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La coalition internationale a torturé des prisonniers irakiens

L'armée américaine fustigée par WikiLeaks

23.10.2010 09:27 - mise à jour: 22:25
Le comportement de l'armée américaine en Irak est une nouvelle fois décrié. [Keystone]
Le comportement de l'armée américaine en Irak est une nouvelle fois décrié. [Keystone]
La coalition internationale a torturé des prisonniers irakiens et fermé les yeux sur des exactions commises par les forces irakiennes, affirme le site WikiLeaks. Ce dernier a publié près de 400'000 documents secrets de l'armée américaine sur la guerre en Irak.

Après des semaines de suspense, le site spécialisé dans le renseignement a commencé à diffuser vendredi soir 391'831 documents qu'il a présentés comme "la plus grosse fuite de documents militaires secrets de l'Histoire".

Les pièces publiées mettent en évidence "de nombreux cas de crimes de guerre qui semblent manifestes de la part des forces américaines, comme le meurtre délibéré de personnes qui tentaient de se rendre", accuse le site dans un communiqué. WikiLeaks évoque aussi le comportement de soldats américains "faisant sauter des bâtiments entiers parce qu'un tireur se trouve sur le toit".

Torture généralisée

Les documents révèlent "plus de 300 cas de torture et de violences commis par les forces de la coalition sur des prisonniers", ajoute WikiLeaks, qui a aussi dénombré plus d'un millier d'exactions de la part des forces irakiennes.

Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange a affirmé que les documents publiés étaient authentifiés. [Reuters] Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange a affirmé que les documents publiés étaient authentifiés. [Reuters] "On parle de cinq fois plus de morts en Irak, un vrai bain de sang comparé à l'Afghanistan", a déclaré sur CNN le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, jugeant que "le message de ces dossiers est puissant et peut-être un peu plus facile à comprendre que la complexe situation en Afghanistan".

L'AFP a pu consulter une partie des documents à Londres avant leur diffusion sur internet. Une grande partie des textes sont expurgés des noms pouvant mettre en danger des personnes, a expliqué WikiLeaks.

Conventions de Genève violées?

WikiLeaks a également remis à l'avance ses documents à plusieurs médias internationaux comme le "New York Times", le "Guardian", "Der Spiegel" et la chaîne Al-Jazira, qui a la première révélé leur contenu.

Selon la chaîne de télévision du Qatar, l'armée américaine a "couvert" des cas de torture de détenus par les autorités en Irak, où des centaines de civils ont en outre été tués à des barrages tenus par les alliés.

Au vu des documents, "les autorités américaines n'ont pas enquêté sur les centaines de cas de violences, tortures, viols et mêmes des meurtres commis par des policiers et des militaires L'armée américains est accusée de fermer les yeux sur la torture systématique pratiquée par les forces de l'ordre irakiennes. [AFP] L'armée américains est accusée de fermer les yeux sur la torture systématique pratiquée par les forces de l'ordre irakiennes. [AFP] irakiens", écrit le "Guardian".

Pour l'organisation Amnesty International, la divulgation de ces documents conduit à se demander si les autorités américaines ont respecté les conventions internationales sur la guerre en transférant la garde de détenus aux forces irakiennes, connues pour commettre des sévices "d'une ampleur véritablement choquante".

Majorité de victimes civiles

Selon le communiqué de WikiLeaks, les documents secrets couvrent la période du 1er janvier 2004 au 31 décembre 2009, après l'invasion américaine de mars 2003 qui a renversé le régime de Saddam Hussein.

Les documents révèlent que le conflit a fait 109'032 morts en Irak, selon le communiqué, qui précise que plus de 60% sont des civils, soit 66'081 personnes.

Sur ce total, 15'000 décès de civils n'avaient jusqu'à présent pas été révélés, selon WikiLeaks. Ces chiffres montrent "que les forces américaines disposaient d'un bilan recensant morts et blessés irakiens même si elles le niaient publiquement", a relevé Al-Jazira.

Un bilan américain publié officiellement fin juillet faisait état de près de 77'000 civils et militaires irakiens tués de 2004 à août 2008. 

Escadrons de la mort

Selon Al-Jazira, les documents font également état de liens entre le Premier ministre irakien sortant Nouri al-Maliki et des "escadrons de la mort" qui semaient la terreur au début du conflit. D'autres documents "révèlent de nouveaux cas impliquant (l'ancienne société de sécurité américaine privée) Blackwater dans des tirs contre des civils", sans qu'aucune charge ne soit retenue contre elle.

agences/os



24/10/2010

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