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La polémique sur le rôle de l'OMS dans la déclaration d'une pandémie de grippe il y a un an a rebondi mardi.

La directrice de l'OMS se défend

La polémique sur le rôle de l'OMS dans la déclaration d'une pandémie de grippe il y a un an a rebondi mardi.

 

La directrice de l'OMS a dû se justifier sur sa gestion de la pandémie de grippe A. (photo: Keystone) 

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«Cette pandémie n'a jamais vraiment existé»

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La grippe A/H1N1 a dopé ses résultats

La directrice générale de l'OMS, Margaret Chan, a catégoriquement rejeté les accusations selon lesquelles elle a été influencée par des intérêts commerciaux.

«A aucun moment, pas une seule seconde, des intérêts commerciaux ont influencé ma décision», a affirmé la responsable de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans une lettre au «British Medical Journal» (BMJ), en réaction à un article critique publié la semaine dernière par cette revue scientifique.

«Les accusations selon lesquelles l'OMS a changé sa définition de la pandémie afin de l'adapter à un virus moins virulent, de manière à ce que l'industrie en tire profit, ne correspondent pas aux faits», a ajouté Margaret Chan dans sa lettre transmise à la presse.

Le virus de la grippe A (H1N1) a fait depuis avril 2009 un peu plus de 18'000 morts. Le niveau d'alerte maximal 6 a été décrété il y a a un an exactement, le 11 juin 2009, par le Dr Chan et il a été maintenu le 3 juin dernier par les experts, avant une réévaluation prévue mi-juillet à la lumière de l'évolution du virus dans l'hémisphère sud.

Liens avec les laboratoires

La semaine dernière, la responsable de l'OMS a été doublement prise à partie. Une enquête du BMJ a mis en évidence les liens entre les laboratoires pharmaceutiques et les experts de l'organisation, tandis que la commission de la santé du Conseil de l'Europe a critiqué le manque de transparence du processus de décision de l'OMS et affirmé que la gravité de la pandémie a été «surestimée».

Le BMJ a révélé que des experts chargés de faire des recommandations à l'OMS sur la grippe ont reçu des rémunérations de firmes pharmaceutiques impliquées dans la fabrication de médicaments (Roche) ou de vaccins (GlaxoSmithKline). Selon une estimation, les ventes de vaccins contre la grippe A ont rapporté entre sept et dix milliards de dollars aux laboratoires.

Margaret Chan reconnaît que «des conflits d'intérêt potentiels sont inhérents à toute relation entre une organisation de développement de la santé, comme l'OMS, et le secteur privé tourné vers le profit». Elle ajoute que l'agence de l'ONU doit établir et mettre en oeuvre des règles plus strictes de coopération avec l'industrie pharmaceutique, «ce qu'elle est en train de faire».

La patronne de l'OMS rappelle qu'elle a décidé de créer, en janvier, un comité d'examen composé d'experts indépendants chargé d'analyser la gestion de la pandémie par l'agence de l'ONU. Elle a souhaité à cette occasion une «évaluation critique, indépendante et transparente».

Peurs injustifiées

L'OMS prend au sérieux les accusations selon lesquelles sa décision de passer du niveau 4 d'alerte au niveau 6 il y a un an a «provoqué des peurs injustifiées». Mais Margaret Chan rappelle que le 11 juin, lorsqu'elle a déclaré la pandémie, elle a souligné que le nombre de décès n'était pas élevé et a «clairement dit qu'elle ne s'attendait pas à une hausse brutale et soudaine dans le nombre d'infections mortelles».

Au contraire, l'OMS a précisé que la grande majorité des patients souffraient de symptômes légers et se rétablissaient rapidement, souvent sans avoir besoin d'un traitement médical, indique le Dr Chan dans sa lettre.

Noms des experts tenus secret

Elle affirme que les noms des experts du comité d'urgence chargé de la conseiller seront rendus publics à la fin de ses travaux, comme prévu. «Notre décision de ne pas rendre public leurs noms a été motivée par le désir de protéger les experts d'influences commerciales ou autres», explique dans sa lettre le Dr Chan.

«Indubitablement, les articles du BMJ laisseront chez beaucoup de lecteurs l'impression que la décision de l'OMS de déclarer une pandémie a été au moins partiellement influencée par le désir d'augmenter les profits de l'industrie pharmaceutique. En réalité, les décisions d'augmenter les niveaux d'alerte ont été basées sur des critères virologiques et épidémiologiques clairement définis», insiste Margaret Chan.



08/06/2010

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