PerleDeDiamant

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Le discours sécuritaire permet, aux classes dominantes, de mener une politique d'agression inouïe contre les classes populaires

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 Dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, le droit à la
sûreté, est la protection des individus contre les arrestations et les
emprisonnements arbitraires de l'État dans le but d'assurer leur liberté.
Aujourd'hui, ce qu'on appelle le droit à la sécurité, c'est plutôt
l'instauration d'un État arbitraire et policier, qui va précisément
restreindre nos libertés ! C'est le monde à l'envers !

Le discours sécuritaire permet, aux classes dominantes, de mener une politique
d'agression inouïe contre les classes populaires, en se présentant sous un
visage protecteur et universaliste. Parler de lutte contre l'insécurité,
c'est construire une représentation rassurante du pouvoir en place et
justifier toutes les régressions sociales et démocratiques par la nécessité
de vaincre les ennemis de la liberté et de la sécurité.

Transformer la vision du champ social en construisant des divisions
travailleur/chômeur, privé/public, avec papiers/sans papiers,
français/immigrés, etc. Cela permet, en divisant la société en groupes et
sous-groupes concurrents et de briser l'unité du camp social contre les
classes dominantes.

En favorisant une délinquance de basse intensité pour concentrer l'attention
publique sur ce qui porte atteinte à la propriété privée des biens (vols,
cambriolages, etc.) insupportable à l'ordre social, en laissant du coup dans
l'ombre tout ce qui porte atteinte aux droits et à la propriété collective.

Construire un discours fondé sur la peur, qui ne s'adresse donc pas à
l'intelligence des individus, mais à leurs pulsions. Et du coup, renvoyer tous
ceux qui s'opposent au discours sécuritaire dans le camp des beaux parleurs
qui s'opposent à ceux qui agissent. Se rendre immédiatement compréhensible,
face à ceux qui essaient encore de penser qu'une autre société est possible

Imposer une politique de l'urgence, puisqu'il faut réagir vite à une menace
vitale. Ce qui permet d'accélérer le passage des lois, et de contourner les
canaux de résistance démocratique. C'est aussi ce qui permet d'expliquer les
régressions du droit, y compris juridique, et la nécessité de restaurer
l'arbitraire de la justice : gardes à vues prolongées, jugements express,
peines plancher, etc.

Interdire toute pensée d'une alternative à l'ordre dominant, puisque ce
qu'on ne peut préserver que ce qui existe, et que ce qui existe, c'est
précisément le libéralisme qu'il faut protéger contre tout ce qui pourrait
l'affaiblir. C'est le fameux TINA de Tatcher, ou alors la raison, le bon sens
(Fillon : la réforme des retraites n'est ni de droite ni de gauche, etc.)
L’'étau se resserre autour de nous. Il est indispensable de trouver des
alternatives, et pas seulement d'en appeler, aux valeurs de la « République
», à ces fameuses institutions dont on voit qu’elles sont compatibles avec
l'arbitraire et la guerre aux pauvres. Nous avons encore le choix : ou bien des
individus toujours plus aliénés et opprimés dans une société policée sous
la coupe d'un État policier, ou bien une société enfin libérée du
libéralisme et de son double : l'idéologie sécuritaire, raciste et
antidémocratique.

 

Jeudi 12 Mai 2011
 
//www.alterinfo.net/LE-DISCOURT-SECURITAIRE_a58566.html
 
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Par Eva R-sistons - Publié dans : Société totalitaire ou argent -


13/05/2011

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