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Gayle Smith

De la guérilla au Bureau ovale : la vie criminelle de Gayle Smith

 

   
Thomas C. Mountain

Traduit par  Michèle Mialane
Edité par  Fausto Giudice

 

Ex-maîtresse d’un guérillero marxiste de la Corne de l’Afrique, Gayle Smith fait maintenant office de conseillère en chef d’Obama pour les affaires africaines  à la Maison Blanche. 

Gayle Smith a commencé sa carrière au service de l’Empire usaméricain à la fin des années 70 comme agent secret de la CIA, sous prétexte d’activités journalistiques dans la Corne de l’Afrique. Elle a pris son travail si à cœur qu’elle est devenue la maîtresse d’un guérillero connu sous le nom de « Jamaïque » appartenant au Front de libération populaire du Tigré (marxiste-léniniste pro-albanais), qui à l’époque combattait pour faire sécession d’avec l’Éthiopie, où le régime de Mengistu était soutenu par l’Union soviétique.
 
Intime des chefs du FLPT, Gayle Smith, dans les années 1960-1970, servait de lien entre la CIA et Meles Zenawi, le dirigeant du Front, futur Premier ministre éthiopien après la défaite du régime Mengistu face au Front de libération de l’Érythrée et sa chute, en 1991.
 
Gayle Smith est le principal artisan de l’ascension de Meles Zenawi, l’un des génocidaires les plus corrompus et les plus sanglants de l’époque moderne, et de son accession au groupe des dirigeants de stature internationale ? - il a été récemment invité au sommet du G20 à Séoul.
 
Après la chute du régime Mengistu en Éthiopie, en 1991, Gayle Smith abandonna sa carrière de « journaliste » dans la Corne de l’Afrique et accéda rapidement (moins de 3 ans) au poste de chef de l’United States Agency for International Development (USAID). Décideuse effective de cette « agence d’aide» de l’administration US, qui brasse des milliards, elle a été responsable - entre autres scélératesses - de la nomination de plusieurs agents de la CIA qui utilisent l’USAID comme couverture pour diverses activités criminelles dans le reste du monde.
 
Une journaliste qui réussit en quelques années à devenir le chef de la plus grande officine d’aide US ? De toute évidence le temps que Gayle Smith avait passé dans les tranchées de la Corne de l’Afrique avait attiré sur elle l’attention des plus influents parmi les membres des services secrets usaméricains.
 
Quelques années encore et Gayle Smith occupait une place de premier rang à la Maison Blanche :  sous Clinton elle dirigeait la section des Affaires africaines au Conseil national de sécurité. Haut placée au Conseil, elle se levait chaque matin aux aurores pour préparer le rapport d’estimation de la Sécurité nationale (National Security Estimate), ce rapport que lit le Président chaque matin au début de sa journée de travail. Chaque matin, qu’il pleuve ou qu’il vente, elle était à la Maison Blanche pour faire son exposé devant le Président Clinton et répondre à toutes ses questions relatives aux diverses activités de la CIA en Afrique.
 
Auparavant, Gayle Smith, qui dirigeait alors toutes les opérations de l’USAID, avait initié et coordonné l’aide multinationale - plusieurs milliards de dollars - qui permit de faire entrer les armes grâce auxquelles le régime de Meles Zenawi a fait de l’armée éthiopienne la plus nombreuse et la mieux équipée de toutes les armées africaines.
 
En 1998 Gayle Smith, en accord avec son chef et Conseiller national de sécurité Anthony Lake, dit « Tony », exigea obstinément de Meles Zenawi qu’il entre en guerre contre ses ex-compagnons d’armes en Érythrée, pays depuis peu indépendant sous la conduite du Front de libération de l’Érythrée, afin d’anéantir ce dernier et de recoloniser l’ex-« province » éthiopienne.
 
Il semble que Gayle Smith et autres valets de l’Empire US nourrissent une haine quasi pathologique envers tous ceux, hommes ou mouvements de libération, qui accèdent au pouvoir par la lutte armée et ne plient pas aussitôt le genou pour jurer fidélité à la Pax Americana. La devise nationale érythréenne est «  Ne jamais plier », ce qui condamnait le pays à l’écrasement, et c’est Meles Zenawi et sa mafia qui ont été choisis pour faire le sale boulot de nouveau gendarme des USA, fraîchement intronisé en Afrique de l’Est.
 
Le massacre qui s’en est suivi a reçu le nom d’« Holocauste dans la Corne de l’Afrique - la guerre oubliée ». 10 000 soldats éthiopiens ont été tués lors de la première offensive en 1998, suivis de 50 000 lors de la seconde en 1999 et, selon des estimations prudentes, 150 000 soldats éthiopiens ont perdu la vie au cours de la 3ème, en mai-juin 2000.
 
En outre l’invasion de l’Érythrée a entraîné le déplacement d’1,5 million d’Érythréens, devenus des réfugiés de l’intérieur. Si l’on y ajoute les victimes érythréennes - 19 000 hommes tombés au combat ou autres martyrs - cet holocauste a fait près de 250 000 victimes.
 
Près de 250 000 morts, 1,5 million de réfugiés, et dans tous ces crimes on retrouve la patte de Gayle Smith.
 
Mais la sinistre histoire n’est pas terminée, car le génocide actuellement perpétré dans la province éthiopienne de l’Ogaden est un sérieux concurrent au titre de pire crime contemporain contre l’humanité. Exécuté par la mafia de Zenawi, financé et supervisé par des gens tels que Gayle Smith, « conseillère en chef » d’Obama et spécialiste de la Corne de l’Afrique, le génocide en cours en Ogaden menace 12, voire 15 millions de victimes potentielles oubliées de tous.
 
Sauf de Gayle Smith, qui sait très bien à quel point la situation est désespérée et qui n’a rien trouvé de mieux, du haut de son poste d’observation élevé à la Maison Blanche, que d’ordonner à Meles Zenawi d’expulser toutes les autres organisations d’aide et d’augmenter l’aide logistique et financière que lui fournissent les USA. Elle a récompensé l’acte génocidaire en élevant Meles Zenawi au rang d’invité au sommet du G20.
 
Si un jour, en dépit des milliards « d’aide » occidentale, le régime de Meles Zenawi s’effrite puis s’effondre, peut-être -peut-être seulement- entraînera-t-il Gayle Smith dans sa chute.
 
Jusque-là, la vie criminelle de Gayle Smith continuera, avec la bénédiction personnelle du Président Obama. La maîtresse du guérillero, devenue familière du Président, est encore solide à son poste et prête à lancer ses créatures et leur cortège de meurtres et de chaos, voire de génocides, qu’importe, pour le salut del’Empire en déshérence qu’elle a si fidèlement servi.
 

Ndlt : Si la Corne de l’Afrique est bien un musée des horreurs, des génocides pires encore ont été commis ailleurs sur le continent. Le seul génocide rwandais a causé 800 000 morts, sur une population de 7 millions d’habitants environ. Au Congo la guerre civile, pas vraiment terminée, est le conflit armé qui a fait le plus de victimes depuis la Seconde guerre mondiale : près de 5 millions (sur 25 millions d’habitants), sans parler des blessés, des viols et surtout des déplacements catastrophiques de population qui ont fait place nette pour la spoliation des terres agricoles africaines. En outre je n’aime pas le ton de cet article, qui ressemble à un règlement de comptes, entaché en outre d’une certaine misogynie sous-jacente.

 

Meles Zenawi a gagné l'élection présidentielle de mai 2010 avec...99,6% des voix. "C'est difficile de dire, s'ils font la fête ou s'ils protestent". Dessin de Gado



13/12/2010

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