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Guantanamo : la volte-face d'Obama

Guantanamo : la volte-face d'Obama

 

Le 22 janvier 2009, deux jours après son investiture, le président américain avait promis de fermer le centre de détention de sinistre réputation. Par un nouveau décret présidentiel signé lundi 7 mars, il entérine son existence et la reprise des procès devant des tribunaux militaires.

08.03.2011 | Peter Finn & Anne E. Kornblut | The Washington Post

 

 Le 22 janvier 2009 à Washington, Barack Obama signe l'acte de fermeture du camp de Guantanamo.

 

 Le 22 janvier 2009 à Washington, Barack Obama signe l'acte de fermeture du camp de Guantanamo.

Le président Obama a signé le 7 mars un décret présidentiel encadrant la création d’un système de détention illimitée pour les prisonniers incarcérés à Guantanamo qui continuent de représenter une menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis. Le Président a également assuré que de nouveaux procès seraient prochainement organisés devant des tribunaux militaires. Ces mesures prises deux ans après qu’Obama avait promis, dans un autre décret présidentiel, qu’il fermerait Guantanamo, reviennent à confirmer le rôle central joué par le centre de détention dans la politique américaine de lutte antiterroriste.

D’après des représentants du gouvernement, le président tient toujours à fermer le site, bien qu’il n’en ait pas fait mention dans la brève déclaration qu'il a prononcé le 7 mars en signant son nouveau décret présidentiel. A l’origine, l’équipe Obama avait l’intention de rapatrier les détenus et de les incarcérer sur le sol américain et de poursuivre certains prisonniers devant des tribunaux fédéraux, mais ce projet a été purement et simplement abandonné face à l’opposition tant des républicains que des démocrates du Congrès.

Ce nouveau décret présidentiel revient en fait à admettre que certains des détenus de Guantanamo resteront derrière les barreaux pendant des années, voire pour la vie. Le nouveau système mis en place leur permet toutefois d’espérer pouvoir, à l’avenir, revendiquer leur libération parce qu’ils ne constitueront plus une menace. “Je présente aujourd’hui plusieurs mesures visant à améliorer notre capacité à traduire des terroristes en justice et à veiller au bon traitement des détenus, a déclaré le président Obama. Je crois fermement que le système judiciaire américain est un atout central dans la guerre contre al Qaida et ses complices.”

Pour les militants — quelle que soit leur couleur politique et leur opinion sur la fermeture du centre de détention de Guantanamo —, cette décision s'apparente toutefois à une volte-face. “Il est pratiquement impossible d’imaginer comment fermer Guantanamo après cela, explique Anthony Romero, directeur exécutif de la principale association de défense des libertés l’American Civil Liberties Union. En un peu moins de deux ans, l’administration Obama a complètement fait machine arrière.”

Pour Peter King, député républicain de l’Etat de New York et président de la commission sur la sécurité intérieure de la chambre des Représentants, cette décision réhabilite l’action de George W. Bush. “Je félicite le gouvernement Obama d’avoir pris ce décret présidentiel. En fin de compte, cela confirme la position du gouvernement Bush selon laquelle notre gouvernement a le droit de maintenir de dangereux terroristes en détention jusqu’à l’arrêt des hostilités”.


11/03/2011

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