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Deux milliards pour atténuer les symptômes du franc fort

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Deux milliards pour atténuer les symptômes du franc fort

Offensive | Après la Banque nationale, le Conseil fédéral annonce sa thérapie de choc contre le franc fort. Un traitement possible grâce aux excédents budgétaires
 
 

Romain Clivaz, Berne | 17.08.2011 | 23:07

Est-ce la dégustation de petite arvine, d’humagne rouge et de malvoisie qui a désinhibé le Conseil fédéral? Très critiqué pour sa discrétion ces dernières semaines, le gouvernement a frappé un grand coup, hier, à l’occasion de sa séance au Château Mercier, sur le splendide coteau sierrois (lire ci-dessous). Les sept Sages ont décidé de débourser 2 milliards de francs pour combattre les effets négatifs du franc fort. «Détrompez-vous, ils ont pris cette décision avant la dégustation», rassurait, le sourire en coin, le porte-parole André Simonazzi. La conférence de presse a eu lieu en fin de journée à Berne.

Le Conseil fédéral compte soutenir l’industrie d’exportation, le tourisme, l’innovation-recherche, les infrastructures et les consommateurs. Un plan d’action dont les grandes lignes étaient annoncées hier, en exclusivité, dans ces colonnes. L’excédent attendu des comptes 2011 permettra de financer le tout. Prudent, le gouvernement a simultanément annoncé des mesures destinées à prévenir une éventuelle surchauffe du marché hypothécaire, un effet indésirable possible de la politique monétaire offensive de la Banque nationale. Une politique que le collège «soutient».

Agenda serré

Concrètement, l’exécutif n’a pas encore dévoilé toutes ses cartes, et encore moins la répartition entre les différents secteurs. Il a par contre officialisé un agenda très serré. D’ici à la session d’automne, un message contenant l’ensemble des mesures sera présenté au parlement. C’est une «task force», soit un groupe de travail en langage fédéral, qui est chargé de ficeler le projet. Sachant que l’Assemblée fédérale se réunira dès le 12 septembre, ni l’administration ni les commissions parlementaires ne risquent le chômage technique.

Si le détail des mesures n’est pas encore connu, l’esprit l’est. Ainsi en matière de soutien au tourisme, des moyens supplémentaires seront probablement dégagés pour la promotion de la destination suisse, via Suisse Tourisme. Dans le domaine de l’innovation, c’est la Commission pour la technologie et l’innovation qui devrait toucher le gros lot. Elle est notamment chargée d’encourager la recherche dans les entreprises.

La piste de l’allégement des charges des entreprises semble également avoir été retenue. Cela passerait par une réduction temporaire des contributions des exportateurs et des hôteliers aux assurances vieillesse, invalidité et perte de gain. Johann Schneider-Ammann a reconnu «qu’il sera difficile de délimiter qui pourra ou non en bénéficier. C’est une des missions de la task force de définir les critères.»

Deux institutions seront également renforcées. Monsieur Prix, Stefan Meier­hans, obtiendra quatre postes supplémentaires. Même augmentation d’effectif du côté de la Commission de la concurrence, avec en plus une révision de la mal nommée loi sur les cartels. Objectif: mieux contrôler la répercussion des avantages de change et combattre les ententes. Qu’elles soient horizontales, par exemple entre concurrents dans la téléphonie, mais aussi verticales, entre fournisseurs et distributeurs.

Un signal fort

En charge du dossier avec sa collègue du Département des finances Eveline Widmer-Schlumpf (PBD), Johann Schneider-Ammann s’est montré à l’aise hier, soulignant le sérieux de la situation. Mais un libéral n’a-t-il pas mal au moment d’injecter 2 milliards de franc dans l’économie? «Non. Nous sommes dans une situation très particulière, qui risque bien de durer. Et à situation particulière, mesures particulières. Comme libéral, je peux parfaitement encaisser de telles mesures», a répliqué un ministre de l’Economie un peu contrarié.

Le Bernois s’est ensuite lancé dans un plaidoyer: «Et je vous dis une chose. Nous faisons une politique qui doit permettre le maintien de places de travail dans ce pays.» Evoquant un signal fort pour les entreprises, «que nous invitons à rester en Suisse et à y innover», l’ancien entrepreneur a conclu: «L’objectif est qu’au final nous ayons surmonté la crise sans suppressions démesurées d’emplois.»



18/08/2011

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