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“Grande victoire pour l’industrie pharmaceutique, les plantes médicinales bientôt interdites dans l’UE “mise à jour du dossier

Une alerte a été lancée par plusieurs sites dont //newsoftomorrow.org/spip.php?article8816 indiquant que les plantes médicinales seront interdites à partir du 1 avril 2011 et soumises au même type d'autorisation de mise sur le marché que les médicaments.

 On pouvait croire à une fausse alerte car l'article avait été signalé en tant que Hoax mais ce n'est pas le cas...

Voici les dernières infos concernant ce dossier.

Les articles les plus anciens sont au bas de page.

Alerte à propos d'une menace d'interdiction de nombreuses plantes médicinales... 16.12.2010

plantes-medicinales.jpg

L'alerte à propos du risque d'interdiction de certaines plantes médicinales n'en finit pas de faire des vague(lettes) sur le Net...

Rue89 entre dans la danse

Jacques Valentin me signale l'article suivant d'une députée européenne, Michèle Rivasi.

Voir //www.rue89.com/michele-rivasi/2010/12/14/europe-mon...

Elle conclut elle aussi à la disparition en Europe de la possibilité de se procurer des remèdes  relevant de la médecine ayrvédique et de la MTC. A lire attentivement cet article qui avait déja suscité 140 commentaires lors de sa publication le 14 décembre...

Les producteurs ceuilleurs donnent leur avis  

Le Syndicat S.I.M.P.L.E.S., créé en 1982 en Cévennes, regroupe 80 producteurs-cueilleurs de plantes médicinales aromatiques, alimentaires, cosmétiques et tinctoriales, installés en zone de montagne ou dans des zones préservées. Un de leur représentant vient de s'exprimer sur son site à propos de la menace que fait courir la législation européenne visée dans cette note. Voir :


//www.syndicat-simples.org/actualites/les-plantes-medicinales-bientot-interdites-dans-lue-propagande-desinformation-enjeux-de-pouvoirs-autour-de-herboristerie-en-europe 

 


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Un point très important est que le texte attaque indirectement et de façon pernicieuse ANH (Alliance for Natural Health). En effet Heidi Stevenson dans son article cite le Dr. Robert Verkerk de l'ANH a un moment donné, mais Thierry Thévenin se croit autorisé à poser la question de savoir si "Ce texte de Mme Heidi Stevenson, relayé par Alliance for Natural Health International (ANH) sur une multitude de sites Internet, ne serait-il pas un épisode maladroit de cette lutte ?


Or une recherche dans le site de ANH Europe ou ANH international ou ANH USA avec "Heidi Stevenson" via Google ne remonte aucun article ! Cherchez l'erreur ! En fait Stevenson cite ANH comme elle en a le droit mais cela ne signifie pas qu'elle a les mêmes idées qu'eux, ou encore qu'elle ait compris les positions d'ANH et encore moins que ANH propage ou soutient ses idées. Mais ces "nuances" dépassent visiblement Thierry Thévenin...

Les observations de ce représentant syndical (voir //www.herbesdevie.com/swprod/produits.php3) sont assez affligeantes car on sent bien qu'il aurait plutôt tendance à faire confiance aux pouvoirs publics à l'origine des interdictions futures. Il déplore que la directive favoriserait en somme l'hégémonie de 3 cultures dominantes au niveau mondial, la phytothérpatie classique occidentale, l'indienne (ayrvédique) et la chinoise. Et ce au détriment des remèdes créaoles, berrichons, tibétains, nigériens, cévenols (sic). Ce faisant l'auteur oublie que la médecine tibétaine est un mixte d'ayurvéda et de MTC.

 

Or ce qui ressort de cette histoire c'est que précisément les plantes non européennes sont directement menacées d'interdit faute d'ancienneté suffisante de leur usage !

L'allusion aux traditions berrichones et cévenols dénote avec, quelque part, la mention d'une nécessité d'un respect écologique des plantes sauvages d'oeillères "corporatistes" qui se traduisent par un complet manque de discernement quand aux visées réelles de la directive européenne.

 

Et l'auteur en question se borne à limiter pour la renaissance du métier d'herboriste...

Ce à quoi deux intervenants lui ont fait remraquer qu'il s'agit d'une utopie et que le sort des herboristes a été définitivement réglé. Précisons qu'en France c'est le gouvernement de l'immonde traître que fut Pétain qui en a décidé en 1941 !

Le second commentateur a mis en relief que si en Angleterre, on a tendu à préparer les producteurs à l'échéance du 1 avril 2011, en France rien n'a été fait. D'où il résulte que beaucoup pourraient connaître une surprise très désagréable au printemps prochain.

 

On n'a sans doute pas fini de parler de cette histoire et je rappelle un lien intéressant : //www.anh-europe.org/news/anh-press-release-anh-set-...

L'affaire est complexe. On y reviendra à l'occasion d'un post au sujet d'une organisation nommée Alliance pour la Santé qui est en préparation. En attendant je maintiens mon analyse en soulignant son caractère provisoire car il est sans doute un peu tôt pour envisager toutes les conséquences de ce qui se trame dans les coulisses. La seule chose sûre étant que les conséquences seront très négatives.

 

Au fond Thierry Thévenin "raisonne au ras des paquerettes"

Quand aux intérêts des producteurs cueuilleurs qui ramassent du thym et autres plantes d'usage traditionnels, il est bien possible qu'ils n'aient point trop de soucis à se faire, ce qui peut contribuer à expliquer en partie la légereté de Thierry Thévenin. Enfin une chose est sûre, il n'a strictement rien compris à la pièce qui se joue.

 

Analyse provisoire concoctée dans l'urgence 

Une alerte a été lancée par plusieurs sites dont //newsoftomorrow.org/spip.php?article8816 indiquant que les plantes médicinales seront interdites à partir du 1 avril 2011 et soumises au même type d'autorisation de mise sur le marché que les médicaments.

 

On pouvait croire à une fausse alerte car l'article avait été signalé en tant que Hoax mais ce n'est pas le cas...

Dans le première version de cette note, je soulignais que je n'avais pas trouvé mention de la date butoir de 2011, or elle existe sous la forme d'un délai de 7 ans après la publication de la directive du 31 mars 2004, modifiant la directive 2001/83/CE. Autant pour moi, je me suis trompé...

Il n'empêche que cette alerte est fautive pour plusieurs raisons, d'abord elle n'est pas du tout explicite des vrais problèmes et d'autre part ce n'est pas en lançant une pétition 6 mois avant l'échéance du couperet que l'on va pouvoir changer quelque chose.


Il est tout de même surprenant que des producteurs de plantes en gélules et des marchands comme les laboratoires Lebeau et la firme Dieti Natura n'aient point fait sonner le toscin plus tôt en essayant de prendre des mesure car si ce que l'on annonce devait se réaliser du jour au lendemain, ces firmes peuvent d'ores et déjà se préparer à mettre la clef sous la porte.

Voici le texte de la directive 0090:en:PDF" target="_blank">//eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:...


Constitution du pharmacopée européenne

En somme si j'ai bien compris, il s'agit de créer une sorte de "pharmacopée européenne" incluant toutes les substances médicinales d'origine végétales en les soumettant à une procèdure d'autorisation dite simplifiée consistant en un enregistrement sous la forme d'une monographie. Il n'est pas question d'essais cliniques etc...

  • Article 16 bis
    1. Une procédure d'enregistrement simplifiée (ci-après dénommée “enregistrement de l'usage traditionnel”) est instaurée pour les médicaments à base de plantes qui répondent à l'ensemble des critères suivants:

L'enregistrement simplifié est sujet à des limites et ne peut concerner que des plantes dont l'usage traditionnel est établi dans la CE d'assez longue date. Pour ce faire  la CE a prévu une "Agence". Encore un moyen de donner l'occasion à des "experts" plus ou moins inféodés aux labos de se remplir les poches...

Ce qui est menaçant c'est que l'usage à l'extérieur de la communauté (plantes ayurvédiques, amazoniennes etc...) ne pourra faire l'objet d'un enregistrement que si elle ont été utilisées

  • Les éléments bibliographiques ou rapports d'expert établissant que le médicament ou un produit équivalent est d'un usage médical au moins trentenaire avant la date de la demande, dont au moins quinze ans dans la Communauté. Sur demande de l'État membre auquel la demande d'enregistrement de l'usage traditionnel a été présentée, le comité des médicaments à base de plantes émet un avis sur la validité des preuves attestant l'anciennetéde l'usage du produit ou du produit équivalent. L'État membre transmet les pièces pertinentes à l'appui du dossier soumis au comité;

Qui doit faire la demande d'enregistrement ?

  • En vue de l'enregistrement de l'usage traditionnel, le demandeur introduit une demande auprès de l'autorité compétente de l'État membre concerné.

C'est là que le bât blesse, ce ne sont pas les états qui doivent prendre l'initiative de faire enregistrer leur propre pharmacopée mais, si j'ai bien compris, des particuliers ou des sociétés marchandes désirant vendre les plantes ou produits en question.

Toujours dans l'hypothèse où j'aurais compris (car avec les pervers qui fabriquent ce genre de loi il faut en général embaucher une armée de juristes spécialisés pour s'y retrouver dans ce genre de fatras), on se retrouve dans le même cas de figure qu'avec les compléments alimentaires. Deux laboratoires, l'irlandais et un labo belge, ont tenté de faire enregistrer le monométhylsilanetriol mais ils ont échoué.

 

Ce qui va se produire

 

Dans le meilleur des cas, une liste de plantes comparables à celles dont la vente est permise en France dans les boutiques de diététiques (plantes condimentaires ou utilisées en tisane de façon immémoriale) survivra mais encore faut-il qu'une organisation se charge de faire le nécessaire en vue de l'enregistrement.

Quant aux plantes chinoises, ayurvédiques, amazoniennes et à certaines huiles essentielles, elles vont disparaître du marché ou seront vendues exclusivement par Internet à partir de pays situés hors Europe.

Il faut bien comprendre que ceux qui voudraient prendre l'initiative de faire enregistrer certaines plantes exotiques seront condamnés à dépenser des fortunes sans être protégées contre la concurrence. Et comme personne n'aura pris l'initiative, la directive débouchera sur un vide sidéral !

 

Un résultat catastrophique

 

La directive part d'un bon sentiment celui, comme on l'a vue de s'entendre sur une pharmacopée végétale européenne comportant des monographies bien documentées attestant un usage traditionnel et ses conditions mais l'UE laisse l'établissement de ces enregistrements à la charge de particuliers de sorte qu'il risque de ne rien rester des possibilités végétales existantes.

On ne va sans doute pas faire la guerre à la sauge, au romarin mais c'en est probablement terminé des différentes ethnomédecines.

Elle ne demeureront accessibles qu'au prix de beaucoup de risques. Les marchands devront s'établir en dehors de l'Europe et au final le résultat obtenu sera à l'opposé des visées sécuritaires auxquelles la directive est censée aboutir puisque n'importe qui pourra vendre n'importe quoi à partir de l'Inde de la Chine ou même des USA.

Mais le lobby pharmaceutique qui est à l'origine de ce complot sait ce qu'il fait. Il s'agit de mettre des bâtons dans les roues aux plus communs des mortels en faisant en sorte que les "résistants" y regardent en deux fois.

Le texte ne laisse aucunement supposer que les pharmaciens pourraient contourner la liste qui sera établie et c'est là que l'on mesure l'ampleur de l'interdit. On ne pourra même pas incendier quelques pharmacies en signe de protestation...

 

Les ais sont partagés

 

On me fait remarquer qu'il s'agit d'un ajout à la directive sur le médicament et qu'on n'est donc pas dans le domaine des compléments alimentaires de sorte que la situation à cet égard resterait inchangée.

En ce qui me concerne, j'ai compris la directive comme exprimant une volonté de ramener dans le giron de la pharmacie toutes les plantes médicinales. Dans ce cas il faudrait s'attendre à voir disparaître certaines plantes. Sauf que la Suisse n'étant pas dans l'UE, Dieti-Natura garderait sa liberté. Mais pour combien de temps ? Il ne faut pas oublier que le laboratoire homéopathie Schmidt Nagel a été contraint de détruire ses souches anciennes de nosodes et de les remplacer par des souches complètement carbonisées et donc largement inefficace suite aux alertes concernant le prion et la maladie de la vache folle.

 

Selon un de mes correspondants on devrait donc à l'arrivée trouver davantage de médicaments de phytothérapie dans les pharmacies françaises car par ex. les allemands étant très portés sur les plantes médicinales ont du travailler à nourrir l'espèce de codex européen voulu pour les plantes.

Soit mais le marché des plantes s'est concentré, c'est Arkopharma et quelques rares autres qui vont tirer les marrons du feu avec des gélules hors de prix et la mauvaise réputation que traîne cette firme. Je rappelle qu'à une certaine époque on commercialisait de la merde importée de Chine et les jeunes de Carros presque tous employés de la firme était sujets à des problèmes allergiques. Je veux bien croire que de ce côté la situation a évolué favorablement mais il n'empêche que vendre 40 gélules 7,50 €uros c'est du vol.

 

Enfin quid des plantes chinoises, ayurvédique et Cie...

A supposer que pour les plantes européennes l'entrée en vigueur de la directive retoquée en 2004 ne change pas grand chose à la donne actuelle, des coupes sombres sont à craindre. Je rappelle qu'il faut au minimum 15 ans d'usage dans l'UE pour qu'une plante ait droit de cité.

 

La fin d'un monde

 

Il faut convenir que ce qui se prépare est particulièrement sinistre et que d'une certaine manière on a bien des raisons de prévoir une sorte de fin du monde (en fait une fin du monde tel qu'on le connaissait) pour 2012. Pas de choc avec un astéroïde mais un monde dominé et muselé par une oligarchie financière, à moins que le système économique ne s'écroule en débouchant sur une véritable barbarie.

 

Il ne sera pas difficile d'en arriver là, il suffit en effet que les communications s'arrêtent brutalement et toute vie sera paralysée.


 Source : Loïc le Ribault et le G5

 

 //panier-de-crabes.over-blog.com/article-alerte-a-propos-d-une-menace-d-interdiction-de-nombreuses-plantes-medicinales-63889277.html

Posté le 18 octobre 2010 à 18:08 · Classé sous Actualités

“Grande victoire pour l’industrie pharmaceutique, les plantes médicinales bientôt interdites dans l’UE “: propagande, désinformation, enjeux de pouvoirs autour de l’herboristerie en Europe

Thierry Thévenin                                                                        Mérinchal, le 18 octobre 2010

Bonjour,

En réponse aux multiples mails d’inquiétude que j’ai reçu ces jours-ci  de la part d’adhérents du syndicat Simples et de bien d’autres personnes, voici  mon analyse personnelle ainsi que quelques réflexions à propos du texte suivant :
«Grande victoire pour l’industrie pharmaceutique :  les plantes médicinales bientôt interdites dans l’UE », texte signé Heidi Stevenson qui « tourne » largement sur le web en ce moment et que j’ai reproduit plus bas, à la suite de mon analyse.
NB : j’ai ajouté çà et là, dans le texte original (en italique) des commentaires personnels (en gras pour plus de lisibilité)

ANALYSE:

 


Ce texte, construit comme un texte de propagande, est erroné; il accumule raccourcis et effets d’annonce chocs. Il discrédite ainsi son auteur et ses objectifs.

 

Ceci étant dit, c’est dommage, car il a le mérite de mettre en lumière un phénomène bien réel et inquiétant : l’inflation galopante des outils et des procédures réglementaires qui, sous le louable prétexte de protéger le public, le déresponsabilisent et l’assujettissent progressivement aux rares groupes de pression ou d’intérêt - groupes de lobbying -  (industriels, distributeurs, médias,…) qui sont suffisamment organisés et puissants pour avoir les moyens de décrypter, analyser, orienter ces mesures ou même plus simplement d’exister légalement en passant à travers le crible de ces dispositions juridiques d’une incroyable complexité.

 

Si vous en doutez ou si voulez simplement mesurer cette complexité, allez explorer l’adresse suivante: //ec.europa.eu/health/human-use/herbal-medicines/index_en.htm (in english, sorry…) et notamment « la brève description de la procédure » qui nous intéresse à la page  : //ec.europa.eu/health/files/eudralex/vol-2/a/vol2a_chap1_2005-11_en.pdf où on apprend bien sûr que la motivation des concepteurs poursuit bien entendu le double objectif suivant: « the protection of public health and the free movement of medicinal products. »

 


NB: Par ailleurs, est complètement oubliée au passage dans ces processus de validation, la question pourtant cruciale de la disponibilité et de la durabilité des ressources médicinales, lesquelles sont encore pour une écrasante majorité issues de la récolte sauvage.

 

Et si la même somme de « génie », énergie, temps passé, hommes et moyens gigantesques mis en œuvre pour établir ces outils pour la « protection de la santé et liberté de mouvement des préparations médicinales » étaient plutôt affectés à un véritable programme d’éducation, de formation des consommateurs et des prestataires (producteurs, transformateurs, prescripteurs, vendeurs) ?

 
Il aura fallu près de deux ans de travail de plusieurs dizaines d’experts représentants des 27 pays – du  23/11/2005 au 07/09/07 – pour que la commission HMPC1 ( The Committee on Herbal Medicinal Products) reconnaisse aux graines de fenouil commun (Foeniculum vulgare L. ssp. ) ses indications de drogue antispasmodique expectorante ou digestive, indications connues depuis des siècles dans les cultures populaires euro-méditerranéennes et chinoises. Le cas de la feuille de vigne rouge (Vitis vinifera L. ssp.) aura pris 3 ans: entamé le 31 octobre 2007, il a aboutit seulement le 15 juillet de cette année… etc.

Combien de temps faudrait-t il, combien d’argent cela coûterait-t il au contribuable européen pour valider  et autoriser la diffusion légale des milliers de remèdes végétaux traditionnels potentiels (le Pr Paul Fournier3 avait recensé 1500 espèces médicinales rien que pour la France métropolitaine, plus de  20 000 espèces auraient été « couramment » utilisées à travers le monde; sans même parler des remèdes composés; environ 17000 formules pour la seule médecine traditionnelle chinoise) ?

 

La réponse est simple : c’est impossible et cela ne se fera jamais.

 

Seront jetés dans le no-man’s land de l’illégalité – ou bien peut être dans un futur musée européen des arts médicinaux premiers - des multitudes de remèdes créoles, berrichons, tibétains, nigériens ou cévenols et  de remèdes de la tradition orale méprisée  qui ne justifieront pas des « éléments bibliographiques appropriés »; … à moins qu’ils ne « passent leur licence » dans l’éprouvette de quelque ethnopharmacologue patenté de l’industrie pharmaceutique pour renaître sous la forme d’un médicament dûment breveté et reconnu par l’EMA (European Medicines Agency).

 

La politique - inévitable - qui est poursuivie à travers la Directive 2004/24/CE est de fait partiale et réductrice. Elle favorise l’hégémonie des 3 cultures dominantes au niveau mondial : occidentale (« officielle »), chinoise (MTC) et indienne (ayurvédique); et encore, cette hégémonie étant elle même traitée « au rabais ».

 

Le rempart de la réglementation est-il vraiment l’outil le plus pertinent aujourd’hui pour protéger un citoyen européen globalement  ignorant et passif en matière de protection et de gestion de sa propre santé et globalement en voie « d’érosion » généralisée au niveau de son savoir médicinal traditionnel?
Ou bien ce rempart serait-il celui - stratégique -  d’une citadelle administrative pour la conquête de laquelle se battent sans merci, les quelques groupes de lobbying précités afin de s’en disputer l’une de ses concessions les plus profitables : le marché de la « santé naturelle »?

 

Ce texte de Mme Heidi Stevenson, relayé par Alliance for Natural Health International (ANH) sur une multitude de sites Internet, ne serait-il pas un épisode maladroit de cette lutte ?

 

Quoi qu’il en soit, je ne souscrirai pas à l’appel de Mme Stevenson car je crois que l’avenir de la « protection de la santé et liberté de mouvement des préparations médicinales » des citoyens de l’Europe passera, non pas par une lutte médiatique ou juridique pour des droits ou des espaces commerciaux, mais plutôt par la  revendication – y compris s’il le faut par une certaine résistance citoyenne – d’espaces légaux d’éducation et de formation pour la préservation et la transmission des savoirs médicinaux traditionnels.

 

L’ensemble de ces savoirs est immense et précieux, il est le fruit d’innombrables siècles d’adaptation, d’innovation, d’expérimentation des peuples, ne laissons pas accaparer, appauvrir ou enfermer ce patrimoine commun dans des cadres prétendus sécuritaires, juridiques ou scientifiques, lesquels ne sont bien souvent en réalité que des outils servant des monopoles ou des intérêts particuliers. Et faisons également attention de  pas nous laisser berner par des discours de propagande marketing qui viseraient à nous faire défendre au nom d’un prétendu principe de libre échange, un mode de consommation néo-libéral aveugle et outrancier de ce même patrimoine.

 

 Les plantes médicinales ne sont pas un vulgaire produit commercial, leur délivrance au consommateur ne doit pas être une activité marchande soumise aux seules règles de la spéculation et du profit.

 

Il serait important et urgent au regard du regain d’intérêt croissant qu’elles suscitent en Europe de créer un statut professionnel légal communautaire accompagné d’outils d’éducation populaire et de formation professionnelle adaptés pour une continuité sûre et durable de l’expression de cet élément essentiel de la culture humaine.

 

Encore et toujours, je revendique une réhabilitation rapide du métier d’herboriste dans notre pays,  qui prenne en compte les évolutions multiculturelles et les exigences environnementales qui caractérisent notre époque et notre continent, ainsi qu’une intégration de la transmission des savoirs populaires relatifs aux plantes médicinales dans l’éducation en général et dans l’éducation à la santé en particulier.

 

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TEXTE:

Heidi Stevenson, samedi 25 septembre 2010
« Grande victoire pour l’industrie pharmaceutique : Les plantes médicinales bientôt interdites dans L’UE »

Non, c’est faux ! C’est la vente d’une plante en tant que médicinale (c’est à dire délivrée avec des indications thérapeutiques) qui sera interdite tant qu’on aura pas obtenu une AMM (autorisation de commercialisation) auprès de  The Committee on Herbal Medicinal Products (HMPC). Il s’agit d’ailleurs de l’aboutissement effectif de la Directive N° 2004/24/CE du 31 mars 2004 relative aux savoirs traditionnels (plantes médicinales traditionnelles), directive citée plus bas par Mme Stevenson.

« C’est quasiment fait. Nous allons voir disparaître les préparations à base de plante, ainsi que la possibilité pour les herboristes de les prescrire. »

C’est faux , c’est de la pure désinformation. Il me semble que cela est juste destiné à susciter de l’émotion chez le lecteur.

« L’industrie pharmaceutique, qui depuis quelques décennies tente d’éliminer toute concurrence, a presque atteint son but.
Le 1 avril 2011 - dans moins de huit mois - pratiquement toutes les plantes médicinales seront illégales dans l’Union Européenne.
 »

Non et non !!! C’est un raccourci.  Cette directive est censée permettre une procédure d’autorisation de mise sur le marché « simplifiée » pour l’enregistrement des médicaments traditionnels à base de plantes sans exiger les renseignements et les documents classiques des tests et essais cliniques sur la sécurité et l’efficacité , à condition qu’il existe suffisamment de preuves d’une utilisation médicinale du produit – éléments bibliographiques ou rapports d’experts détaillés -  pendant une période d’au moins 30 ans, dont au moins 15 ans dans la Communauté Européenne.
Toutefois, cette procédure même « simplifiée » par rapport à celle qui est prévue pour les médicaments classiques, reste trop lourde et coûteuse pour des petites structures artisanales, surtout si elles ont une grande gamme de remèdes à faire valider. Ce sont donc pas les plantes médicinales, mais les petits acteurs de la filière qui seront poussés vers l’illégalité le 1 avril 2011.

« L’approche adoptée aux Etats-Unis est un peu différente, mais a le même effet dévastateur. Les gens sont devenus des réceptacles pour toutes les cochonneries que l’industrie pharmaceutique et l’agrobusiness choisit de déposer, et nous n’avons d’autre choix que de payer le prix qu’ils demandent.
L’industrie pharmaceutique et l’agrobusinesss sont presque arrivés à contrôler chaque aspect de notre santé, depuis la nourriture que nous mangeons jusqu’à la façon dont nous nous soignons quand nous sommes malades. Soyez-en sûrs : cette prise de contrôle prendra tout ce qu’il reste de notre santé.
Dès le 1er avril prochain
Dans un des pires poisson d’avril de tous les temps, la directive européenne pour les produits à base de plantes médicinales traditionnelles (THMPD) a été décrétée le 31 mars 2004.(1)
Elle réglemente l’usage des produits à base de plante qui étaient auparavant librement échangés.
 »

Librement échangés!? Certainement pas en France, en tout cas où le libre échange des plantes n’existe plus légalement depuis le début du XIIIè siècle, époque de l’institution des corporations des professions de santé (apothicaires, herboristes, médecins, épiciers…).
De même, dans le plus grand nombre – la totalité ? - des autres pays de l’Union, des dispositions réglementaires légifèrent depuis très longtemps sur la question de l’échange des plantes médicinales.
A mon avis, derrière ce texte, ce sont les gros distributeurs de compléments alimentaires qui « crient au loup » car ils sont en guerre médiatique contre leur « ennemi naturel »: les gros distributeurs de l’industrie pharmaceutique.
Les producteurs du syndicat Simples ainsi que tous les petits acteurs indépendants de l’herboristerie européenne se trouvent quelque part dans un espèce de no-man’s land au beau milieu du front de la bataille et dans l’ombre de ces deux géants.

« Cette directive demande à ce que toutes les préparations à base de plante soit soumises au même type de procédure que les médicaments. Peu importe si une plante est d’un usage courant depuis des milliers d’années. »

Cette affirmation est encore fausse. En fait les exigences pour ces plantes sont réduites par rapport à celles d’un médicament classique. En fait,  une étude bibliographique scientifique détaillée et des rapports argumentés d’experts doivent apporter des éléments sur le recul d’usage traditionnel pour faire apparaître plausible l’efficacité du produit et réduire la nécessité de réaliser des essais précliniques et cliniques si l’usage traditionnel montre l’innocuité de ce produit dans des conditions spécifiées. Alors, l’autorité pourra conclure à un niveau satisfaisant de sécurité et d’efficacité du produit. En l’absence de données suffisamment documentées pour pouvoir bénéficier d’un classement en usage médical bien établi (dix années de recul), le recul d’utilisation est, pour relever d’un classement en usage traditionnel, d’au moins trente années, dont au moins quinze dans la communauté.
Ce dernier point génère de fait une discrimination culturelle injuste en faveur de la culture européenne et plus généralement
bibliographique.

« Le coût de cette procédure, estimé à 90,000 à 140,000 euros par plante, est bien au-delà de ce que la plupart des fabricants peuvent payer et chaque plante d’un composé doit être traitée séparément. »

Je ne sais pas si ces chiffres sont réels mais c’est clair qu’un remède traditionnel chinois ou ayurvédique composé parfois de 10 ou 15 espèces ne serait jamais « rentable » si on lui imposait un tel « péage ».

« Peu importe si une plante utilisée depuis des milliers d’années est sans danger et efficace. Elle sera considérée comme un médicament. »

Encore le même raccourci que précédemment.

« Bien sûr, les plantes sont loin d’être des médicaments. »

 Je ne suis pas forcément d’accord avec cette affirmation. Cela dépend de la définition entendue pour le terme médicament. Si médicament signifie produit pharmaceutique standardisé, je suis d’accord: les plantes ne sont pas des médicaments; mais si « médicament » signifie remède alors je ne suis pas d’accord. Il est indéniable que les plantes médicinales peuvent être des remèdes thérapeutiques même si elles ont le plus souvent d’autres usages.
C’est d’ailleurs pourquoi je plaide depuis plusieurs années pour le retour officiel d’herboristes formés et reconnus qui puissent aider le public à utiliser sereinement les plantes médicinales pour le bien de leur santé au quotidien.

« Ce sont des préparations faites à partir de sources biologiques. Elles ne sont pas nécessairement purifiées, car cela peut modifier leur nature et leur efficacité, comme pour tout aliment. C’est une distorsion de leur nature et de la nature de l’herboriste de les prendre pour des médicaments. »

Pas pour moi : les plantes médicinales peuvent soigner ou soulager des maladies et sont donc des médicaments. Il est toutefois évident que leur variabilité et leur recul d’usage souvent extrêmement important doit permettre de les différencier des médicaments de synthèse et de ne pas leur faire subir les mêmes obligations de contrôle et d’évaluation que ces derniers; obligations qui seraient en l’occurrence abusives et inadaptées.

« Cela, bien sûr, ne compte pas pour le monde pharmaceutique européen contrôlé par Big Pharma, qui a gravé le corporatisme dans le marbre de sa constitution.
Le Dr. Robert Verkerk de l’Alliance for Natural Health, International (ANH) décrit le problème qui se pose si l’on demande à ce que les préparations à base de plantes répondent aux mêmes normes de conformité que les médicaments :
Faire passer un remède classique à base de plante provenant d’une culture médicale traditionnelle non-européenne au travers du système d’autorisation de mise sur le marché de l’UE s’apparente à faire passer une cheville carrée dans un trou rond. Le système de régulation ignore les traditions spécifiques et n’est donc pas adapté. Une adaptation est requise de toute urgence si la directive est discriminatoire à l’égard des cultures non-européennes et viole par conséquent les droits de l’homme.(2)
 »

C’est vrai que ce système est discriminatoire; il favorise les remèdes issus des cultures dominantes. Il relègue à terme en dehors du circuit légal les cultures minoritaires et (ou) orales.
Cela relance d’ailleurs l’idée souvent abordée dans les réunions du syndicat de créer des ponts et de la solidarité entre les producteurs Simples et d’autres producteurs et herboristes du monde.

« Droit commercial.

Pour mieux comprendre comment cela peut se produire, il faut savoir que les lois du commerce ont été au centre des initiatives visant à mettre tous les aspects de l’alimentation et la médecine sous le contrôle de l’industrie pharmaceutique et de l’agrobusiness.”

C’est le modèle hypocrite, hégémonique et faussement libéral des multinationales qui gagne au nom du bien public du terrain dans toutes les institutions politiques.

« Si vous avez suivi ce qu’il s’est passé aux Etats-Unis concernant le lait cru et la Food and Drug Administration (FDA) qui déclare que les aliments se transforment par magie en médicaments quand on affirme qu’ils sont bons pour la santé, vous avez pu remarquer que la Federal Trade Commission (FTC) a pris part au processus. »

Dans notre pays, ce principe de l’allégation thérapeutique qui « fait » le médicament est inscrit depuis longtemps dans le Code de la santé publique.  A ce sujet, en France, La définition du médicament s’est considérablement étendue au cours du XXème siècle. A l’origine, pour simplifier, c’est une substance qui prévient ou traite les maladies, ainsi que l’avait d’ailleurs établi l’ordonnance du 4 février 1959 (JORF du 8/02/1959). Ensuite elle va également s’appliquer à toutes les substances qui peuvent restaurer, corriger ou modifier les fonctions organiques selon l’ordonnance n°827-67 parue au JORF du 28 septembre 1967, (ceci pour principalement répondre à l’apparition de la pilule contraceptive). En fait, cette nouvelle définition, beaucoup plus floue va permettre de justifier l’extension du monopole de la pharmacie à de très nombreux produits hygiéniques ou diététiques.

« Les aliments et les médecines traditionnelles sont considérés comme des questions commerciales plutôt que comme une question de droits de l’homme. Cela place les désirs des grandes corporations, plutôt que les besoins et désirs des gens, au centre des lois sur les aliments et plantes. C’est cette distorsion qui transparaît dans les déclarations outrageusement absurdes de la FDA, affirmant par exemple que les Cheerios (des céréales de petit-déjeûner) et les noix sont presque des médicaments simplement parce qu’on dit que c’est bon pour la santé. »

En France, à ce jour, il faut que la plante n’ait pas d’autres usage que thérapeutique pour être considérée comme une plante médicinale. (”Une plante médicinale est une plante présentant des propriétés médicamenteuses, sans avoir ni ne pouvant avoir aucune utilisation alimentaire, condimentaire et hygiénique” article L. 512, CODE DE LA SANTE PUBLIQUE). La  directive  N° 2004/24/CE ne semble pas remettre ce principe en cause.

« Le but de tout cela est de sécuriser le monde pour le libre-échange des méga-corporations. Les besoins et la santé des gens ne rentrent tout simplement pas en considération.
Comment combattre cette intrusion sur notre santé et notre bien-être
Ce n’est pas chose faite, du moins, pas tout à fait. Si vous tenez aux plantes, et si vous vous souciez des vitamines et autres suppléments, agissez s’il vous plait. Même si ces questions vous semblent sans importance, pensez aux gens pour qui ça l’est. Doit-on leur interdire le droit au traitement médical et aux soins de santé de leur choix ?
L’ANH lutte activement contre ces intrusions. Ils vont actuellement devant les tribunaux pour tenter de stopper la mise en application de la THMPD. Nous ne pouvons qu’espérer qu’ils réussiront, mais l’histoire récente montre qu’aucune manœuvre légale ne peut s’opposer à ce rouleau compresseur. Nous ne pouvons pas nous asseoir et attendre les résultats de leurs efforts. Nous devons voir leurs efforts comme faisant partie d’un tout, dans lequel chacun de nous joue un rôle.
C’est à nous—à chacun d’entre nous—d’agir. Si vous vivez en Europe, envoyez s’il vous plait une lettre ou un message à votre Membre du Parlement Européen. Consultez cette page pour trouver qui c’est et comment le contacter. Puis, envoyez une lettre déclarant, en termes non équivoques, que vous soutenez fortement l’action de l’ANH pour stopper la mise en application de la THMPD et que vous espérez qu’ils vont aussi prendre position pour les droits des gens et choisir les remèdes médicinaux.
Imaginez-vous devant vos enfants ou petits-enfants vous demandant pourquoi vous ne l’avez pas fait. Comment allez-vous leur dire que leur bien-être ne vous intéressait pas ? Comment allez-vous leur dire que regarder la dernière émission de télé-réalité importait plus que de consacrer quelques instants à écrire une simple lettre ?
C’est seulement en luttant activement que cette farce contre notre bien-être peut être stoppée. Si nous restons dans l’apathie, alors ça arrivera. Notre droit à protéger notre santé et celle de nos enfants est sur la balance. Si vous vous souciez du bien-être de vos enfants et petits-enfants, vous devez agir. Exprimez-vous, car maintenant, c’est le moment de vérité. Vous pouvez rester assis et ne rien faire, ou vous pouvez vous exprimer.
Et après l’avoir fait, parlez-en à toutes les personnes que vous connaissez. Dites-leur qu’il est temps d’agir. Il n’y a vraiment pas de temps à perdre. 
»

Je le redis, je ne souscrirai pas à l’appel de Mme Stevenson car il est erroné, subjectif et présente, à mon avis, un ton manipulateur qui dessert la cause qu’il veut soutenir.

Il existe en France et dans bien d’autres pays d’Europe des herboristes, des usagers, des producteurs, des enseignants, des scientifiques, universitaires, thérapeutes, médecins et même des politiques qui croient à l’avenir de la médecine traditionnelle des plantes et œuvrent pour la reconnaissance objective et indépendante de l’herboristerie à l’échelle européenne. Puissent-ils se rencontrer et se fédérer pour aboutir le plus rapidement possible.

 

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2010-10-13

L'UE interdit les plantes médicinales

 

herbals"Ainsi, selon les directives de l'Europe, la vente et l'usage de produits à base d'herbes médicinales s'en trouvera fort restreint. Nous sommes ici en présence d'une directive de l'UE pour l'harmonisation des procédures d'autorisation en matière de préparations à base d'herbes médicinales traditionnelles qui sont utilisées en médecine. Ainsi les produits de la Nature destinés à des usages médicaux doivent faire l'objet d'une nouvelle déclaration et sont soumis à autorisation. Dans tous les pays de l'UE, il sera donc interdit de vendre des herbes ou des plantes médicinales qui n'auraient pas obtenu d'autorisation.

 

"La même directive (THMPD= Traditional Herbal Medicinal Products Directive) stipule que tous les produits à base d'herbes médicinales qui ne sont pas considérés comme des aliments (tels que les épices), doivent être au bénéfice d'une autorisation THMDP dès avril 2011 pour pouvoir rester sur le marché.

La directive exige que toutes les préparations soient soumises à la même procédure que les médicaments chimiques. Peu importe que lesdits produits soient utilisés depuis des millénaires dans tous les ménages. Les géants de l'industrie pharmaceutique peuvent se payer les procédures d'autorisation mais comment un petit producteur pourrait-ilen faire autant alors que l'examen d'un produit ou d'un mélange de produits naturels se facture jusqu'à 120'000 euros ?

phytomortierA défaut, l'entreprise doit prouver, pour obtenir l'autorisation de mise en vente, la preuve que son produit a été utilisé depuis au moins 30 ans en toute sécurité et avec efficacité, dont 15 ans dans l'Union européenne. C'est un obstacle de taille que tous ne pourront pas franchir . Ceux des produits thérapeutiques en provenance de Chine, de l'Inde, du Japon ou de toute autre origine hors-UE et qui n'ont pas fait leurs preuves sur le territoire del'Union européenne sont exclus du marché.

Dans de nombreuses cultures traditionnelles, on utilise des produits non-végétaux tels que des tissus d'origine animale et des produits minéraux. Ceux-là sont interdits par la directive européenne. Cela signifie que les citoyens des pays de l'UE sont privés de médecine traditionnelle en provenance de pays lointains. Ils doivent y renoncer.

Dès sa mise en vigueur l'année prochaine, la directive THMPD n'autorise que trois catégories de produits à base d'herbes médicinales sur le marché de l'UE:

1 - Les produits qui ont une licence et qui ont été testés médicalement
2 - Les produits qui sont qualifiés de "traditionnels" sous le régime de la directive THMPD et qui ont été éprouvés.
3 - Les produits qui ne revendiquent aucune vertu thérapeutique et qui ne sont pas utilisés à des fins médicales.

"Cela signifie en principe que tous les produits naturels qui ont des propriétés thérapeutiques devront être traités à l'avenir comme des drogues dangereuses et qui devront d'emblée être testés pour s'assurer de leur innocuité.Cela est totalement absurde. Ainsi, par ce stratagème, la mafia de l'industrie pharmaceutique décidera toute seule ce qui convient à notre santé. Les solutions alternatives doivent disparaître. Le slogan implique que tout ce que produit la Nature est dangereux. Seul ce qui provient des laboratoires est sûr. Ils ont atteint leur but grâce à leur lobbystes qui ont convaincu les bureaucrates de l'UE ou qui leur ont plutôt graissé la patte... Cela, bien entendu, en chantant l'antienne de notre sécurité et de notre bien-être.

Pour prendre un exemple banal, celui qui offre des pruneaux secs parce qu'ils sont favorables à la digestion mais qui n'aurait pas d'autorisation, se rendra-t-il punissable, c'est bien ça ?

Comment cela est-il possible ? Tout simplement parce que les produits naturels ne peuvent plus être classés parmi les aliments mais doivent l'être parmi les médicaments. Ce qui est en cause, c'est une législation sur le commerce et sur les brevets. Maintenant, seuls les produits que l'on peut protéger par une marque et un brevet sont souhaitables car ils permettent l'instauration d'un monopole. Ce qui pousse à l'état naturel dans la nature est illégal.

resistancecitoyenneC'est ainsi que l'on protège notre santé et, en même temps, le chiffre d'affaires et les bénéfices des grandes entreprises. Il ne s'agit plus du tout d'une question de santé car elle leur importe nullement. Ce qui est en cause, c'est leur cupidité insatiable. Les politiciens et les autorités sanitaires sont leurs auxiliaires dévoués. Tous les bureaucrates qui pondent de telles directives sont placés sous le contrôle direct des grandes entreprises.  Tout ce que décide l'UE sert plus ou moins leurs intérêts et les PME et les consommateurs en subissent les inconvénients.

Jusqu'à quand tolérerons-nous que les gouvernements, les parlements et les bureaucrates n'agissent qu'en fonction des seuls intérêts des grandes entreprises et non pas dans le nôtre ? Allons-nous rester encore longtemps passifs en constatant que nos droits sont constamment rétrécis ?

Nous voulons décider seuls de ce qui est bon pour nous et quels produits nous voulous prendre, qu'il s'agisse de bombes chimiques ou de doux  produits thérapeutiques naturels. Il est temps d'agir avant qu'il ne soit trop tard.


» Adapté de sa source orginelle (en allemand): Schall und Rauch

» La pharmacologie chinoise en péril au niveau européen

Comments  
 +4 # superdjidane 2010-10-05 08:56
Cette fumisterie s'inscrit dans le cadre du Codex Alimentarius, norme visant à réglementer la nourtiture et les plante cultivées. A terme, seule l'agriculture arrosée au pesticides sera autorisée et les aliments devront être irradiés.
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 +3 # Izzy 2010-10-05 18:54
Le thé vert deviendra-t-il l’épine dans le pied de l’industrie pharmaceutique à combattre? Herbe médicinale par excellence réputée pour ses propriétés thérapeutiques des plus efficaces et recommandée pour réduire le stress, diminuer les risques de maladies cardiovasculaires, neurodégénératives, ophtalmiques, le taux de cholestérol, etc. (voir //fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9_vert ).
Le thé vert tendrait à démontrer que, dans une certaine mesure, il protégerait même les fumeurs du cancer des poumons!
Pas trop bon pour les fonds de poches des préventocrates à la solde de l’industrie en question!
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 +3 # Hypolithe 2010-10-06 03:19
Il faut ameuter tous les rebouteux et herboristes appenzellois eux qui peuvent exercer la médecine sans subir les foudres de crétins diplômés comme notre bon docteur Rielle qui doit prendre une veste mémorable de format XXXXXXXXXXXXXXXL lors des prochaines élections.
Lui et sa femme sont nos ennemis numéro 1. Ils doivent être combattu avec vigueur et détermination.
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 +1 # Izzy 2010-10-06 10:14
Si l’on en croit l’article du 26 septembre 2010, “Plantes: la science y croit” //www.lematin.ch/guide/sante/plantes-science-croit-327817 , les «gourous» de Bruxelles, les multinationales de la pharmacie, de l'agro-alimentaire et autres agences internationales de la santé n’ont vraiment pas perdu leur temps.

Extrait: "…D’ailleurs aujourd’hui, même des organismes comme l’OMS, l’EMA (Agence européenne du médicament) ou encore les NIH (Instituts nationaux de la santé américains) reconnaissent le pouvoir de différentes plantes, allant jusqu’à donner des directives sur leur utilisation et des mises en garde sur leurs éventuels effets secondaires.…»


Article ajouté le 2010-10-13




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