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Irak : Tony Blair, sans peur et sans reproche (enfin presque...)

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Fidèle aux réquisitions de Dobeuliou, Tony Blair souhaitait à tout prix renverser le régime de Saddam Hussein et les armes de destruction massive n'étaient qu'un "argument". La confession de l'ancien premier ministre britannique déclenche un tollé, de l'autre côté de la Manche.

Les confidences de Tony Blair sur la guerre en Irak

Question : "Si vous aviez su qu'il n'y avait pas d'armes de destruction massive, auriez-vous tout de même été jusqu'au bout ?" Réponse : "J'aurais continué de penser qu'il était juste de le renverser [Saddam Hussein]. Evidemment, nous aurions utilisé et développé d'autres arguments sur la nature de la menace". Evidemment...

Tony Blair Witch Project

Depuis trois semaines, la Commission Chilcot mène l'enquête sur les conditions du déclenchement de la guerre en Irak. Elle touche au but. Si l'on sait aujourd'hui que de nombreuses informations prouvaient que l'Irak ne disposait plus, en 2003, d'armes de destruction massive, c'est cette "confession" de Tony Blair diffusée dimanche sur la BBC qui a déclenché une véritable tempête médiatique. Trois jours avant le lancement des hostilités, le premier ministre britannique affirmait pourtant que Saddam Hussein pouvait encore "éviter la guerre" s'il démontrait sa bonne foi en matière de désarmement. Un bon gros mensonge comme on les aime...

Alors, pour quelles raisons lancer cette guerre, que bon nombre de spécialistes annonçaient perdue d'avance ? Parce que, répond Tony Blair, Saddam Hussein représentait "une menace pour la région", et même pour son propre peuple puisqu'"il a utilisé des armes chimiques contre son propre peuple". Mais pourquoi ne l'avoir pas dit avant ? Peut-être parce que son peuple était résolument opposé à une intervention militaire pour des raisons autres que l'existence d'armes de destruction massive. Peut-être aussi que l'argument de la stabilité de la région ne tenait pas debout. Peut-être aussi, enfin, que cette justification constituait purement et simplement une violation des Conventions de Genève. Allez savoir...

Petits mensonges entre amis

En réalité, Sir David Manning, l'ancien conseiller en politique étrangère du premier ministre, a révélé le 30 novembre dernier que Tony Blair a commencé à évoquer l'invasion de l'Irak dès le mois d'avril 2002... au lendemain d’un déjeuner privé chez George W. Bush. A partir de ce moment là, l'ambassadeur de Sa Majesté à Washington Christopher Meyer le confirme : les préparatifs militaires ont largement prévalu sur les options diplomatiques, "alors que cela aurait du être le contraire". Quelques mois plus tard, en septembre, le gouvernement publiait un rapport de ses services secrets montrant que Saddam Hussein pourrait encore disposer de nombreuses armes de destruction massive, déployables en moins de 45 minutes. Ce document était en grande partie fondé sur une ancienne étude universitaire totalement obsolète. Mais qu'importe, tous les moyens sont bons...

Un... complot ?

Résultat. Depuis mars 2003, le conflit a envoyé 4 371 soldats américains et 179 britanniques au tapis, selon le site icasualties.org. Sans compter les dizaines de milliers d'estropiés à vie. Côté civils, 100 000 décès vérifiés sont à déplorer, selon iraqbodycount.org. D'autres études évoquent entre 1 et 1,5 million de morts civils. Et, surprise, aucune arme de destruction massive n'a été découverte. Comment appelle-t-on une "entente secrète entre plusieurs personnes, en vue de renverser un pouvoir établi", déjà... ? Tout simplement un complot, selon les vénérables conspirationnistes de l'Académie Française.



16/12/2009

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