PerleDeDiamant

PerleDeDiamant

Eric Cottier...bis....( AFFAIRE SÉGALAT )

L’enquête sur L. S. laisserait des zones d’ombre

AFFAIRE SÉGALAT | Alors que l’instruction se termine, la défense dénonce le manque de preuves. Le procureur parle, lui, de «présomption de culpabilité».

© GÉRALD BOSSHARD | La maison de Vaux-sur-Morges où, le 9 janvier dernier, a été retrouvée assassinée Catherine Ségalat, municipale. Son beau-fils est accusé du meurtre.


Justin Favrod | 23.09.2010 | 00:04

En janvier, Catherine Ségalat, municipale à Vaux-sur-Morges et épouse du libraire lausannois Roger-Jean Ségalat, est assassinée à son domicile. La police arrête son beau-fils, L. S., seul sur les lieux. Ce biologiste renommé de 45 ans est depuis en détention préventive.

L’enquête touche à sa fin, mais pour les avocats de l’accusé, les résultats des investigations sont insatisfaisants et la culpabilité de leur client est loin d’être établie. Travaillant avec Marie-Pomme Moinat, Stefan Disch estime qu’«il manque des pièces essentielles au puzzle». Le procureur général, Eric Cottier, reconnaît certes qu’il y a des zones d’ombre, mais il insiste sur le fait que chaque affaire criminelle en recèle. Il relève que plusieurs juges ont estimé successivement qu’il y avait suffisamment de «présomption de culpabilité». «Le juge d’instruction, le Tribunal d’accusation, puis le Tribunal fédéral ont refusé de le libérer jusqu’au procès. Et les juges jugeront.» Passage en revue des points principaux de l’enquête.

Circonstances
Un fait est admis par tous les protagonistes: il y a bien eu meurtre. Le rapport d’autopsie l’établit. Toutefois, d’après Stefan Disch, le déroulement et l’heure du drame n’ont pu être précisément déterminés. Selon lui, les enquêteurs ignoreraient dans quelle partie de la maison la belle-mère de L. S. a été assassinée. Par ailleurs, la compagne de L. S. entend lancer un appel à témoins pour préciser l’emploi du temps de l’accusé.

Mobile
Stefan Disch relève que le mobile du meurtre n’est pas établi, alors que les enquêteurs ont exploré trois pistes: sentimentale, financière et professionnelle. «Ils n’ont juste rien trouvé.» Faux, selon Eric Cottier: «Je constate qu’il existait des relations économiques entre l’accusé, son père et sa belle-mère.»
ARme du crime L’objet contendant qui a servi d’arme du crime n’a pas été retrouvé, malgré une battue organisée quelques mois après les faits.

Aveux
Depuis le début de l’enquête, L. S. nie toute culpabilité. En rentrant de l’Hôpital de Morges, où il était allé voir son père, il affirme avoir retrouvé sa belle-mère déjà morte.

Comportement
Avant d’appeler les secours, l’accusé a déplacé le corps, s’est changé et a nettoyé sommairement les lieux. Ce comportement constitue le principal argument qui l’incrimine. Aux enquêteurs, L. S. aurait argué qu’il a la phobie du sang, d’où son geste. Eric Cottier a une autre explication: «L. S., qui a étudié la chimie, connaît mieux que moi l’effet corrosif de l’eau de Javel sur d’éventuels indices.»

Qui d’autre?
«L’enquête a été entièrement focalisée sur mon client, dit Stefan Disch, et les autres pistes ont été très rapidement exclues.» Tout comme la compagne de L. S., il estime que la piste d’un cambrioleur surpris ne doit pas être écartée. Mais les enquêteurs n’ont trouvé nulle trace d’un éventuel rôdeur. «Ce n’est pas si étonnant. A l’extérieur, il y avait une tempête de neige, et, dans l’appartement, beaucoup de sang: ces circonstances auraient pu faire disparaître des indices d’une intervention extérieure.»

 


Les amis et collègues de L. S. s’organisent

Les proches de l’accusé mettent sur pied un comité de soutien. Ils viennent aussi de réunir quelque 200 signatures, réunies sur deux lettres envoyées en début de semaine au juge d’instruction chargé de l’enquête. La première lettre a été signée par les proches, parents, amis, dont des personnalités françaises, professeurs, éditeurs et artistes. Sur les 96 signatures, on ne dénombre que six Vaudois: L. S. a toujours vécu en France, travaillant à Lyon à la tête d’un laboratoire de biologie et résidant en Haute-Savoie. Les signataires ne se prononcent pas sur l’innocence ou la culpabilité de L. S., mais le décrivent comme un être dépourvu de violence, «calme et désintéressé dans ses relations». L’autre lettre a été signée par une centaine de ses collègues du CNRS, le Centre national de recherches scientifiques. Elle demande sa libération.

De telles manifestations influencent-elles la justice? «J’espère bien que non! s’exclame le procureur, Eric Cottier. Mais je ne suis pas surpris. Quand un ami est accusé d’un crime, la réaction naturelle est de ne pas y croire.» L’avocat Stefan Disch pense autrement: «Souvent, lorsque quelqu’un est accusé de meurtre, il est abandonné par ses amis. La fidélité donne un éclairage sur les qualités de mon client.»



23/09/2010

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 3 autres membres