PerleDeDiamant

PerleDeDiamant

L'héroïne est probablement la substance dont l'action s'approche le plus de celle de la télévision, par la dépendance engendrée par son aptitude à modifier le système de valeur du consommateur.

Vendredi 28 janvier 2011 5 28 /01 /Jan /2011 07:28

 

Image trouvée ici.

//www.dailymotion.com/video/xy9zd_addiction-a-la-television_school#from=embed

 

 McKenna est parfaitement informé de la collusion entre les services secrets, les gouvernements et les trafiquants de produits toxiques et aliénants. Lisons-le :

 

  « Dans son roman de science-fiction « Le maître du haut château », Philip K.Dick décrit un monde parallèle dans lequel la deuxième guerre mondiale aurait été remportée par les Japonais et le troisième Reich. Dans le monde fictif de Dick, l'une des premières mesures des autorités d'occupation japonaises pour pacifier la population californienne fut d'introduire et de légaliser la marijuana. Les événements décrits sont à peine plus étranges que ce que l'on définit habituellement et d'un coeur léger, comme la « réalité ». Dans notre monde aussi les vainqueurs introduisirent une drogue incroyablement puissante, invasive et capable de remodeler la société. Cette drogue fut la première d'une série de produits high tech qui sont actuellement en pleine expansion, qui livrent le consommateur à une réalité fictive en agissant directement sur son système sensoriel, sans interagir chimiquement avec son système nerveux. Il s'agit de la télévision. Aucune épidémie, aucune forme de dépendance, aucune hystérie religieuse n'a jamais progressé aussi rapidement, aucune n'a fait autant d'adeptes en si peu de temps.

 

L'héroïne est probablement la substance dont l'action s'approche le plus de celle de la télévision, par la dépendance engendrée par son aptitude à modifier le système de valeur du consommateur. L'héroïne aplatit les images : sous son influence les choses ne sont ni froides ni chaudes ; le junkie  observe le monde avec la certitude que, quoi qu'il arrive, cela n'a aucune espèce d'importance. L'illusion de savoir et de pouvoir qu'engendre l'héroïne est analogue à la certitude inconsciente que ressent le consommateur de télévision que les images qui défilent devant ses yeux sont, quelque part, réelles. En fait, ce qu'ils voient ne sont que les apparences professionnellement maquillées de constructions artificielles. La télévision, bien qu'elle n'agisse pas chimiquement, ne provoque pas moins de dépendance et n’est physiologiquement pas moins nuisible que n'importe quelle autre drogue (…).

 

  L'aspect le plus dérangeant de la télévision réside dans le fait que son contenu n'est pas une vision, mais un flux de données fabriquées qui peuvent être aseptisées afin de « protéger » ou d'imposer des valeurs culturelles. Nous sommes donc confrontés à une drogue invasive, qui induit une accoutumance, et qui procure une expérience dont le contenu est conforme aux désirs de ses dealers. Quel terrain plus propice au développement du fascisme et du totalitarisme ?

 

  (…) L'étude sérieuse des effets de la télévision sur la santé et sur la culture vient seulement de commencer. Pourtant aucune autre drogue dans l'histoire n'a aussi rapidement, aussi complètement, isolé ses consommateurs du contact avec la réalité. Aucune autre drogue n'a à ce point modelé à sa propre image les valeurs de la culture qu'elle intoxiquait.

 

 

 

Par nature, la télévision est la drogue dominatrice par excellence : le contrôle de son contenu, son uniformité et son caractère répétitif en font inévitablement un outil de coercition, de lavage de cerveau et de manipulation. La télévision induit chez le spectateur état de transe nécessaire au lavage de cerveau. Comme pour tout autre drogue ou technologie, la nature fondamentale de la télévision ne peut être changée : la télévision n'est pas plus amendable que la technologie des fusils d'assaut.

 

  Alors que les services secrets modernes, séquelle de la deuxième guerre mondiale, occupaient leur position « bien abritée » de tête pensante des cartels internationaux de la drogue, les cerveaux des masses, quant à eux, se tournèrent vers la télévision. Par son oeuvre d'aplatissement, d'arrangement et de simplification, la télévision remplit à merveille la fonction qui lui avait été attribuée et produisit la culture américaine d'après-guerre, celle de Barbie et de Ken. Au milieu des années 1960, les enfants des Kens et des Barbies échappèrent brièvement à l'intoxication télévisuelle en utilisant des hallucinogènes.

 

  « Oops ! », firent les dominateurs, qui rendirent aussitôt illégales les substances psychédéliques et interrompirent toute recherche dans le domaine. Aux hippies errants, il prescrivirent un traitement à base de télévision et de cocaïne. Grâce à ces soins, ceux-ci se rétablirent rapidement et devinrent de braves yuppies obsédés de consommation. Seuls quelques récalcitrants échappèrent à ce nivellement des valeurs. Presque tout le monde apprit à aimer Big Brother. Et les rares individus qui ne l'aiment toujours pas se font encore ridiculiser par la culture de domination chaque fois qu’une démangeaison leur vient à propos de « ce qui s'est passé dans les années 1960 ».

 

 

Par Vieux Jade - Publié dans : étranges et beaux fruits venus d'ailleurs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



29/01/2011

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 3 autres membres