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La grande prostituée. L’Eglise catholique, ennemie de l’humanité ?

La grande prostituée

Voici le livre de Daniel Marc Legris qui traite d'un sujet controversé, actuel et prophétique: "La grande prostituée".  Le chapitre 17 du livre de l'Apocalypse nous dit qu'un jugement vient sur la "grande prostituée", que "c'est avec elle que les rois de la terre se sont livrés à l'impudicité, et c'est du vin de son impudicité que les habitants de la terre se sont enivrés".  La description de cette femme correspond, selon l'auteur et selon de nombreux érudits, à l'empire de l'Église catholique: "Cette femme était vêtue de pourpre et d'écarlate, et parée d'or, de pierres précieuses et de perles.  Elle tenait dans sa main une coupe d'or, remplie d'abominations et des impuretés de sa prostitution". 
Vous pouvez le commander en ligne sur le site internet suivant:

Présentation du livre par l'auteur:

Le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui est en relation très intime avec les siècles qui ont précédé l'ère moderne. Depuis le déclin de l'empire romain, dix-sept siècles de l'Empire « papal » ont amené l'édification d'un nouvel ordre mondial de connivence avec les royaumes humains. Nous y retrouvons encore le triste constat de la domination et de l'exploitation de l'homme par l'homme, de l'esclavage et de la misère.
 
Quand nous regardons l'état actuel de la terre, des peuples et des nations, nous ne pouvons ressentir que la honte et le dégoût vis-à-vis tant de siècles d'injustice et de violence qui se reproduisent encore aujourd'hui. La situation actuelle des systèmes politiques, religieux, économiques, culturels, éducatifs et sociaux ont été mis en place par les royaumes humains et sont corrompus à tous les niveaux. L'internet et les médias en reflètent le spectacle quotidien.
 
Tous les empires de la terre ont eu, à travers les temps, leurs moments de gloire. Ils ont tous disparu… Le dernier empire contemporain, Babylone la grande, celui auquel nous sommes tributaires, a pour fondations lui aussi le mensonge et l'hypocrisie. Il est dévoilé aujourd'hui à la terre entière. Il disparaîtra lui aussi… Il ne reste que peu de temps…
 
Si vous lisez ce livre avec un cœur de compassion, vous y découvrirez la réponse à vos interrogations et à vos doutes. Les autres, les arrogants et les orgueilleux, continueront dans leurs propres voies: la voie de l'égoïsme.
 
Un document choc et révélateur qui va susciter dans la société un vif débat et une profonde réflexion.
  
  
Article placé le 11 avr 2011, par Mecanopolis

L’Eglise catholique, ennemie de l’humanité ? C’est ce qu’il faudrait conclure du commentaire laissé par un lecteur à l’un de mes articles.

 

Voici ce commentaire :

 

« Hélas, 5) la religion catholique n’a non seulement jamais réussi à ne pas se mêler au politique et à la société, mais elle n’a jamais cherché à le faire. 1) Plus que toute autre religion, elle a toujours cherché à s’imposer avec frénésie et avec violence. 4) A quel prix… celui de brûler vives des femmes prétendues sorcières , 3) celui de vouloir imposer au monde sa vision d’une terre plate , 2) celui de considérer des indiens comme des animaux… parce qu’ils ne croyaient pas en leur Dieu, celui de leur dénier la faculté de posséder une âme.

4) Celui qui ne reconnaît pas le fanatisme de l’Inquisition (…la sainte Inquisition) doit aussi brûler sur les bûchers, aux yeux de tous, pour imposer par force et par peur une foi qu’on n’arrive pas à partager avec intelligence et sérénité. 5) En cela elle ressemble avec évidence au fondamentalisme musulman qui mélange lui aussi religion et société. »

 

Nous avons ici un concentré de l’essentiel des clichés anti-catholiques ayant cours de nos jours et considérés souvent comme autant de vérités infrangibles par beaucoup d’esprits diligemment conditionnés par une propagande vorace, s’exerçant dès la tendre enfance via les médias, l’école, les mauvais livres, les expositions etc.

Tâchons d’y voir clair. Je vais procéder de la réfutation la plus aisée à la plus complexe de ses affirmations gratuites et sans fondement.

 

L’Eglise catholique s’est imposée par la violence

 

1) Pas besoin de grandes démonstrations ici, la chrétienté est née du sang des martyrs, tout s’est fait à ciel ouvert ( au contraire du mouvement révolutionnaire qui a opéré souterrainement, par la corruption des mœurs et des idées, tout au long d’un lent et insidieux travail des mouvements gnostiques , rose-croix puis maçonnerie, relayés ensuite par les salons, les journaux, les livres). Malgré les persécutions sauvages et nombreuses, les hommes n’ont cessé d’affluer vers l’Eglise. Les persécutions les plus sanglantes n’ont fait que gagner toujours plus d’adeptes au christianisme, tant les martyrs en imposaient par leur noblesse, leur force, leur piété, leur confiance. L’empire bascula dans la chrétienté non par un coup de force, mais par la noblesse et l’amour qui se dégageaient des saints martyrs.

 

L’Eglise catholique considérait que les Indiens n’étaient pas doués d’une âme

 

2) l’Eglise catholique n’aurait pas reconnu que les Indiens avaient une âme. Cela fait naturellement partie des plus mauvaises présentations de la controverse de Valladolid. Or celle-ci n’avait pas pour objet de statuer sur l’existence de l’âme des Indiens, puisque Paul III par la Bulle Veritas Ipsa déclara, à la grande fureur de Charles Quint, que les Indiens étaient des êtres humains et condamna l’esclavage.

L’Eglise catholique considérait que la terre était plate(3a), elle est ennemie des sciences(3b)

 

3a)

l’Eglise aurait soutenu que la terre était plate. Cette affirmation est naturellement une caricature d’une caricature, celle qui veut que l’Eglise est ennemie des sciences.

Je pense que mon contradicteur veut faire allusion ici à l’affaire Galilée. Nous serions donc en présence de la déformation ultime de cette affaire. Car celle-ci ne met évidemment pas aux prises une Eglise martelant que la terre est plate à un génie soutenant qu’elle est ronde.

 

Rappelons tout d’abord que Galilée était incapable de prouver que la terre tournait autour du soleil. Mais Galilée lui prétendait l’avoir établi par sa théorie fausse du mouvement des marrées( le fameux « eppur si mouve » n’a jamais été prononcé par Galilée, c’est une construction destinée à centrer la question exclusivement autour.de la rotation de la terre). C’est cela que lui reprochait ultimement l’Eglise : son incapacité à prouver sa théorie et la fausse conception de la science qu’il propageait. Galilée n’avait en effet aucune idée de la nature hypothético-déductive de la science, il croyait que la science atteignait des vérités éternelles. Il est donc le père du scientisme.

 

Le Cardinal Bellarmin lui adresse ce reproche très justifié : prendre les modélisations de la science pour des vérités métaphysiques. Or c’est armé de cette conception fausse de la science que Galilée prétendait placer l’autorité de la science au-dessus de celle de la Bible. Il pensait en effet que la science livrait des certitudes absolues, au contraire de l’interprétation des Ecritures. Il reconnaissait donc une distance entre le sens qu’aurait l’Ecriture et la compréhension que nous avons, mais le méconnaissait au niveau de la science, dans l’ordre de la nature. Il ne concevait pas d’erreurs ou d’imperfections dans la science humaine. Galilée entendait surtout, c’était là la grande prétention de son orgueil, imposer aux théologiens un système d’interprétation de la bible, toute une grille de lecture dont il tirait la légitimité précisément du statut d’infaillibilité où il tenait la science, de son élévation au rang de métaphysique.

 

C’est ce débordement de la science en-dehors de son champ de compétence qui éveilla la méfiance de l’Eglise. L’enjeu du conflit entre Galilée et l’Eglise n’avait ultimement rien à voir avec la rotation de la terre autour du soleil. Le réduire à cela sert à asseoir une vision de l’histoire en noir et blanc : d’un côté la méchante Eglise de l’autre la science neuve qui s’extrait de ses griffes.

 

Après quelques recherches il y a de quoi pouffer de rire. Pourtant c’est bien cette vision qui triomphe dans l’enseignement public. L’enjeu du procès concernait la place de la science dans l’édifice du savoir et ses prétentions : confinement de l’Ecriture, indépendance du savoir scientifique, réductionnisme scientiste du réel au quantifiable, autorité intellectuelle des sciences dures et irresponsabilité de la science, alignement de la religion sur la nouvelle vision du monde. Tous ces traits sont les corollaires d’une affirmation hautaine de la science.

 

Le mot de la fin au célèbre épistémologue Pierre Duhem « « La logique était du côté D’Osiander et de Bellarmin non pas du côté de Kepler et Galilée. Les premiers, seuls, avaient compris toute la portée de la méthode expérimentale… À supposer que les hypothèses de Copernic aient pu expliquer toutes les apparences connues, il fallait en conclure non pas qu’elles étaient nécessairement vraies, mais qu’elle pouvait l’être. Car pour légitimer cette autre conclusion, il aurait fallu prouver qu’il était impossible de concevoir un autre système d’hypothèses expliquant les apparences d’une façon aussi satisfaisante. »

 

3b) quant à savoir si l’Eglise est ennemie des sciences, si elle a toujours cherché à entraver le progrès et à propager l’obscurantisme, rien n’est plus simple à réfuter. Ceux qui croient à ses sornettes sont les victimes consentantes d’une propagande menée, certes, avec tambour et trompettes( mais la propagande anti-catholique ne va pas aussi loin, elle laisse le soin aux esprits dénués de sens critique de radicaliser ses thèses, de caricaturer la caricature).

 

La première chose à établir c’est que sans la métaphysique de l’Être promue par le monothéisme, sans l’idée d’un ordre ontologique différent entre la créature et le créateur jamais la science moderne n’aurait pu se déployer. Pour Pierre Duhem, le système du monde, la science moderne n’est possible qu’une fois que les astres sont déchus de leur statut divin, qu’une même loi régit les mécanismes célestes et mondains. Cela est rendu possible par la révolution théologique chrétienne.

 

 De plus celle-ci, en identifiant le divin au Logos, fait de la création l’œuvre d’un principe rationnel (fût-il transcendant). L’affirmation d’une rationalité ultime de l’Etre ne fournit pas de réponse aux scientifiques, mais elle « lui donne le sol même sur lequel elle marche »(Rémi Brague, angoisse de la raison) car comment chercherait-on à comprendre un univers que l’on croirait a priori incompréhensible ? Pour Whitehead la science n’aurait jamais pu se développer si on ne l’avait cru possible. On ne l’aurait jamais cru possible sans « l’insistance médiévale sur la rationalité de Dieu » et donc sur la rationalité de son œuvre. En ce sens « la foi en la possibilité de la science, qui s’est formée avant la naissance de la théorie scientifique moderne, dérive inconsciemment de la théologie médiévale »(Science and the modern world).

 

Cette disposition à l’exploration de la nature que favorise le monothéisme par la séparation ontologique de Dieu avec la création eut pour conséquence que c’est en occident que se produisit un essor technique et scientifique systématique inconnu des autres civilisations. Et ce sont les monastères et abbayes qui furent les centres névralgiques des découvertes et des progrès techniques. L’occident leur doit la copie des manuscrits en provenance du monde latin. Au XIIe l’abbesse Hildgarde de Bilgen fut théologienne, psychologue, musicienne, herboriste, pharmacologue, médecin et IVe siècle avant Wiliam Arwey elle émit l’hypothpèse que le sang circulait dans des veines sous l’impulsion du cœur ( Simone de Beauvoir peut aller se rhabiller). La querelle entre Bernard de Clairvaux et l’école de Chartre ( Fulbert, évêque de Charte, Thierry et Bernard de Charte, Guillaume de Conche, Abélard, Suger, abbaye de St Denis) illustre elle aussi l’importance que revêtait la recherche des lois de la nature pour un grand nombre de savants de l’époque. Thierry de Charte soutenait que l’homme devait comprendre les lois de l’univers pour intervenir et améliorer le monde dans lequel il vit, Guillaume de Conche refusait d’ignorer les forces de la nature, de« demeurer comme des rustauds dans une croyance sans intelligence ».

 

Les monastères, en plus de l’énorme travail de transmission du savoir grec qu’ils produisirent(*), déployèrent un travail tout aussi intense de défrichement et ils furent, cerise sur le gâteau, à l’origine de milliers de découvertes et de nouvelles exploitations. Ils asséchèrent des marrais, irriguèrent des terres sèches, ils firent des captations et adductions d’eau potable, essayèrent des nouveaux engrais, ils transplantèrent la pomme de terre d’Amérique en Flandres et en Grande Bretagne, domestiquèrent le lapin sauvages, ils élevèrent des essaims d’abeilles, des grands viticulteurs, construisirent des routes, de grands créateurs de jardins, écrivirent les premiers traités d’agronomie, de ponts, de flottilles fluviales, implantèrent des papeteries, inventèrent les horloges, ils ont extrait la tourbe, travaillèrent le fer. Les moines jouèrent donc le rôle de « minorité porteuse de progrès ».

 

Enfin cet amour du savoir et des connaissances universelles trouva son couronnement dans l’invention de l’Université, institution qui doit tout au génie chrétien, puisque les maîtres et les élèves formaient une corporation ecclésiastique soumise au pouvoir épiscopal et papal.

 

L’Église catholique a fait brûler de nombreuses sorcières, l’Inquisition d’Eglise est responsable de massacres innombrables

 

4) Les sorcières ne furent pas persécutées par l’inquisition catholique. C’est l’inquisition laïque royale qui se montrera impitoyable. Or tout a été à dessein mélangé. En 1544, l’Edit de Fontainebleau transfère à la justice laïque les pouvoirs pontificaux de l’Inquisition dans la lutte contre l’hérésie. Les massacres de masse ne vont pas tarder. En 1545 débute ce qu’aucune Inquisition catholique n’avait jamais fait: les vaudois de Provence sont massacrés en masse, 4 à 5000 hommes, femmes et enfants, par les troupes de François Ier sur ordre du parlement de Provence.

 

Sous Henri II plus de 500 protestants sont exterminés. Dans le Labour un délégué du parlement de Bordeaux vient faire brûler 600 sorcières. En Alsace, c’est par dizaine de milliers que les sorcières sont tuées. Dans le livre la Collectio judiciorum de Duplessis d’Argentry est exposé le sort fait aux écrivains au XVIIe, alors qu’en Espagne où sévit l’Inquisition d’Eglise aucun écrivain n’est poursuivi. En France Théophile de Viau parvient juste à se sauver à Genève. Le Parlement de Toulouse fait brûler Lucillio Vanini. A paris l’ami de Molière, Claudele Petit, est brûlé, place de Grève avec ses œuvres, Corneille voit aussi son ami Simon Morin brûlé. En 1535 Calvin fait brûler 60 sorcières à Genève.

 

Si l’on met l’inquisition royale en contraste avec l’inquisition d’Eglise que constate-t-on ? Jean Dumont dans un son exposé publié dans les actes de l’Université d’été de Renaissance catholique consacrée à la repentance se réfère au travail de l’historien danois Henningsen qui a publié sur la sorcellerie les débats de l’inquisition espagnole. On y voit un inquisiteur, Alonzo de Salazar Frias expliquant que la sorcellerie n’existe pas, qu’il s’agit de rumeurs, et que dans la mesure où il n’y avait pas de rumeur il n’avait pas de sorcière.

 

Le Danois a publié toutes les études de l’Inquisition espagnole sur la sorcellerie, qui sont selon Dumont des chefs-d’œuvre de recherche ethnologique, psychologique, médicale. Il n’y a pas eu ainsi de répression sanglante de la sorcellerie qui fit dans le reste de l’Europe 500000 victimes. C’est ce que relève également le britannique Henry Kamen qui explique que l’Inquistion espagnole seule décida de traiter le problème par la prédication, comme une maladie de l’esprit. Conclusion : les massacres qui ont été perpétrés en Europe furent le fait de juridictions laïques.

L’Eglise catholique confond pouvoir et religion

 

5)

Le catholicisme a inventé la laïcité. C’est là certainement l’un des apports les plus décisifs du catholicisme sur le plan de l’ordre politique et social. Rappelons rapidement que partout l’organisation païenne de la société antique confondait le divin et le politique. Cela s’exprimait à travers la célèbre formule romaine par « « Divus Caesar, imperator et summus pontifex ». Léon Ier désarticulera cette fusion des pouvoirs par la revendication du titre de Pontifex maximus. Cela est dû à la progressive maturation, dans les consciences, de la fameuse phrase du Christ « rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » et à l’autorité morale conquise par la papauté dans l’ordre politique lui-même alors que ses définitions dogmatiques s’imposaient au concile de Chalcédoine.

 

Mais cette distinction de l’ordre temporel et de l’ordre spirituel, enseignée par le Christ et s’incarnant progressivement dans la société chrétienne, ne veut pas dire séparation des deux pouvoirs. Ce que le Christ a enseigné c’est la nécessaire collaboration des deux ordres, chacun étant cependant compétent dans son domaine mais tous deux travaillant à conduire les hommes vers leur bien utlime, Dieu (**).

Si cette conception de la laïcité est la seule correcte, c’est qu’elle est la seule qui fasse respect à la réalité du pouvoir temporel, car tout Etat ne peut être que confessionnel, soit qu’il confond les 2 ordres ( païens) soit qu’il subordonne le temporel au spirituel ( chrétien) soit qu’il subordonne le spirituel au temporel ( athée, agnostique).

 

 Or cette dernière configuration théolocigo-politique ( celle de la laïcité moderne) ne se reconnaît jamais comme étant confessionnelle, puisqu’elle prétend que l’Etat est neutre. Mais c’est naturellement une imposture, que Clémenceau par exemple assumait parfaitement : «il faut rendre à césar ce qui est à César et tout est à César » Clémenceau…Renan sera aussi très explicite, pour lui «le progrès continu de la laïcité » fait l’Etat « neutre entre les religions, tolérant pour tous les cultes et forçant l’Eglise à lui obéir sur ce point captial » ( discours de réception de Pasteur à l’académie)

 

Tous les tenants de la laïcité moderne n’ont pas la franchise d’un Clémenceau, d’un Renan ou d’un Viviani (ancien ministre de l’éducation***), la plupart pense que la laïcité est bien neutralité : elle désignerait une règle de jeu selon laquelle aucune des familles de pensée, spirituelles, morales et religieuses ne doit s’arroger une autorité, sur l’ensemble. Or la contradiction saute aux yeux puisqu’une telle formulation du principe de laïcité avalise de facto la domination d’une morale et d’une idéologie facilement identifiables : « celle qui rêve d’une morale, voire d’une religion de l’homme, qui transcende les autres morales et les autres religions, qui les relativise toutes par rapport à elle. » ( Rémi Fontaine). Dès lors une société laïque qui ne reconnaît pas la sainte laïcité, celle définie par l’Eglise, ne peut être couronnée que d’une organisation politique« accaparant pour elle-même la totalité du pouvoir spirituel et en transformant l’idéologie politique qui la régit en religion » ( itinéraires 1971, Marcel de Corte).

 

Il n’y en fait pas d’alternative, soit l’Etat et l’Eglise appliquent la règle de laïcité du Christ, soit on retombe dans une confusion des pouvoirs sur le mode païen ou musulman, ou alors sur le mode, plus pervers et retors, de la laïcité moderne, qui au nom de la neutralité promeut des forces spirituelles occultes. C’est là la ruse suprême, faire croire que le politique est neutre alors qu’il est entièrement soumis à des puissances spirituelles sécrétant une nouvelle morale « La neutralité en fait n’existe pas », explique Jean Ousset « Il est dans l’ordre que le pouvoir temporel soit soumis au pouvoir spirituel… La chose a toujours été et sera toujours, Autrement dit, il est impossible qu’une doctrine ne règne pas sur I’Etat. Quand ce n’est pas la doctrine de vérité, c’est une doctrine d’erreur. Ainsi le veut l’ordre des choses. Il veut que la force obéisse à l’esprit, et, de fait, elle obéit toujours à un esprit : esprit de vérité ou esprit de démence,»(Jean Ousset, pour qu’Il règne) (****)

 

Julien Gunzinger, pour Eschaton

 

Notes :

* L’histoire bienséante présente la transmission du savoir comme étant l’œuvre des arabes. Or Avicenne et Averroès ne lisaient pas même le grec. En réalité, ce sont Byzance, la Sicile, Rome, la bibliothèque du latran et les monastères qui jouèrent un rôle déterminant dans la transmission des auteurs grecs. Au XIIe l’abbaye du Mt St Michel était un des centres importants de traduction de la culture grecque.

 

(**)« Le pouvoir spirituel et le pouvoir séculier proviennent l’un et l’autre du pouvoir divin. Le pouvoir séculier est donc soumis au pouvoir spirituel dans la mesure où Dieu l’y a soumis, c’est-à-dire pour ce qui se rapporte au salut de l’âme; et c’est pourquoi, en ces matières, il faut plutôt obéir au pouvoir spirituel qu’au pouvoir séculier. Mais dans les matières qui se rapportent au bien de la cité, il faut plutôt obéir aupouvoir séculier qu’au pouvoir spirituel, selon cette parole de saintMatthieu (XII, 21) : “Rendez à César ce qui est à César”. » Saint Thomas : II sent. 44

 

(***) « Il faut en finir avec la neutralité scolaire, disait Viviani, et user de contrainte légale à l’égard des familles. On vous parle de neutralité scolaire, mais il est temps de dire que la neutralité scolaire n’a jamais été qu’un mensonge diplomatique et une tartuferie de circonstance. Nous l’invoquions pour endormir les scrupuleux et les timorés, mais maintenant, il ne s’agit plus de cela, jouons franc-jeu. Nous n’avons jamais eu d’autre dessein que de faire une Université anti-religieuse d’une façon active, militante, belliqueuse » .

 

(****) Ousset poursuivait :« Démontrez nous que la maçonnerie ne règne pas à la place de l’Eglise, et de telle sorte que le magistère de celle-ci n’était qu’enfantillage au regard de la pression de celle-là. Ah ! vous ne voulez pas que la sainte Eglise de Dieu règne sur le gouvernement des nations ! qu’à cela ne tienne ; les nations passeront sous la puissance des sectes. Votre Etat, « libéré » de l’Eglise, ne cessera pas d’obéir à un glaive spirituel, glaive spirituel des forces occultes, autant dire de ces idées de laïcisme, de naturalisme que ces forces font pénétrer partout et en se moquant bien de nos scrupuleuses distinctions sur les domaines respectifs du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel. »



24/04/2011

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