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LA justice muette, alliée des silences de l’Église

LA justice muette, alliée des silences de l’Église

METDEPENNINGEN,MARC

Samedi 14 août 2010

L’arrêt rendu vendredi matin en catimini par la chambre des mises en accusation de la cour d’appel de Bruxelles satisfait l’Eglise catholique qui croit savoir que les perquisitions menées le 24 juin à l’archevêché de Malines-Bruxelles, au domicile privé du cardinal Danneels et à la Commission Adriaenssens, seraient entachées d’illégalité et dès lors chassées de la procédure, vidant de sa substance le dossier instruit par le juge Wim De Troy.

Cette décision, si elle se confirme, était inéluctable. S’attaquant, peut-être avec de gros sabots, à la forteresse Eglise, le juge Wim De Troy et le parquet de Bruxelles devaient savoir que rien ne leur serait épargné. L’arrêt de la chambre des mises en accusations rendu vendredi, comme celui attendu en septembre et portant sur la restitution des pièces saisies, met un terme virtuel à cette instruction qui se fondait sur le signalement à la Commission mise en place par l’Eglise, de 475 victimes d’ecclésiastiques pédophiles dont certains demeurent peut-être sinistrement actifs, malgré le constat du dépassement de la période de prescription qui les exonère de répondre pénalement des faits commis contre les victimes qui se sont manifestées.

Il faut accepter, même à déplorer sa portée, l’arrêt de la chambre des mises en accusations, gardienne de la légalité des actes d’instruction.

Les descentes massives de police et de justice commises par exemple contre des islamistes in fine disculpés n’avaient pourtant jamais connu d’aussi étonnantes précautions procédurières. Le parquet général s’est non seulement saisi de ce dossier à peine les perquisitions terminées et alors que le ministre de la Justice Stefaan De Clerck (CD&V) venait d’en déplorer l’ampleur, tout comme le Vatican et l’Eglise belge.

Le pire dans cette affaire n’est pas tant la décision rendue ce vendredi, mais bien le culte du secret dont elle a été entourée, laissant croire que l’Eglise bénéficiait de fait d’un traitement privilégié de la part de la Justice, admettant le « caractère sensible » du dossier. En s’enfermant dans le culte d’un secret obsessionnel, le parquet général, tout comme le parquet de Bruxelles, pourtant tous deux « ministères publics », ont bafoué le droit de savoir de ceux qu’ils sont censés servir, la communauté nationale, et celui des victimes. Leurs arrangements présumés avec l’Eglise ne les honorent pas et laissent le redoutable soupçon que d’autres puissants en bénéficient.



18/08/2010

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