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Etats-Unis : le sursis d'une condamnée à mort a été rejeté

Etats-Unis : le sursis d'une condamnée à mort a été rejeté

Teresa Lewis.
AP
Teresa Lewis.

Teresa Lewis, une femme blanche de 41 ans, sera exécutée jeudi en Virginie pour avoir commandité les meurtres de son mari et du fils de celui-ci. Le gouverneur conservateur de Virginie, Bob McDonnell, a de nouveau refusé, mardi 21 septembre, d'accorder sa grâce, et le dernier recours de la condamnée a été rejeté également dans la journée par la Cour suprême des Etats-Unis. Mais les abolitionnistes citent un cas d'école montrant l'injustice de la peine de mort. Aux Etats-Unis – où soixante condamnées attendent dans le "couloir de la mort" contre 3 200 condamnés – l'exécution d'une femme est un fait rare. Seules onze femmes ont été mises à mort depuis le rétablissement de la peine capitale en 1976, pour 1 215 hommes.

Teresa Lewis a avoué avoir laissé ouverte en octobre 2002 la porte de la caravane où elle vivait pour que deux complices, respectivement âgés de 19 et 22 ans, y pénètrent et tuent par balles son mari et le fils de celui-ci, un militaire âgé de 25 ans. L'objectif était d'empocher les assurances-vie des deux hommes. Teresa Lewis avait rencontré ses complices au supermarché, l'un d'entre eux était devenu son amant et elle avait encouragé sa fille de 16 ans à engager une relation avec le plus jeune.

"LA TÊTE DU SERPENT"

Tous trois ont plaidé coupable du double meurtre. Les deux auteurs ont écopé d'une peine de prison à vie, mais Teresa Lewis – qui avait renoncé à un procès en bonne et due forme – considérée par son juge comme l'instigatrice des meurtres, "la tête du serpent", avait-il estimé, a été condamnée à la mort. Les soutiens de cette mère de famille et grand-mère n'ont eu de cesse depuis de rappeler qu'avec un quotient intellectuel (QI) de 72, elle se situait à la frange de la maladie mentale, la rendant incapable de concevoir un tel plan. Son amant, en revanche, qui voulait devenir tueur à gages, était doué d'une intelligence au-dessus de la moyenne et avouait dans une lettre adressée en 2003 à une amie avoir pensé les meurtres. Elle était "exactement ce que je recherchais, une salope qui s'était mariée pour l'argent à qui j'allais faire facilement tourner la tête", avait-il écrit à propos de Teresa Lewis. L'homme s'est depuis suicidé en prison.
 

"La question n'est pas que Teresa Lewis est une femme et qu'elle devrait être traitée différemment, mais il serait extrêmement injuste que celle qui parmi les trois est la moins dangereuse pour la société, qui n'est pas davantage coupable que les autres et dont l'état mental appelle à la clémence, soit la seule à mourir pour ce crime", explique Richard Dieter, directeur du Centre d'information sur la peine de mort. La Cour suprême a rigoureusement interdit en 2002 l'exécution de condamnés présentant un retard mental.

Pour en savoir plus :

- Le site de soutien à Teresa Lewis qui retrace les grandes lignes de l'affaire et regroupe les pétitions en sa faveur : www.saveteresalewis.org

- La lettre de demande de grâce adressée au gouverneur McDonnell par l'avocat de Teresa Lewis, lundi 20 septembre

- Documents, analyses, histoire : un site très riche sur la peine de mort par le Death penalty information center

- L'article détaillé du New-York Times "Woman on death row runs out of appeals"

 



22/09/2010

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