la diplomatie afin d’éviter une nouvelle guerre contre cette fois-ci l’Iran.

Raùl Zibechi[8] dans un article au quotidien mexicain La Jornada  sous le titre « Collision frontale entre le Brésil et les États-Unis » écrit : «Les éclats qui ont jailli autour des faits historiques, comme l’accord signé le lundi 17 mai entre le Brésil, l’Iran et la Turquie afin de résoudre la question concernant le programme nucléaire iranien, ont d’un seul coup illuminé les zones qui demeurent habituellement dans l’ombre. Les ondes expansives de l’accord  de Téhéran ont secoué les chancelleries des puissances occidentales. Ce qui a mis en évidence leur profond malaise à accepter, l’irruption de pays émergents qui  bouleversent l’échiquier global.

La réaction de la Maison Blanche, de la bouche même de la Secrétaire d’État, Hillary Clinton qui est passée outre l’accord de Téhéran, prétend persévérer dans la politique de sanctions, montre bien l’impuissance des États-Unis à se voir dépassés sur la scène globale. Entre le flot des déclarations faites depuis lundi passé (17-05/2010), il est d’intérêt de démêler les fils qui démontre la croissante polarisation entre le Brasilia et Washington qui se traduit dans la région sud-américaine par une inévitable escalade qui atteindra, en son moment, un degré alarmant… La prudente diplomatie d’Itamaraty (Le ministère des affaires étrangères du Brésil) ne cache pas son indignation vis-à-vis de l’attitude étatsunienne. La chancellerie a envoyé, le mercredi 19/05/2010 une lettre au Conseil de Sécurité des Nations Unies expliquant les termes de l’accord réalisé avec Téhéran, qui sont les mêmes exigés par les puissances occidentales depuis un certain temps, et, sollicite que le chemin de la négociation ne soit pas fermé. C’est pour cela, déclare Celso Luiz Nunes Amorim (Ancien ministre des affaires étrangères du Brésil et considéré comme le meilleur ministre des affaires étrangères du monde), qu’ignorer l’accord équivaut à un mépris de toute recherche d’une solution pacifique et négociée. (O Estado de Sao Paulo, 19 mai 2010). Pour lui la pièce clef en marge de l’accord, représente un passeport vers une solution négociée et pacifique. »

Donc au moment où le Brésil, la Turquie, le Venezuela, la Bolivie et l’Équateur, entre autres, ne se considèrent plus des pays vassaux des États-Unis ni de l’Occident, on trouve de l’autre côté, dans le monde arabe et musulmans des régimes de plus en plus prédisposés à apporter leur collaboration gratuite aux États-Unis et à l’Occident pour détruire tout pays de la région qui ose leur tenir tête comme c’est le cas contre l’Égypte dans les années soixante, l’Irak depuis les années quatre vingt jusqu’à sa destruction totale et son occupation en 2003. Ces régimes ont joué le même rôle dans l’invasion et l’occupation  de l’Afghanistan. En ce  moment ils s’apprêtent à faire de même contre l’Iran.

Cette réflexion qui met en accusation l’hégémonie de l’Occident n’exempte en aucun cas le rôle fondamental joué par les régimes arabes et leurs élites respectives. Néanmoins, il aurait été pratiquement impossible à n’importe lequel des tyrans arabes ou musulmans d’avoir pu se maintenir au pouvoir, sans le concours efficaces des services occidentaux. À titre d’exemple, le « président » égyptien Hosni Moubarak arrivé au pouvoir, juste à la suite de l’assassinat d’Anouar Sadat le 6 octobre 1981 gouverne depuis l’Égypte sans partage et se prépare à se faire succéder par son fils Jamal. Donc presque trente ans. Les israéliens le considèrent comme « un grand trésor » et il y a de quoi. Les us-américains et les occidentaux ne le considèrent pas moins. Alors que sur les 80 millions d’habitants que compte l’Égypte aujourd’hui, plus de la moitié vit avec 2 dollars par jour et la liste des calamités que s’abattent sur la population est interminable. Non loin de l’Égypte campe, sur un territoire qui fait plus de trois fois la superficie de la France et une population d’un peu plus de six millions, la famille Kadhafi. Le chef de la tribu qui s’est présenté vers la fin des années soixante comme le premier révolutionnaire, au bout de quarante ans au pouvoir, il a réussi à se transformer en « roi des rois d’Afrique » dit-il. Contrairement aux émirs et rois du Golfe qui se sont vus couronner par la « volonté » de Sa majesté, la reine d’Angleterre, lui il l’a fait au style de Bokassa qui s’était fait proclamer empereur de la République Centrafricaine en 1976 par ses « propres moyens ». Les fils de Kadhafi se comportent comme des authentiques princes avec leurs gaspillages millionnaires, leurs scandales et leurs cohortes d’esclaves, dans les capitales occidentales. Quant au tunisien Ben Ali, arrivé au pouvoir en 1987, après avoir déposé en douceur son prédécesseur, s’achemine vers l’instauration d’un royaume, qui n’a rien à en vouloir aux émirs du Golfe. Parmi ses successeurs se trouvent entre autres, sa propre femme « La Régente de Carthage »[9], son gendre Sakhr El Materi qui avec à peine l’âge de trente ans, se trouve déjà à la tête d’une immense fortune avec des activités dans tout les secteurs  clefs de la vie du pays. Sinon l’un des nombreux frères de la Régente de Carthage pourrait bien faire l’affaire. En Algérie où il y a eu déjà plusieurs présidents, le clan des militaires qui tire sur les ficelles dans l’ombre est constitué par les mêmes sinistres personnages dont les fortunes colossales sont placées dans les banques occidentales et françaises en particulier. Donc la dictature est toujours en vigueur. Le Maroc a été gouverné durant presque 40 ans (de 1961 à sa mort en 1999) lui a succédé son fils Mohammed VI. Il n’a en ce moment que 47ans et dix ans de pouvoir. Avec la « baraka » qui ferait partie de l’héritage de son père, la population dans ce pays a devant elle plusieurs décennies à vivre sous l’égide  de leur roi. La Mauritanie se trouve depuis longtemps dans l’instabilité, entre les coups d’état militaires et les tentatives d’une démocratie et le sort de la population n’est pas meilleur pour le moment. Pourtant les richesses dans cette région sont immenses. Passons à présent à l’autre côté de l’Égypte, sur son flanc est. Une des dernières grandes « réalisations  technologiques» du régime de Hosni Moubarak serait le mur d’acier construit autour de Gaza où se trouvent presque un million et demi de personnes dans une prison à ciel ouvert. Ils sont périodiquement bombardés par les avions israéliens avec l’appui du régime égyptien. Quant à la Syrie, l’héritier de Hafez Al Asad, Bachar Al Asad échappe à la colère de la population en se faisant entourer de tous les symboles de la résistance palestinienne. Sinon son arrivée au pouvoir, comme son maintien n’a rien de différent aux autres tyrans. Le Liban officiel ne compte à peine en rien d’autre qu’en un ensemble d’ingrédients que forment, l’affairisme, la corruption, l’espionnage au profit de l’ennemi et rien de plus. Les émirs du Golfe et à leur tête les descendants d’Abdelaziz Saoud, constituent les gardiens d’une partie des fabuleuses ressources énergétiques, le « Paradis des intérêts occidentaux » dont il est question plus haut. En contre partie, ils reçoivent des « salaires » considérables qu’ils peuvent gaspiller à leur guise où ils veulent, tout en piétinant les populations sous leurs griffes, les réduisant à de simples esclaves.

On ne peut comparer ces régimes arabes et musulmans qui entourent la République Islamique d’Iran avec les gouvernants de la Chine, de la Russie et des autres pays qui entourent la Corée du Nord.

          

       



[1] Analyse du professeur universitaire Salah Essenoussi parue sur www.aljazeera.net du 11/05/2010 en arabe sous le titre  « La distinction us-américaine entre l’Iran et la Corée du Nord. »  

[2] Edgar Morin, Vers l’abîme?, Paris, Éditions de l’Herne 2007 page 117.

[3] La Haine de l’Occident, Jean Ziegler, Paris, Éditions Albin Michel, 2008

[4] Les Veines ouvertes d’Amérique Latine.

[5]  Les Veines Ouvertes d’Amérique Latine, Eduardo Galeano.

[6] Les intertitres sont miens

[7] Ray McGovern était un durant 27 ans un analyste de la CIA voir : www.informationclearinghouse.info/article25492.htm

[9] La Régente de Carthage, c’est le titre qui lui a été attribué par le journaliste français Nicolas Beau.



10/06/2010

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