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De l'autre côté du neurone miroir

De l'autre côté du neurone miroir

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/63125.htm

Les neurones miroir tirent leur nom de leur propriété caractéristique : ils sont activés non seulement lorsque l'on effectue une certaine action mais également lorsque l'on observe la réalisation de cette même action par quelqu'un d'autre. Cette propriété pourrait être à l'origine de la capacité de l'être humain à décrypter le comportement de ses semblables, à "lire" leurs expressions faciales ou corporelles, à ressentir de l'empathie envers eux et à se "mettre à leur place". Ces cellules pourraient également jouer un rôle dans l'apprentissage par le biais de l'imitation. Cette caractéristique pourrait expliquer le développement tardif de certaines caractéristiques intellectuelles chez l'Homme au cours de son évolution, selon certains neuroscientifiques [1]. La première observation de ce phénomène remonte au début des années 1990 [2] et n'avait à cette époque pas été considérée comme une découverte d'importance. Récemment encore, l'existence de ce type de neurones chez l'Homme était sujette à controverse. Chez certaines espèces de primate, notamment les macaques, l'existence des neurones miroir est plus largement acceptée bien que leur rôle et leur action ne soient pas clairement définis.

Une équipe menée par Itzhak Fried, professeur de neurochirurgie, de psychiatrie et de sciences du comportement à l'Université de Californie, Los Angeles (UCLA) a publié en avril, dans la revue Current Biology, une étude démontrant l'existence de neurones miroir chez l'être humain. Au cours de cette étude, les chercheurs ont enregistré les réponses individuelles et groupées de 1177 neurones chez 21 patients, traités au Centre Médical Ronald Reagan de UCLA pour des problèmes d'épilepsie. Dans le cadre de ce traitement, des électrodes ont été insérées dans le crâne des patients afin de déterminer les zones à l'origine de la maladie. Les chercheurs ont utilisé ces électrodes afin de réaliser leurs mesures de l'activité individuelle des neurones dans deux situations différentes : lorsque le patient observe une action et lorsqu'il la réalise.

Cette étude a non seulement révélé l'existence de neurones miroir chez l'Homme mais a également montré que ces neurones étaient présents dans un plus grand nombre de zones du cerveau chez l'Homme que chez le singe. Ils ont en effet détecté la présence de ce type de cellules dans des zones motrices mais également dans des zones dédiées à la mémoire ou à la vision. De plus, la réponse des neurones est plus importante lorsque que le patient effectue l'action que lorsqu'il l'observe. Selon Roy Mukamel, principal auteur de l'étude, cette variation permet à l'observateur de distinguer ses propres actions de celles réalisées par ses semblables et lui évite de copier mécaniquement une action qu'il observe.

Ces découvertes montrent que les mécanismes cellulaires reliant les actions personnelles et celles observées sont plus complexes et étendus que ce que l'on croyait. Le dysfonctionnement des neurones miroir pourrait avoir un lien avec des maladies telles que l'autisme, qui sont caractérisées par des difficultés chez le patient à communiquer et à éprouver de l'empathie envers les personnes qui l'entourent. La caractérisation des mécanismes cellulaires susnommés pourrait par conséquent ouvrir la voie à de nouveaux modes de traitement.



25/04/2010

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