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Crise systémique : mythe et réalité

Crise systémique : mythe et réalité


Le 13 octobre 2009

Pour avoir une vision claire de la situation économique du monde il existe 2 solutions:

-la première consiste à vous informer vraiment. Je vous ai donc préparé une petite liste qui devrait vous permettre de trouver une information de qualité.

 

Il y a tout d'abord, les spécialistes qui osent dire la vérité (et encore, ils ne disent pas tout !): Nouriel Roubini, Paul Jorion, Frédéric Lordon, Abderrahmane Mebtoul, Pierre JC Allard, Ambrose Evans-Pritchard.

 

Il y a aussi le net avec quelques sites et blogs qui se démarquent : mon blog , Agoravox, Mouton Noir, Dazibaoueb, Betapolitique, Contreinfo, le blog de Pierre Jovanovic, Alterinfo, Le Grand Soir, Oulala.net, le Monde Dissident entre autres.

 

La deuxième solution, elle, est radicale: aller directement aux sources.


En effet, il existe encore (pourvu que cela dure!) des organismes qui analysent la réalité (oui, oui, je vous rassure!).

 

L'OCC, The Office of the Comptroller of the Currency, l'organisme de tutelle des banques US, fait très bien son travail qui est d'une qualité irréprochable. C'est d'ailleurs pour cela que personne n'en parle. Or, cet organisme a publié récemment 2 rapports (des preuves irréfutables) qui sont en totale contradiction avec le discours ambiant.

 

Tout d'abord, nous trouvons l'OCC's Quarterly Report on Bank Derivatives Activities qui fait un point précis sur l'état du marché des produits dérivés que Paul Jorion résume par un seul mot qui se passe de commentaires: les métastases.


Vous pouvez consulter directement ces rapports en pdf sur le site de l'OCC et celui du Second Quarter 2009 (2ème trimestre 2009) est en ligne depuis peu.

 

Vous apprendrez ainsi que le marché des produits dérivés continue de croître (page 10) mais, de plus, est presque totalement contrôlé par 5 banques (JP Morgan Chase, Goldman Sachs, Bank Of America, Citibank, Wells Fargo) pour un montant dépassant les 200 000 milliards de dollars (on parle en trillions), c'est à dire près de 4 fois le PIB mondial (voir graphique page 12). Je le répète pour que vous puissez bien l'ancrer dans vos têtes: 5 banques contrôlent un marché représentant 4 fois le PIB mondial (les montants exacts page 22)!!!

 

Pour ceux, comme les économistes de l'Ecole autrichienne qui croient encore dans la libre entreprise, il faut rappeler les paroles de Ludwig Von Mises lui-même : « Les gens qui se battent pour la libre entreprise ne défendent pas les intérêts de ceux qui se trouvent aujourd'hui être riches. »

 

Le deuxième rapport est encore pire et tord le cou à la soi disant "fin de la crise". Vous pouvez le trouver en ligne ici: OCC and OTS Mortgage Metrics Report, Second Quarter 2009.


En effet, il prouve que 11, 4 % des prêts hypothécaires ne sont pas remboursés et que les saisies immobilières ont augmenté de 16,9 % par rapport au premier trimestre (tableau page 8) avec 11 600 saisies par jour! C'est vrai, la crise est terminée aux USA, la guerre civile arrive!


Le rapport de juin 2009 sur les sans abris nous rappelle que ce ne sont pas 11 600 saisies qu'il faut retenir mais 11 600 familles jetées à la rue chaque jour, ceux qu'il nomme "les oubliés de la crise".

 

Ce qui est intéressant à noter, c'est que la plupart de ces maisons sont désormais détruites. (Source :Telegraph). Oui, oui, on jette des centaines de milliers de famille dans la rue pour détruire ensuite leurs maisons. Quel est le sens? Il ne manque plus qu'un gros tremblement de terre pour résoudre définitivement le problème!

 

La situation des USA est tellement grave que la Wegelin & Co. la plus ancienne banque de Suisse fondée en 1741, a demandé à ses clients de se retirer du marché US dans un document intitulé "l'adieu à l'Amérique ". 

 

Vous trouverez aussi sur mon blog un graphique intitulé « Fin des USA, la preuve » qui permettra de visualiser le problème.

 

Le problème majeur de cette crise réside donc dans l'absence de communication sur l'ampleur du désastre à venir. Le capitalisme n'est ni à refonder ni à réformer, un autre système est à créer et au lieu de changer le pansement, il vaudrait mieux penser le changement. Francis Neri, intellectuel remarquable, soulevait le seul et vrai problème:


« Nous avons une planète bipolaire ou d'un côté la consommation est extrême, et de l'autre, la démographie explosive. L'issue ne peut qu'être tragique. »

 

 Gilles Bonafi est professeur et analyste économique. Son blog : http://gillesbonafi.skyrock.com/



15/10/2009

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