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France : Un acharnement hystérique

Un acharnement hystérique

Les parents d’élèves, les voisins de la famille Hauka Azanga, sont l’honneur de notre pays.

Par Dany Stive

Des dizaines de policiers mobilisés, des hélicoptères tournoyant au-dessus de l’aéroport de Lyon, plusieurs avions affrétés pour son seul transport. Il y a quelque chose d’hystérique, qui dépasse la logique de xénophobie et de division du gouvernement, dans l’acharnement que l’appareil d’État a montré -et peut montrer ànouveau- à l’égard de Guilherme Hauka Azanga. Les moyens déployés par l’administration française pour expulser ce père de famille angolais dépassent l’entendement mais, hélas, ils sont, jusque dans leur démesure, l’illustration d’une sinistre politique de l’immigration.

Nicolas Sarkozy, depuis la discussion du projet de loi de 2003 et sa volonté déclarée de « retrouver la maîtrise quantitative des flux » a régulièrement réaffirmé ce but. Et pour y parvenir, ayant fixé des chiffres, des quotas, àla force publique comme àses administrations, il a fermé les yeux sur les drames humains que cette politique a engendrés. Celui de Guilherme Hauka Azanga est le énième d’une trop longue liste. Cet homme vit, depuis huit ans, avec sa femme résidant légalement en France, et ils sont parents de deux enfants nés ici. Son crime est de vouloir vivre tranquillement en famille sous nos cieux. Mais cet homme a le malheur de ne pas avoir été « choisi » par le pouvoir pour vivre en France. Il fait partie de ces immigrés dont la venue en France est soi-disant Šsubie Ʈ Il n’est pas entré sur le territoire en étant assigné àun certain métier, pour une durée de séjour limitée dans le temps et subordonnée àun contrat de travail. Qu’il ait fui un pays, l’Angola, ravagé par les massacres, n’entre pas dans les schémas intellectuels de nos gouvernants.

Cette politique d’expulsion serait-elle justifiée par les nécessités économiques ? Même en oubliant toute considération humaine, personne n’en fait la démonstration. Mais surtout, personne ne peut, en conscience, tolérer que la diversité des situations de ces sans-papiers s’efface devant des chiffres et des quotas. L’existence de cet homme, si, par malheur, l’État français parvenait àle renvoyer en Angola, serait irrémédiablement broyée. Sa vie est en France, nulle part ailleurs. C’est ce dont étaient persuadés les hommes et femmes qui se sont mobilisés pour Guilherme et sa famille. Des personnes qui, jusqu’ici, ignoraient tout de l’action politique, syndicale ou associative. Ils ont été les témoins directs de l’infâme politique mise en εvre par Éric Besson. Voir un père de famille attentif àl’éducation de ses enfants, et qui ne présente aucun danger pour la société, braqué par les policiers sous leurs yeux les a révulsés et les a confortés dans leur combat. Leur ténacité n’est sans doute pas pour rien dans l’acharnement gouvernemental. Il fallait briser cette résistance et décourager toute velléité d’opposition.

Faire oublier que la migration est vieille comme l’humanité. Faire oublier qu’il s’agit d’un droit fondamental qui a été solennellement affirmé dans l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 : les gens doivent pouvoir circuler librement d’un pays à un autre. Les parents d’élèves, les voisins de la famille Hauka Azanga sont l’honneur de notre pays. Tout comme les pilotes de ligne qui ont refusé de transporter un homme ficelé et bâillonné dans leur avion. Les parents d’élèves, les voisins de la famille Hauka Azanga sont l’honneur de notre pays.



11/04/2010

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