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Europe : merci à la BNS

Europe : merci à la BNS

Edition : A l'heure suisse

Christine Lagarde et Jean-Claude Trichet peuvent dire merci à la Banque nationale suisse. Grâce à la BNS, l'euro a repris un peu de couleur. L'institut suisse d'émission a acheté 105 milliards d'euros au premier semestre. Pas pour faire plaisir à la ministre française de l'Economie ou au président de la Banque centrale européenne, mais pour freiner l'envolée du franc suisse, qui pénalise les exportateurs. Actuellement, selon le dernier bulletin de la BNS, 70% des placements sont en euros. Beaucoup plus que les avoirs en dollars, en yen, en livres sterling ou en dollars canadiens.

Evidemment, ces achats massifs d'euros ont coûté cher à la BNS : 4 milliards de perte au premier semestre. Ce n'est pas trop grave, car la BNS a pour mission d'assurer la stabilité des prix en Suisse et pas de faire des bénéfices.  Malgré tout, la BNS versera cette année 2.5 milliards à la Confédération et aux cantons. Mais ce soutien massif inquiète l'ancien économiste en chef de la BNS, Kurt Schildknecht, qui affirme, dans un article paru dans Handelsblatt : «Au final, l'économie suisse devra d'une manière ou d'une autre payer l'addition».

En attendant, malgré la hausse du franc par rapport à l'euro, les exportations suisses se portent très bien : elles ont bondi de 8.2% au premier semestre et la balance commerciale est excédentaire de 9.9 milliards. De quoi rendre jalouse Christine Lagarde, alors que le déficit commercial de la France s'est creusé à 24.5 milliards d'euros.

Mais la hausse du franc suisse ne fait pas que des malheureux. Les dizaines de milliers de frontaliers français qui travaillent en Suisse et qui sont payés en francs ont vu leur salaire augmenter de 15%, sans faire la grève et sans rien demander. Cela ne durera pas, mais c'est toujours bon à prendre.



09/08/2010

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