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Julian Assange. Bête noire de Washington pour avoir diffusé des documents secrets

Julian Assange, agitateur mi-ange mi-démon

PORTRAIT | Bête noire de Washington pour avoir diffusé des documents secrets, le fondateur du site WikiLeaks sera à Genève aujourd’hui

© AFP | Apôtre de la transparence, Julian Assange cultive les zones d’ombre sur sa vie privée.

Yannick Van der Schueren | 04.11.2010 | 00:01

Julian Assange, fondateur et figure emblématique du site WikiLeaks, fascine autant qu’il dérange. Adulé par les partisans d’une information transparente, l’homme de 39 ans, qui vient d’organiser la plus grande fuite de documents confidentiels de tous les temps, est devenu la bête noire du Pentagone.

Il est attendu aujourd’hui à Genève, à la veille de l’examen des Etats-Unis par le Conseil des droits de l’homme.

Son objectif? Révéler les secrets les mieux gardés de la planète et en offrir la primeur à de prestigieux quotidiens internationaux. Mission accomplie. En trois ans, cet agitateur d’origine australienne a collecté plus d’un million d’informations dites «ultrasensibles» sur son portail.

L’onde de choc provoquée par la diffusion sur la Toile de la vidéo du massacre de civils par l’armée américaine à Bagdad, c’est lui. Les SMS des personnes qui allaient mourir dans les attentats du 11 septembre 2001 et les milliers de documents classés secret-défense sur la guerre en Afghanistan, c’est encore lui. Et cet empêcheur de massacrer en rond ne se contente pas de faire trembler l’Oncle Sam.

Depuis sa création, son site a diffusé des documents sur la banque islandaise Kaupthing Bank et ses prêts douteux, sur la famille corrompue de l’ex-président kényan Daniel Arap Moi ou encore sur les pratiques obscures de la scientologie. Sans oublier la mise online des courriers électroniques privés de Sarah Palin et des e-mails échangés entre les chercheurs du GIEC, à l’origine du «climategate».

La part d’ombre

Julian Assange n’épargne personne. «WikiLeaks a sans doute produit plus de scoops en trois ans que le Washington Post en trente», selon Clay Shirky, gourou du journalisme digital. Son dernier fait d’armes? La révélation de cas de torture commis ou couverts par les GI en Irak.

Le prochain? Une nouvelle batterie de rapports militaires top-secret sur le conflit afghan. Né en 1971 en Australie, Julian Assange grandit aux côtés d’une mère comédienne et bohème. Il raconte ainsi avoir fréquenté 37 écoles. A l’adolescence, il découvre l’informatique, une passion qui ne le quittera plus. Condamné pour piratage, il s’en tire avec une amende et un sursis. Quelques années plus tard, il s’impose sur le net comme un partisan de la liberté d’expression.

En 2006, il investit ses économies pour créer un système de publication permettant à des informateurs anonymes de dénoncer des scandales et des injustices. Entouré d’une petite armée de bénévoles (journalistes, informaticiens, universitaires). Les documents affluent.

Au début de 2007, WikiLeaks est né. Brillant et arrogant, cet apôtre de la transparence cultive les zones d’ombre sur sa vie privée. Les gouvernements, les banques et les grandes entreprises ne sont plus les seuls à dénoncer ses agissements, selon le Herald Tribune.

Dans son entourage, on lui reproche «un comportement hautain ainsi qu’une tendance à oublier que les secrets qu’il révèle peuvent coûter des vies (…) Plusieurs de ses collègues critiquent son choix d’avoir divulgué les documents afghans sans enlever les noms des informateurs travaillant pour l’OTAN», précise le quotidien.

Et les accusations de viol dont il fait l’objet depuis août en Suède – pays dans lequel il pensait s’installer – ne plaident pas en sa faveur. Le dossier a été fermé, puis rouvert en septembre. Depuis? Silence radio. Mais sa demande de résidence a été refusée.

Sans domicile fixe

Cet homme discret à la notoriété mondiale reconnaît vivre caché. Et pour cause. Les services de renseignements du monde entier sont à ses trousses. Il est en perpétuel déplacement, préfère payer en liquide qu’avec une carte de crédit et n’utilise que des téléphones cryptés.

Il réserve ses hôtels sous des noms d’emprunt, ne dort jamais deux fois dans le même lit et annule ses voyages à la dernière minute. Aujourd’hui, il devrait être à Genève pour une conférence de presse. Suspense.

 



04/11/2010

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