PerleDeDiamant

PerleDeDiamant

Joao Silva

Les deux jambes arrachées

Un très grand photographe de guerre, peut être le plus grand en ce moment, Joao Silva, a marché  sur une mine en Afghanistan.

Il a eu les deux jambes arrachées.

Il était en mission pour le New York Times, près de Kandahar. Il avait couvert le conflit en Afrique du Sud, en Irak, en Afghanistan.

ae04.jpg

Il avait ramené la seule image iconique du désastre américain en Irak. De jeunes soldats pris sous le feu d'un sniper irakien. La boue, le sang, tout ce que  l'armée américaine tentait de ne pas montrer au grand public.

Vous avez remarqué ? Sept ans de guerre et pas d'images ou presque de soldats morts. Pourtant, les journalistes étaient incorporés dans les unités  combattantes.

C'est que les images de la détresse des soldats étaient interdites.

Joao a patienté. Il a enduré l'ennui et le danger. Et il a réalisé cette série d'images. Sous le feu. Des éclats de vérité dans le mensonge de la propagande. En une du New York Times.

Comment a-t-il réussi à les sauvegarder de la censure, à les publier ? Je ne sais pas. Je me souviens  à Bagdad, en  2003, les marines de la 82ème m'avaient empêché de filmer un soldat qui suffocait à cause de la fumée. Même pas un blessé. Juste un soldat dépoitraillé qui tentait de reprendre son souffle.

"On ne montre pas un marines en difficulté, Sir".

Bush et Rumsfeld vivaient avec la hantise des icônes du Vietnam.

Ils s'en sortent bien, je trouve. Plusieurs centaines de milliers de morts civiles, 5000 jeunes américains tués, des dizaines de milliers d'amputés. Pour des armes de destruction massive qui n'existaient pas.

Ils  ne répondront de rien devant personne. Aucun TPI.

Bush sort un livre et monnaye ses apparitions publiques.

Et Joao a perdu ses deux jambes.



11/11/2010

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 3 autres membres