PerleDeDiamant

PerleDeDiamant

L’Irak porte plainte contre les Anglo-Saxons pour pollution radioactive

L'Irak porte plainte contre les Anglo-Saxons pour pollution radioactive



Le ministère irakien des Droits de l'homme entreprendra des poursuites judiciaires à l'encontre du Royaume-Uni et des Etats-Unis pour leur usage de bombes à uranium appauvri en Irak, indique le ministère irakien des Sciences et de l'Environnement

Durant les premières années de l'invasion britannique et états-unienne de l'Irak, les deux Etats ont fait un usage répété des bombes à uranium appauvri.

Selon les experts militaires irakiens, les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont largué près de 2 000 tonnes de bombes à uranium appauvri dans les premières années de la guerre.

Les radiations atomiques ont accru le nombre de bébés mal-formés dans les provinces méridionales de l'Irak. En outre, les médecins irakiens doivent faire face à une augmentation drastique des cancers, notamment dans les villes ayant été bombardées par les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Le taux élevé de malformation néo-natales et de cancers devrait s'étendre aux provinces centrales et septentrionales au fur et à mesure de la contamination des sols et des nappes phréatiques.

Le ministère demandera une indemnisation des victimes.

Mon bébé était aveugle. Elle ne pouvait pas manger ou parler. Je pleure pour elle

- la peine de coeur des familles irakiennes face aux malformations de naissance à Falluja

Les docteurs et les parents parlent d'une croissance sans précédent de malformations chez les enfants de la ville qui a été le théâtre des combats les plus féroces de la Guerre d'Irak, et où le plus grand nombre de munitions a été utilisé.

Martin Chulov à Falluja


Ni Mariam ni ses frères cadets ne peuvent marcher et tous les

trois ont des difficultés d'apprentissage.

Zainab Abdul Latif se déplace avec lassitude entre ses trois enfants, essuyant leurs fronts et les callant dans leurs fauteuils roulants. "Chaque jour, ils ont besoin de soins intensifs," dit cette mère de Falluja de 29 ans. Aucun de ses deux fils, Amar, 5 ans et Moustafa, 3 ans, ou la fille, Mariam, 6 ans, ne peuvent marcher ou faire usage de leurs membres. A eux tous, leur vocabulaire se limite à deux mots :"mama, baba". Tous ont encore des couches.

Zainab est l'un des nombreux visages des années d'après-guerre de Falluja, dépassée par sa charge de travail et sans espoir de changement. "Ils ne peuvent pas manger, ou boire par eux-mêmes et chaque jour je dois emmener Mariam à l'hôpital. Elle est très sensible à la grippe et a régulièrement de la diarrhée et d'autres problèmes. Les docteurs m'ont dit qu'ils sont arriérés et sont atteints d'une paralysie nerveuse. Ils disent que c'est congénital. Je

ne peux vraiment pas m'occuper d'eux comme cela et j'ai besoin d'aide."

Une des rares personnes vers laquelle elle peut se tourner est le Docteur Bassem Allah, l'obstétricien en chef en charge des nouveau-nés de Falluja.

Durant ses études de médecine il a parcouru l'Iraq en quête de cas d'enfants nés avec des malformations. "C'était presque impossible d'en trouver pendant les années 80," dit-il. "Aujourd'hui nous faisons face a des cas d'anomalies congénitales ou de tumeur chronique tous les jours, au sein de ma

clinique ou dans d'autres secteurs de l'hôpital".

Il fait une pause, ses pensées apparemment interrompues par la gravité de ses mots, puis continue lentement. "Maintenant, croyez-moi, c'est comme si nous traitions des patients immédiatement après l'explosion d' Hiroshima."

À travers Falluja, le service néonatal et les centres pour personnes handicapées font face à un tel afflux de bébés ou d'enfants âgés de moins de cinq ans avec des difformités chroniques qu'ils sont vite à court d'espace et de personnel. Après deux ans de rapports anecdotiques suggérant un fort accroissement des malformations de naissance, des données plus précises font état d'un phénomène extrêmement inquiétant.

Le Guardian a demandé au docteur Samira Abdul Ghani, une spécialiste à l'hôpital général de Falluja, de compiler des données sur tous les nouveau nés qu'elle a rencontrée durant trois semaines à partir du 11 octobre. Elle a rapporté 37 cas de difformités sérieuses, beaucoup d'entre elles étant des défauts de système nerveux [les malformations du cerveau et de la colonne vertébrale, incluant le spina bifida et l'encéphalite], accompagnées de problèmes cardiaques. Le personnel hospitalier a également noté une nette hausse du nombre de tumeurs chez les jeunes enfants mais, dû au fait que

les tumeurs se concrétisent généralement plusieurs mois, voire plusieurs années après la naissance, les docteurs rechignent à quantifier leur recherche.

"Il y a ... une augmentation importante du nombre de cas pédiatriques chez les enfants de moins de deux ans présentant des tumeurs cérébrales," a dit le docteur Ayman Qais, directeur hospitalier. " Nous constatons une augmentation très significative d'anomalies du système nerveux central."

Avant 2003, nous avions affaire à des cas sporadiques de difformités parmi les bébés. Aujourd'hui, le nombre de ces difformités a augmenté de façon radicale." La plupart concernent la tête et la colonne vertébrale, mais il y a aussi de nombreux cas de difformités atteignant les membres inferieurs

A l'hôpital général de Falluja, les docteurs en charge des nouveau-nés sont confrontés à des phénomènes que nul ne peut expliquer.

La ville a été le site des deux batailles les plus violentes et les plus longues en Irak au cours des six dernières années. Les résidus potentiellement toxiques des munitions de précision qui ont plu sur la ville pendant près de deux mois en 2004, ont conduit certains professionnels de la Santé à questionner l'impact direct des armes modernes sur la santé, bien que peu soient enclins, jusqu'ici, à blâmer directement la guerre.

Les docteurs citent de nombreux facteurs qui pourraient également contribuer aux malformations de naissance : la malnutrition, le statut psychologique des parents, l'utilisation de drogue, les produits chimiques ou la radiation. Même les traitements préliminaires pour les malformations les plus banales exigent des opérations potentiellement fatales - un risque bien trop haut pour beaucoup de parents.

Les anomalies sont évidentes à travers les couloirs du nouvel hôpital de Falluja et dans les différents centres pour handicapés de la ville. Le 2 Novembre, quatre nouveaux cas de malformations neurologiques furent répertoriés dans le service pédiatrique de l'hôpital ainsi que dans le centre de soins intensifs et dans une clinique de réhabilitation.

"De plus en plus de pères et de mères refusent des admissions hospitalières et, jusqu'à récemment, nous ne répertorions pas leurs enfants comme étant nés avec des anomalies," a dit Qais. "Je dis aux parents après chaque diagnostic qu'ils auront besoin d'une procédure détournée, qui engendra très probablement à un gonflement chronique de la tête, ainsi que d'une opération du crâne ou du cerveau, donc la majorité des parents ne choisissent pas cette option."

Les obstétriciens de Falluja disent que la hausse significative des diagnostics d'anomalies congénitales ne peut pas être expliquée par l'amélioration des services médicaux de la ville. "Nous pouvions déjà diagnostiquer de tels patients avant la guerre," a dit Qais. "Ils étaient enregistrés ici puis envoyés à Bagdad pour être soigner, mais nous connaissions l'état général de santé du nouveau-né."

Loin des couloirs calmes de la clinique et de l'hôpital, cette histoire se retrouve à travers tout Falluja. Dans de nombreuses maisons, des familles démunies font face aux besoins médicaux d'enfants handicapés, sans sécurité sociale ni support externe.

Non loin de la maison de Zainab, Um Omar pleure la mort de sa fille de trois ans il y a tout juste 3 mois, Fatima, née avec une seconde masse qui sortait de son cou. Elle était connue comme la fille aux deux têtes.

Allah, qui a suivi médicalement Fatima, a dit qu'il n'y avait aucune chance de sauver sa vie en Irak. "La deuxième 'tête' était en réalité une tumeur

contenant une partie de l'hydrocéphalie et une partie du cerveau. La sauver nécessitait un équipement spécialisé que nous n'avons pas ici."

Sa mère pleure toujours Fatima. "Je suis triste de la mort de mon bébé malgré toute la souffrance à laquelle elle faisait face," a-t-elle dit. "Elle était

aveugle, elle ne pouvait pas manger, elle n'avait pas d'oesophage et n'a jamais marché ni parlé. Elle était mon dernier enfant. Les autres enfants sont nés avant la guerre.

Les quatre enfants ont été répertoriés par l'Organisation des Handicapés de Falluja, une institution rudimentaire avec peu de moyens ce qui fait qu'elle ne peut fournir aucun soutient moral aux familles qui franchissent ses portes, chaque jour en plus grand nombre.

Le directeur, Hussain Matroud, précise qu'il y n'y a que 300 enfants répertoriés. Des milliers d'autres enfants vivent avec des conditions similaires dans les villages, mais leurs parents refusent toute aide. Quelques patients traités pour des défauts congénitaux au centre pour personnes handicapées sont nés avant le début de la guerre, mais la grande majorité des enfants inscrits sur le registre ont six ans, voire moins.

"La plupart des enfants ont des malformations cérébrales et presque tous ont moins de huit ans," dit-il. "Il y en avait très peu avant la guerre. Nous sommes en rapport constant avec des ONG, en Amérique, en Inde et en Grande-Bretagne, qui essayent d'aider avec des traitements. Mais tout ce que nous pouvons vraiment faire est pour le moment d'enregistrer leurs noms et de dresser un bilan de santé."

Mohammed et Rana Majid ont une fille, Zahra, née il y a quatre ans. Elle a été diagnostiquée avec des handicaps affectant son développement, qui se seraient développés durant la grossesse. Les parents se sont plaints à l'armée américaine et ont reçu un formulaire de compensation financière à remplir. Ils l'ont fait mais n'ont toujours pas reçu de réponse.

Plusieurs autres familles ont également soumis des réclamations à l'armée américaine, mais sans preuves scientifiques, elles ont peu de chances d'être gagnantes. Allah croit que la science doit commencer à jouer un rôle dans l'explication à qui est arrivé à la ville et aux enfants.

"Le nombre de malformations que nous voyons est terrifiant et personne ne peut dire quelle en est la cause," a dit Allah. "La Science ne peut pas

encore nous dire pourquoi. Personne n'est venu ici collecter des échantillons du sol, ou faire des examens. Je pense que le gouvernement irakien ne veut pas prouver que les Américains ont utilisé des armes interdites ici. Si on arrive à prouver de façon scientifique que la guerre est responsable de tant de difformités, il y aura probablement des répercussions pour des officiels ici."




12/02/2010

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 3 autres membres