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Le Japon célèbre le retour d'Hayabusa

Le Japon célèbre le retour d'Hayabusa

//www.bulletins-electroniques.com/actualites/63709.htm

BE Japon 542  >>  18/06/2010

Espace

Après un périple de sept ans et de nombreux obstacles surmontés, la sonde Hayabusa a finalement réussi la prouesse de revenir vers la Terre. La capsule (contenant peut-être des échantillons d'astéroïde) a pu être récupérée dans le désert Australien de Woomera le 13 juin 2010 et vient juste d'être rapatriée au Japon, dans le laboratoire de recherche de Sagamihara.

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Le "faucon pélerin" (la traduction d' "Hayabusa" en japonais) revient d'un voyage interplanétaire long de 300 millions de kilomètres, sept ans après son lancement sur une fusée M-V. C'était en effet le 9 mai 2003 que la sonde décollait depuis la base de Kagoshima, au sud du Japon. Ce projet est ainsi dénommé car la mission de l'orbiteur était de s'approcher d'un astéroïde afin d'y saisir des échantillons en se posant brièvement sur le sol, tel un rapace se saisissant d'une proie. L'astéroïde cible s'appelle "Itokawa", le nom d'un des fondateurs de l'industrie aérospatiale japonaise. Cette mission concrétise l'intérêt du Japon pour l'étude des astéroïdes, dont l'objectif global est de mieux connaître la formation de notre système solaire.

Au-delà de sa mission scientifique, la mission d'Hayabusa comportait un volet de validation technologique très important. La sonde de 500 kg était en effet destinée à tester quatre nouvelles technologies : la navigation utilisant une propulsion ionique (quatre moteurs), une forte automatisation des séquences de navigation, un système de collecte d'échantillons innovant, et enfin une capsule de rentrée atmosphérique. Comme la très grande majorité des sous-systèmes d'Hayabusa, le nouveau type de propulseur ionique au xénon a été développé par l'ISAS (la section scientifique de la JAXA). Cette technologie a permis de parcourir de longues distances, avec une accélération inférieure à celle des propulseurs classiques et avec une souplesse de navigation réduite, mais avec une masse totale plus faible. La mission a pu démontrer, malgré les imprévus dont elle a été victime, le potentiel de cette technologie. Le système de navigation
 autonome permettait au vaisseau de poursuivre son chemin, car un tel éloignement n'autorisait pas un contrôle en temps réel par les opérateurs terrestres. Le système de collecte d'échantillons consistait à éjecter un projectile vers la surface de l'astéroïde après s'en être approché, et à récupérer dans une capsule la poussière d'astéroïde ainsi soulevée. Quant au système de rentrée, il s'agissait d'un bouclier thermique de 40 centimètres de diamètre qui a permis de protéger les échantillons lors de la phase de rentrée dans l'atmosphère. Cette mission ambitieuse par plusieurs aspects avait paradoxalement un coût relativement modeste (150 millions d'euros).

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Au delà de l'originalité de la mission, ce sont les péripéties vécues par la sonde, et les réactions ingénieuses de l'équipe japonaise qui ont fait sa renommée. Le retour d'Hayabusa sur Terre est en effet un exploit. Alors qu'elle était à peine lancée, un de ses moteurs à ions cessa de fonctionner. Le 31 juillet 2005, deux ans après le début de la mission, c'est un des deux gyroscopes permettant le contrôle d'attitude d'Hayabusa qui s'arrêta brutalement. Le 12 septembre 2005, l'orbiteur rejoignit tout de même son objectif et réussit à transmettre les premières photographies de l'astéroïde. L'orbiteur put enfin commencer l'examen d'Itokawa à partir d'une altitude de 20 km. Les caméras d'Hayabusa révélèrent alors à la communauté scientifique un astéroïde à la forme bizarre et à la surface improbable, faite de différents types de blocs agglutinés les uns aux autres. Itokawa mesure environ 500 mètres de long et a été
 découvert en 1998 en orbite entre Mars et la Terre, les scientifiques ne disposaient néanmoins que de très peu d'information à son sujet. Hayabusa emportait également un petit "robot" cubique (MINERVA 1) qui aurait dû être placé à la surface de l'astéroïde pour s'y mouvoir et prendre des clichés haute résolution. Le 12 novembre 2005, Hayabusa éjecta MINERVA-1 mais une erreur de pointage fit rater la cible et MINERVA fut perdu. Le 19 novembre 2005, c'est la tentative de collecte qui échoua à cause d'un dysfonctionnement du mécanisme de prélèvement des échantillons, puis le 25, c'est un deuxième échec. La communication fut rompue dans les jours qui suivirent et se combina à une fuite de carburant provoquée par le contact prolongé avec la surface chaude de l'astéroïde. Le signal put pourtant être récupéré en janvier 2006, mais les scientifiques décidèrent de retarder le retour et de laisser Hayabusa en "orbite" d'Itokawa le
 temps d'apprécier la santé de la sonde. Ce n'est que le 15 avril 2007 que l'ISAS donne l'ordre à Hayabusa de quitter les environs d'Itokawa. Mais en 2009, alors que la mission se rapprochait de la Terre, les moteurs ioniques étaient victimes de plusieurs anomalies. Un des moteurs cessa de fonctionner, alors qu'un autre ne marchait qu'à moitié. Les ingénieurs de l'ISAS réussirent néanmoins à combiner habilement l'utilisation de ces moteurs défectueux pour poursuivre le voyage vers la Terre. Les manoeuvresde ces dernières semaines ont ensuite consisté à affiner la trajectoire de retour. Au final la sonde s'est consumée dans l'atmosphère après avoir, comme prévu, éjecté la capsule qui a déployé son parachute au dessus du désert australien.

Même s'il reste encore des incertitudes sur la présence d'échantillons, le simple retour de la sonde est un grand succès pour le Japon. Hayabusa étant resté près de trente minutes à la surface d'Itokawa avec sa capsule ouverte, les scientifiques ne désespèrent pas de déceler quelques poussières d'astéroïde qui leur révèleront les informations tant convoitées. Le verdict sera connu après son ouverture dans les laboratoires de Sagamihara, probablement vers la mi-juillet. La JAXA n'a cependant pas attendu le retour de la sonde pour préparer les futures missions d'exploration d'astéroïdes, une thématique dont le Japon souhaite bien faire une de ses spécialités. La mission Hayabusa-2, proposée en interne à la JAXA, visera cette fois un astéroïde encore plus primitif, l'astéroïde 1999JU3. Elle consistera à lancer deux sondes, un orbiteur et un impacteur qui se dirigeront vers l'astéroïde en suivant deux trajectoires
 différentes. Une fois à proximité, l'orbiteur effectuera des mesures scientifiques pendant un an et prélèvera des échantillons selon la méthode d'Hayabusa. L'impacteur entrera en collision en 2019 et permettra à l'orbiteur d'effectuer un second prélèvement d'échantillon afin d'atteindre les couches inférieures. Le lancement devrait avoir lieu en juillet 2014. La JAXA étudiait aussi avec l'agence spatiale européenne (ESA) la mission Marco Polo, mais ce projet n'a pas été retenu par l'ESA dans son programme scientifique Cosmic Vision.

Pour en savoir plus, contacts :

Brève précédente : "La sonde Hayabusa maintient le cap vers la Terre" - BE Japon 524 (18/12/2009) : //www.bulletins-electroniques.com/actualites/61622.htm

Source :

- Communiqué de presse JAXA du 14 juin 2010 - //www.jaxa.jp/press/2010/06/20100614_hayabusa7_e.html
- Site d'Hayabusa - //www.jaxa.jp/projects/sat/muses_c/index_e.html

Rédacteur :

Vanessa PIGEON - adjoint(point)cnes(arobase)ambafrance(tiret)jp(point)org
Mathieu GRIALOU - cnes(arobase)ambafrance(tiret)jp(point)org
Ref : 542ESP363
 

Origine : BE Japon numéro 542 (18/06/2010) - Ambassade de France au Japon / ADIT - //www.bulletins-electroniques.com/actualites/63709.htm

 



20/06/2010

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