PerleDeDiamant

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L'environnemensonge . Vieux Jade

Lundi 4 octobre 2010 1 04 /10 /2010 11:27

 

 Écrit en caractères zenfantins sur le pack de jus de pomme « bio ». Tout est bio, maintenant, c’est magique. Sourire bio, télé bio. Politique bio ? Économie cool ? Viol sympa des consciences ? Subornation soft de l'être profond ? Flics et services secrets zécologiques ? Torture éthique ? Saint mensonge ?

 

Écrit pour les zenfants : toi aussi, protège ton environnement. "Toi aussi", ça veut dire qu’il y en a d’autres, qui protègent ce fameux environnement. Qui ? Les industriels qui crachent leur venin, les états qui chemtrailent, les armées de bulldozers qui dévastent tout ?

 

Non. Tes petits camarades. Faut que tu fasses comme eux, mon petit gars. T'as pas d'autre choix. Ramasse tes papiers, fais pas pipi sur la pelouse, marche sur le trottoir, trie les milliers d’emballages qu’on te fourgue à prix d’or. Sinon, on te montrera du doigt, et tu iras un jour ou l’autre en camp. Le camp pour les méchants qu’on recyclera en gentils afin que tout le monde soit définitivement gentil.

 

Un gentil monde de gentils enfants de la patrie qui respecteront gentiment l’environnement et leurs guides suprêmes, si gentils.

 

Mais c’est quoi, papa, l’environnement ?

 

Oui, au fait ?

 

C’est ce qui nous entoure mon enfant, qui nous environne, c'est évident, même moi je suis capable de le comprendre. La nature. Voilà, c’est ça, l’environnement, c’est la nature, qu’il faut respecter. Pas couper les arbres. Pas polluer. Pas prout, pas de méthane. Bouffe ton macdobio et cesse de poser des questions cons et pas bio. 

 

Mais les cafards dans le placard papa, c’est pas la nature ? Et les guêpes (moi - vj - j’aime bien les guêpes, ce sont mes amies) et les mouches (j’aime pas les mouches, mais je les écrase plus systématiquement), alors pourquoi tu les tues ? Et les orties, qui piquent, c’est pas la nature ?

 

Et la pluie ? Alors pourquoi tu fais la gueule quand il pleut ?

 

Pourquoi qu’ils arrachent tous les beaux arbres pour foutre des rangées de sapins partout ?

 

C’est pas le bon environnement ?

 

(C'est vrai, moi j'ai toujours eu des questions cons pas bio, chais pas pourquoi.)

 

C’est curieux, je vois autour de moi un corps immense qui aime ses petits morceaux. Mon morceau mouche, mon morceau guêpe, le morceau VJ de la mouche. Le cafard, on l’a attrapé (pas moi, Mme VJ, moi je les préfère de loin, j'aime mieux quand c'est mon morceau Mme qui fait ça) et on l’a mis dehors. Mes amies les orties. Je les coupe, jamais je ne les empoisonne. Je les mange. Déjà, elles étaient là, en moi, dans ce très grand corps qui est le mien, et le leur. Là, ça devient encore un peu plus intime, je leur fais la visite guidée de mon appareil digestif. Mme VJ et moi aussi on est un morceau l'un de l'autre, et c'est pareil avec toutes celles et ceux que j'aime.   

 

Et même ces foutus sapins je les aime. Je les plains, tristes comme des soldats qui auraient honte d’obéir. Je pleure avec eux sur eux, et sur les grands et beaux arbres qu’ils ont assassiné, sans qu’ils l’aient voulu.

 

Et quand je pleure, la pluie coule avec moi sur la terre souillée de mes mensonges, de mes lâchetés incessantes, qui sont aussi les vôtres.

 

Je ne sais pas ce que c’est l’environnement. La terre, c’est mon corps. Je vous assure qu’il n’est pas bio, mon corps. J’y verse du pinard, bio ou pas bio, pourvu qu'il me plaise, ce que la faculté de merdecine proscrit. Mais la faculté de merdecine, je m’asseois dessus, avec tous les merdecins aux ordres, comme des sapins. Mon corps coule comme le vin dans ma gorge, mon corps est le monde. Le monde, mon corps, le vin, la pluie ne sont qu’un, n’en déplaise à toutes les merdecines qui l’ignorent.

  

L’environnement, c’est une foutaise, un mensonge, un mur qui nous enferme aussi. La seule véritable unique voie, c’est la voie sans forme du plaisir, de la joie, de la trouvaille de l’instant. La vie, l’interdit foulé aux pieds, l’ivresse, et même celle de jouer à cache-cache avec le grand épouvantail, la pieuvre de baudruche qui prétend qu’on est à elle, sous sa garde, dans son monde de miroirs, notre environnement.

  

Dans l'amour il n'y a pas d'autre, pas de blessure, rien d'autre qu'une immense blessure qui est justement l'Amour.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



04/10/2010

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