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Le business des gardiens des prisons débrouillards

Le business des gardiens des prisons débrouillards

24 juin 2009 par Joy, Leki ya Bukavu

Les visites à la prison sont gratuites

Les conditions ne sont pas toujours faciles pour pouvoir rendre visite à une personne incarcérée à Bukavu. Pas d’illusion à se faire, les prisons ici ne sont pas des hôtels 5 étoiles. Les prisonniers passent la nuit à même le sol et sont confinés dans une petite cellule, âge et sexe confondus.

Les personnes incarcérées n’étant pas nourries par les institutions carcérales, les familles doivent se débrouiller pour apporter à manger à ceux qui ont eu la malchance de se retrouver derrière les barreaux. Autour de ces visites s’est développé tout un business pour les policiers et gardiens des lieux carcéraux qui monnaient le droit de visite.

Malgré les nombreuses dénonciations des ONGS de droits de l’homme, Lorsqu’on apporte à manger à un prisonnier, il faut en plus prévoir entre 1000 et 1500 francs congolais de taxe forfaitaire au bénéfice des agents de garde. Lorsqu’on n’a pas assez pour payer, les gardiens se contentent alors d’une partie de la bouffe du prisonnier. Pour les visites sans bouffe, le montant exigé est compris entre 300 et 500 francs congolais.

Comprenez donc pourquoi l’Union Européenne, la Coopération technique Belge et La Koninkrijk der Nederlanden s’impliquent dans le financement de l’impression d’affiches sur lesquelles ont lit clairement : « Hakuna Malipo Kwa Kuona Wafungwa », ce qui veut dire en français : « les visites à la prison sont gratuites ».

Je suis surprise de voir que nous devions attendre l’intervention de la communauté internationale pour faire valoir des notions élémentaires comme le respect de la dignité humaine. Si l’attitude des agents commis à la garde des prisons est déplorable, pas besoin d’être un génie pour comprendre que s’ils exigent des pots-de-vin, c’est parce qu’ils n’ont pas de vrai salaire. Ainsi, comme tous les autres congolais, ils ont trouvé leur filon.

Face à la démission et au fonctionnement au ralenti des institutions étatiques, les congolais se tournent vers des modes de fonctionnement parallèles, imparfaits mais salvatrices d’une certaine manière. Dans le cas des prisons, qu’adviendrait-il si les gardiens exigeaient leurs salaires pour garder les prisons ?



27/06/2009

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