PerleDeDiamant

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Créer des individus aliénés et abrutir les masses pour mieux les dominer.

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Analyse :

La fin de la propagande sioniste internationale
[ 04/11/2009 - 16:14 ]

Il faut d'abord dire quelques mots sur ce que nous entendons par propagande sioniste internationale. Il convient de distinguer entre propagande sioniste internationale et propagande sioniste menée à l'intérieur de l'État d'Israël. Une propagande sioniste internationale est le fait de groupes, de partis politiques, de lobbies juifs et non juifs, de gouvernements comme ceux des États-Unis et de l'Union européenne, etc. Par leur défaitisme, les pays arabes font indirectement de la propagande sioniste internationale. Rappelons qu'une propagande vise des objectifs et nécessite une organisation sophistiquée.

L'objectif de la propagande est la modification de la posture psychologique des individus en vue de l'action ou de prise de position par rapport à un problème donné. Pour atteindre son objectif, la propagande utilise des moyens de communication de masse, les mass medias. Dans nos sociétés capitalistes, ceux qui peuvent faire de la propagande, ce sont les grands groupes capitalistes et les États qui les servent, c'est-à-dire ceux qui détiennent les moyens financiers pour acheter et contrôler les mass medias.

Contrairement aux apparences trompeuses, il n'y a pas plusieurs propagandes dans les sociétés capitalistes, il ne saurait y avoir qu'une seule, la propagande capitaliste. Les « deux partis uniques » qui alternent au pouvoir pour mieux gérer les intérêts du Capital aux États-Unis et en Europe sont élus avec l'aide des mass medias détenues et contrôlées par ce même Capital.

Pour dissiper un dernier malentendu lourd de conséquences, il n'y a aucune différence entre la propagande politique des capitalistes privés et la propagande d'État, car l'une et l'autre concourent à une même fin, créer des individus aliénés et abrutir les masses pour mieux les dominer.

Cela dit, s'il est impossible de mener une contre-propagande à l'intérieur des États, il n'en est pas de même à l'échelle internationale où une propagande politique peut être combattue et neutralisée par une propagande adverse du fait de l'existence de clivages idéologiques entre les États. Par exemple, à l'époque de l'Union soviétique et du bloc socialiste, la propagande capitaliste internationale avait en face d'elle une propagande capable de la contrecarrer.

Pour annihiler les effets d'une propagande adverse, il faut d'abord se doter de moyens humains et matériels équivalents. Il faut ensuite repérer les thèmes centraux de la propagande adverse et les réfuter systématiquement en faisant apparaître leurs visées idéologiques et politiques. Aujourd'hui, grâce à l'internet et aux satellites, la propagande capitaliste et impérialiste mondiale a du plomb dans l'aile et elle commence à être combattue, neutralisée et démasquée comme propagande.

Mais dès lors qu'une propagande a été démasquée comme propagande, elle perd ses effets escomptés. Nous nous trouvons aujourd'hui dans le même cas de figure qu'à l'époque de l'union soviétique et du bloc de l'Est, avec l'émergence d'une contre-propagande menée sur la scène internationale par de nouveaux dirigeants politiques comme le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et le président vénézuélien Hugo Chavez, qui n'hésitent pas à se servir des conférences internationales comme tribune politique pour vilipender le sionisme et l'impérialisme. Sans parler d'autres supports d'information indépendants qui ne sont plus tributaires des multinationales de l'information occidentales pour retransmettre leurs propres images, fabriquer leurs propres nouvelles et fournir leurs propres interprétations des faits et des événements. Nous voilà donc à un tournant qui annonce non seulement la fin de la propagande capitaliste, impérialiste et sioniste mais la fin de toutes les propagandes.

LE DESSOUS DE LA PROPAGANDE SIONISTE INTERNATIONALE

Quand on parle de la propagande sioniste internationale, on pense immédiatement et machinalement au lobby israélien aux États-Unis et en Europe. C'est notamment la thèse soutenue en 2006 par John Mearsheimer et Steven Walt, qui considèrent que la politique étrangère américaine au Moyen-Orient est sous influence d'un puissant lobby israélien qui lui imprime ses actions et ses orientations.

Sans nier aucunement l'influence de ce lobby, surtout au congrès et à la Chambre des Représentants, sa puissance a été exagérée volontairement justement par la propagande sioniste internationale elle-même pour faire croire que les juifs sont des hommes super intelligents, dotés d'un QI supérieur aux autres et d'un pouvoir manipulateur hors du commun.

On parle trop souvent du lobby israélien aux États-Unis ou en Europe mais on ne parle pas assez ou pas du tout de tous ces groupes obscurs et de tous ces lobbies non juifs et non sionistes qui exercent discrètement et sournoisement une influence considérable sur les orientations de la politique étrangère américaine et européenne au Moyen-Orient. Les villes américaines sont peuplées de groupes de pression, de think tanks de tous genres, d'institutions, civiles, religieuses, politiques, de centres de recherche politiques, stratégiques et militaires, de fondations comme le NED (National Endownment for Democracy), Fondations Soros, Fondations Rockefeller etc. qui sont des groupements non juifs et non sionistes mais qui font une propagande active et efficace tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des États-Unis en faveur du soutien inconditionnel à l'entité sioniste en Palestine. Le lobby israélien aux USA et en Europe ne représente en fait qu'un petit groupe très minoritaire par rapport à une myriade d'autres groupes non juifs et non sionistes qui agissent dans l'ombre et qui apportent un soutien indéfectible à Israël.

Rappelons par ailleurs que le but de ces groupes non juifs et non sionistes n'est pas franchement l'amour du juif et l'État d'Israël mais la planification et la préparation des prochaines guerres impérialistes au Moyen-Orient. Plus précisément, le travail de ces think tanks non juifs et non sionistes consiste à semer des troubles et à fomenter des conflits au sein des sociétés arabo-musulmanes quand bien même ces dernières représentent un terrain fertile et réceptif à toutes les sollicitations extérieures du fait de leur composition ethnique et religieuse.

Ceux qui mettent en avant ou exagèrent la puissance du lobby israélien cherchent en réalité à détourner les regards du vrai danger qui menace le Moyen-Orient, qui est moins l'entité sioniste que la soldatesque des États-Unis. En se focalisant sur le lobby israélien aux États-Unis, on occulte par ailleurs les vraies motivations de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient qui, rappelons-le au passage, ne sont ni morales, ni religieuses ni éthiques mais la protection des intérêts du capital et des multinationales. Israël représente certes une menace permanente au Moyen-Orient mais ce qui menace le plus cette région, c'est l'impérialisme américain. Le soutien américain inconditionnel n'est pas spécifique au seul État d'Israël, c'est une constance de la politique étrangère américaine que l'on relève dans bien d'autres régions du monde, en Afrique, en Europe ou en Amérique latine.

L'aide apportée par les États unis à leurs alliés est conditionnée comme toujours par leur degré de fidélité et leur coopération directe ou indirecte pour la protection des intérêts des multinationales américaines. Par conséquent, le soutien des États-Unis à l'État d'Israël dépend de la position hautement stratégique qu'occupe l'entité sioniste dans la mise en œuvre de l'hégémonie américaine au Moyen Orient. Ce sont cet enchevêtrement et cette collusion entre les intérêts stratégiques et tactiques des États-Unis et d'Israël qui empêchent de bien discerner les objectifs visés par la propagande impérialiste américaine et ceux de la propagande sioniste internationale.

Essayons de voir par ailleurs de quelle manière la propagande sioniste internationale sert les intérêts du grand capital américain et accessoirement le grand capital européen au Moyen-Orient.

L'existence de l'État sioniste au cœur du Moyen-Orient est d'abord et avant tout une source de conflits et de tensions permanents dans cette région du monde. C'est déjà une affaire juteuse pour les États-Unis et pour l'Europe, ou plus précisément pour les marchands d'armes et le complexe militaro-industriel. À intervalles réguliers, pour pouvoir survivre et maintenir l'unité de ses populations que tout sépare, l'histoire et la géographie, Israël est condamné à faire des guerres et à entretenir des tensions permanentes au Moyen-Orient.

Dans les années 1950, Moshé Dayan a affirmé qu'Israël n'avait pas besoin d'une alliance militaire car il n'est menacé ni par ses voisins arabes ni par les Palestiniens qui n'ont pas d'armes. La grande menace qui pèse sur Israël, dit-il, est le maintien de son unité intérieure et dans ce dessein il fallait sans cesse faire peur aux Israéliens en leur racontant des histoires comme par exemple les Américains et les Anglais sont en train de débarquer dans le désert du Néguev.

Cet aveu de Moshé Dayan confirme le fait que l'État d'Israël n'est pas un État créé pour des juifs européens persécutés et victimes de l'antisémitisme et de l'holocauste, mais comme une simple base militaire occidentale, appelée à jouer le rôle de gendarme et du berger allemand au Moyen-Orient. Ces guerres à répétition sont donc du pain béni pour les marchands d'armes et le complexe militaro-industriel américain et européen. D'ailleurs, si l'État sioniste n'avait pas existé, les marchands d'armes et le complexe militaro-industriel l'aurait inventé. Autrement dit, Israël n'est autre chose qu'un marchepied et un pion au service des marchands d'armes et du complexe militaro-industriel.

Après chaque conflit armé, les marchands d'armes et les représentants du complexe militaro-industriel américain et européen accourent en Israël pour faire le point avec les militaires sionistes sur l'efficacité des armes utilisées contre les populations civiles palestiniennes et libanaises, et cela dans le but de les perfectionner pour les prochaines guerres. Après chaque guerre, les think tanks états-uniens, européens et sionistes se mettent aussitôt au travail pour préparer les prochaines guerres moyen-orientales avec à la clé le futur plan de campagne et le prochain ennemi à abattre. Avec les guerres et les conflits armés au Moyen-Orient, les marchands d'armes et le complexe militaro-industriel font deux coups avec une seule pierre en vendant les armes dernier cri aux Israéliens et les armes défensives ou presque obsolètes aux États arabes voisins.

Naturellement avant chaque guerre, il faut préparer psychologiquement les opinions publiques occidentales grâce à une intense propagande. Depuis l'effondrement de l'Union soviétique, la collusion entre la propagande impérialiste américaine et la propagande sioniste internationale est parfaite et les deux propagandes ont travaillé ensemble, main dans la main et elles ont conjugué leurs efforts pour en finir avec tous les régimes qui faisaient obstacle à l'hégémonie des États-Unis au Moyen-Orient.

La première guerre du Golfe avait déjà été planifiée une dizaine d'années avant, c'est-à-dire après la fin de la guerre Iran-Irak en 1980. Avant le 11 septembre 2001, la propagande impérialiste et la propagande sioniste avaient déjà désigné les futurs ennemis à abattre, les États de l'Axe du mal ou les États voyous (Rogue States), l'Irak, l'Iran et la Corée du Nord. Pour mener leur propagande guerrière et pour violer psychiquement les opinions publiques occidentales, les marchands d'armes et le complexe militaro-industriel ont fait main basse sur les mass medias aux États-Unis et en Europe. Aux USA, parmi les dix grands groupes de communication, sept sont contrôlés par des marchands d'armes et par le complexe militaro-industriel. Par exemple, General Electric est la maison mère de la chaîne américaine NBC.

Le cas de la France est assez éloquent à cet égard puisque les mass medias sont aujourd'hui contrôlées par deux marchands d'armes, Lagardère et Dassault. La collusion est donc parfaite entre les intérêts du complexe militaro-industriel américano-européen, la propagande sioniste internationale et la propagande impérialiste américaine.

CONTRE-PROPAGANDE ET NEUTRALISATION DE LA PROPAGANDE SIONISTE INTERNATIONALE

La propagande sioniste internationale est fondée sur la suggestion émotionnelle qui a si bien réussi à Hitler pour accéder au pouvoir en Allemagne. La propagande de type émotionnel n'est pas à vrai dire une prérogative des dictatures, car on trouve aux États-Unis et en Europe des techniques similaires visant à exciter l'émotivité et l'impulsivité des individus. Dans le plan de campagne de la propagande sioniste internationale, on trouve une série de fables et de légendes fabriquées pour le besoin de la cause, comme le droit historique des juifs sur la terre de la Palestine et l'holocauste devenu une industrie. L'holocauste, qui est une autre manière d'exciter l'émotivité, a été mis à contribution pour légitimer l'occupation israélienne et pour couvrir les exactions et les atrocités commises à l'égard des populations civiles palestiniennes. (Sur les origines du sionisme, lire cet excellent article de René Castillon. Pour une critique pertinente du droit historique des juifs, voir l'article documenté de Frédéric Courvoisier sur le site Mecanopolis, « L'exil du peuple juif remis en cause ».)

Aujourd'hui, le thème de l'éternelle victimisation du juif est en perte de vitesse et ne fait plus recette. Les crimes à répétition commis par les forces d'occupation sioniste en Palestine et l'extension de la colonisation de la terre palestinienne démasquent jour après jour les mensonges de la propagande sioniste internationale. Quand on parle de la fin de la propagande sioniste, cela veut dire concrètement qu'une propagande adverse, en l'occurrence une propagande antisioniste, fera appel à des données factuelles pour montrer que la propagande sioniste internationale n'est qu'un tissu de mensonges. La propagande antisioniste se doit d'évoquer des faits et des événements réels en évitant la propagande émotionnelle. Pour convaincre, la propagande antisioniste doit diffuser ses propres images, produire ses propres informations et donner ses propres interprétations des faits et des événements. Les multinationales de l'information occidentales n'ont plus aujourd'hui le monopole de la production des images et de l'information et elles ont perdu du coup l'exclusivité dans l'interprétation des faits. Les sources d'information se diversifient et se multiplient en permettant à tout un chacun de confronter des points de vue différents sur la même question.

Aujourd'hui, chacun des protagonistes au Moyen-Orient possède ses propres moyens de propagande par lesquels il s'exprime et combat la propagande adverse. Pendant la première guerre du Golfe, CNN était le seul organe de propagande américano-sioniste. Depuis, CNN a perdu le monopole de la propagande à cause de l'émergence d'une chaîne arabe concurrente, Al-Jazira. Pendant la guerre libanaise de l'été 2006, l'aviation israélienne a bombardé en premier Al-Manar, l'organe de propagande du Hezbollah. Le Hamas palestinien a sa radio et sa télévision. Sous la pression du lobby sioniste en France, le gouvernement français a interdit la diffusion de la chaîne Al Manar.

Durant la guerre sur Gaza, malgré le bouclage et l'interdiction faite aux journalistes étrangers de filmer le massacre et des exactions commis à l'égard des populations civiles palestiniennes, le monde entier a tout de même pu découvrir à travers les images diffusées par la chaîne Al-Jazira, les corps d'enfants palestiniens, déchiquetés et brûlés par les bombes à phosphore. Le monde entier a ainsi pu voir et constater de visu, la sauvagerie et la barbarie sioniste en Palestine. Grâce aux images d'Al-Jazira et d'observateurs étrangers, européens, américains, le monde entier a pu se rendre compte que les victimes d'hier de l'holocauste juif deviennent aujourd'hui à leur tour des bourreaux et des criminels de guerre en commettant massacre après massacre à l'égard les populations civiles palestiniennes. La propagande sioniste internationale ne pouvait rien contre les images diffusées par satellite, car ces images parlent d'elles-mêmes et elles n'ont besoin ni de long discours ni de commentaires. Les membres des ONG et des organisations internationales de défense des droits de l'homme présentes sur place durant la guerre contre Gaza ont tout vu et ils ont filmé les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis par l'armée sioniste dans les territoires occupés. D'ailleurs, pour établir son rapport, la commission Goldstone qui, par ailleurs a été empêchée d'enquêter sur place, a puisé l'essentiel de ses informations dans les reportages et les rapports réalisés par des ONG et des organisations humanitaires indépendantes.

N'ayant plus la maîtrise absolue de la production de l'image et de l'information, la propagande sioniste internationale s'est trouvée désarmée et elle a du coup manqué son objectif, celui de berner et de manipuler, comme par le passé, les opinions publiques occidentales. La mobilisation sans précédent de celles-ci en faveur des Palestiniens et contre Israël durant la guerre de Gaza, une attitude contrastant bizarrement avec les positions pro-sionistes des gouvernements européens, montrent à quel point la propagande sioniste internationale a perdu la guerre de l'image et de l'information et elle s'est démasquée comme propagande.

Les enceintes internationales deviennent de plus en plus un lieu de propagande antisioniste. Au mois de septembre, lors de la réunion annuelle de l'Assemblée générale des Nations-unies, le colonel Kadhafi, après avoir déchiré la Charte des Nations Unies, a accusé l'organisation onusienne d'avoir fomenté et cautionné 67 guerres depuis sa création et il a réclamé, entre autres, l'ouverture d'une enquête internationale sur le massacre de Sabra et Chatila et l'invasion de la Bande de Gaza en 2008. Les fulminations et diatribes du président vénézuelien Hugo Chavez contre l'impérialisme américain et l'expulsion de l'ambassadeur israélien pendant la guerre de Gaza s'apparentent à une forme de propagande antisioniste. La colère et le départ précipité de Davos en Suisse du premier ministre turc, Regip Taeb Erdogan, suite à des propos prononcés par le président israélien Shimon Peres contre le Hamas palestinien sont une manière personnelle de s'opposer à la propagande sioniste internationale.

Par ailleurs, certains chefs d'États arabes osent aborder la question du nucléaire israélien en brisant un tabou sur la question de l'arme atomique au Moyen-Orient. Le colonel Khadafi a déclaré lors d'une interview diffusée lundi 26 octobre par la chaîne britannique Sky News, que les Égyptiens, les Syriens et les Saoudiens ont le droit de posséder l'arme atomique au même titre qu'Israël. Dans une interview au Sunday Times, le premier ministre turc Erdogan a reproché à l'Occident son acharnement à l'égard du nucléaire iranien alors que les mêmes membres du Conseil de Sécurité qui veulent empêcher l'Iran de se doter de l'arme atomique, possèdent chacun son propre arsenal nucléaire.

Depuis deux décennies, les délégations des États arabes demandent à l'AIEA d'enquêter sur le nucléaire israélien mais en vain. Dernièrement, une résolution présentée par les pays arabes et votée par 49 voix contre 45, demande au président de l'AIEA Mohammed El Baradei de soumettre le nucléaire israélien à des inspections au même titre que le nucléaire iranien. Mais Israël a refusé toute inspection de ses installations nucléaires ainsi que toutes formes de coopération avec l'agence onusienne sous prétexte qu'il n'est pas signataire du traité de non-prolifération nucléaire. Quelle serait l'attitude de la soi-disant communauté internationale si c'est un État arabe qui refusait l'inspection de ses installations nucléaires ? Bush et Blair ne sont-ils pas allés en Irak sous prétexte que le régime de Saddam Hussein cachait des armes de destruction massive ? Comprenne qui pourra.

Indéniablement, c'est le président iranien Mahmoud Ahmadinejad qui se révèle sur la scène internationale comme un redoutable propagandiste antisioniste en brisant des tabous et en mettant en selle des thèmes que personne n'ose aborder en Occident tels l'holocauste et l'antisémitisme, sous peine d'être poursuivi et condamné pour négationnisme. Il faut bien reconnaître qu'avant Ahmadinejad, aucun chef d'État n'a eu le courage et n'a osé poser la question de l'holocauste, de l'antisémitisme et les conditions qui ont été à l'origine de la création de l'État d'Israël. Quand le président iranien monte sur les tribunes internationales, il pose la question de l'holocauste et de l'origine de l'État d'Israël en avançant des arguments dont certains sont certes discutables et même critiquables, mais d'autres sont pertinents.

Je reproduis ici un extrait d'une interview donnée par la président iranien à l'hebdomadaire Newsweek, où il aborde entre autres la question de l'holocauste et les victimes juives de la Seconde Guerre mondiale.

Newsweek : Alors que l'Iran tente de renouer des liens avec l'Occident, pourquoi à nouveau nier la réalité de l'Holocauste, quand ces thèses sont si aisément réfutables ? Ne pensez-vous pas que l'Holocauste est un sujet important ?

Mahmoud Ahmadinejad : Oui, je pense que c'est le plus grand crime du XXe siècle.

Vous êtes donc d'accord sur le fait que le sujet est important. Pensez-vous que l'Holocauste est encore d'actualité aujourd'hui, qu'il nous concerne encore aujourd'hui par ses effets ?

Pouvez-vous m'expliquer en quoi il influe sur les questions de l'heure ?

Ce que je pense importe peu, M. le président, c'est ce que vous pensez qui compte.

Bien sûr, mais je voudrais que nous puissions échanger nos points de vue afin de pouvoir régler une question.

Le monde voudrait savoir ce que vous pensez.

De quel monde parle-t-on ici ?

L'Iran tente d'améliorer ses relations avec l'Occident, c'est du moins ainsi que je le comprends. Il est clair que l'Holocauste a eu lieu. Pourquoi dire qu'il n'a pas eu lieu ? Pensez-vous qu'il ne devrait pas y avoir un état Juif ? Pas d'Israël ?

Ce que je dis est extrêmement clair. C'est une approche académique d'un sujet d'importance capitale, qui se fonde également sur des considérations humanitaires. Ce que je dis, c'est que bien des choses sont survenues tout au long de l'histoire, et qu'au cours de la seconde guerre mondiale, bien des crimes ont été commis. Plus de 60 millions de gens ont été tués, encore plus déplacés. Il se pose donc un certain nombre de questions spécifiques quant aux événements de la seconde guerre mondiale, et je pense qu'on ne pourra trouver de réponses à ces questions dans la propagande que diffusent les médias. Au bout du compte, il faut des réponses convaincantes à ces questions. La première chose que je voudrais comprendre, c'est la raison pour laquelle, étant donné tout ce qui s'est passé au cours de la seconde guerre mondiale, on met l'accent sur l'Holocauste plus que sur tout autre [événement] ?

Disons que les crimes de Staline étaient de même gravité.

La seconde question est : pourquoi les hommes politiques en occident sont tellement obsédés par ce problème ? La troisième question est : de quelle façon cet événement est-il relié aux problèmes que nous pouvons observer autour de nous dans le monde d'aujourd'hui ? Fut-il un événement historique isolé, sans impact sur la situation présente ? La question qu'on doit se poser ensuite est : si cet événement s'est produit, où s'est-il produit, qui en sont les responsables, et quel fut le rôle du peuple palestinien ? Quel crime a-t-il commis pour mériter ce qu'il a subi en conséquence ? Pour quelle raison le peuple palestinien devrait-il être brimé ? Saviez-vous que plus de cinq millions de Palestiniens ont été déplacés, et bénéficient du statut de réfugié ? Quel rôle ont-ils joué dans l'Holocauste ? Pourquoi exploite-t-on l'Holocauste comme prétexte à l'occupation de la terre d'un autre peuple ? Pourquoi les Palestiniens devraient-ils donner leur vie en échange ? Vous devez savoir que les habitants de Gaza ont dû subir plusieurs embargos.

Et ceux-ci ont lancé des frappes contre Israël au moyen de missiles.

En fin de compte, les habitants de Gaza sont dans leur maison, c'est leur vie, et c'est leur terre. Qui est l'occupant ici ? Quel régime d'occupation est condamné par les résolutions des Nations Unies ? Quel esprit juste pourrait accepter qu'un événement qui s'est déroulé en Europe entraîne l'occupation de sa terre, autre part dans le monde ? Si un crime a été commis en Europe, pourquoi les habitants de Palestine devraient-ils en payer le prix ? La question est simple à comprendre. Malheureusement, les politiciens occidentaux refusent de répondre à ces questions, et préfèrent changer le sujet. Nous sommes opposés par principe au meurtre d'êtres humains. Soixante millions de gens ont été tués à l'époque [de la seconde guerre mondiale] et c'est effectivement très regrettable. Peu importe quelles étaient leur foi ou leurs opinions — c'étaient des êtres humains et leurs vies auraient dû être respectées du seul fait que c'étaient des êtres humains. Je voudrais souligner que nous ne vivons pas dans le monde d'il y a soixante ans. Nous vivons aujourd'hui. Nous considérons l'Holocauste comme un prétexte au génocide commis sur le peuple palestinien.

Lire l'intégralité de cet interview.

À Genève, le 20 avril 2009, lors de la conférence de Durban II sur le racisme, Ahmadinejad évoque les conditions dans lesquelles a été fondé l'État d'Israël provoquant ainsi le retrait précipité des délégations occidentales présentes dans la salle.

Voila ce que dit le président iranien à propos de l'État d'Israël « A la fin de la deuxième guerre mondiale, prenant prétexte des souffrances juives ils (les Européens, ndlr) ont eu recours aux moyens militaires pour créer une nation de sans abris. Ils ont envoyé des migrants d'Europe et des États-Unis et d'autres parties du monde afin d'établir un gouvernement totalement raciste dans la Palestine occupée. » (sur l'analyse du discours d'Ahmadinejad à la conférence de Durban sur le racisme à Genève, lire l'article de Frédéric Courvoisier : Mahmoud Ahmadinejad à la Conférence de « Durban II » : Une vérité qui dérange.)

En guise de conclusion, il convient d'évoquer la géographie politique du vote du rapport Goldstone. L'analyse du vote marque la fin de la propagande sioniste internationale et une timide prise de conscience des pays du Tiers-monde vis-à-vis d'un État, l'État sioniste, qui, jusqu'ici, a violé toutes les lois internationales et qui a bénéficié, grâce à la complicité occidentale, d'une impunité parfaite. Mais n'allons pas vite en besogne, car ce n'est pas demain que nous verrons les criminels de guerre sionistes, les mains enchaînées, en train de répondre de leurs crimes devant un Tribunal Pénal International, devant la Cour Pénale Internationale ou devant une instance pénale nationale.

Après la guerre de Gaza, l'inquiétude gagne le rang des hauts responsables militaires et politiques israéliens menacés de poursuites judiciaires ou d'arrestations lors de leurs déplacements à l'étranger. Pour les informer sur les pays à risque, notamment l'Espagne, une cellule spéciale a été mise en place au Ministère des Affaires étrangères.

Cela étant dit, revenons à présent au rapport Goldstone. Le rapport Goldstone a été adopté par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU par 25 voix contre 6 voix.

Les États qui ont voté pour le rapport Goldstone sont : Bahreïn, Djibouti, Egypte, Jordanie, Qatar, Arabie saoudite, Pakistan, Indonésie, Bangladesh, Sénégal, les Etats d'Amérique centrale et du sud (Brésil, Argentine, Bolivie, Chili, Cuba, Nicaragua), Nigeria, Afrique du sud, Zambie, Ghana, Inde, Philippines, Chine, Russie.

Les États qui ont voté contre, ce sont les États-Unis et leurs satellites, Italie, Hollande, Norvège, Slovaquie, Ukraine et Hongrie.

11 Pays se sont abstenus comme l'Allemagne, la France, la Slovénie, le Japon, la Corée du sud, le Mexique.

Mais ce qui attire l'attention lors de ce vote est l'attitude de la Bosnie-Herzégovine qui a voté contre le rapport Goldstone alors que les Bosniaques ont vécu une situation dramatique similaire à celle que vivent aujourd'hui les Palestiniens sous l'occupation israélienne.

Bien que voué, comme tous les autres rapports, aux oubliettes de l'histoire, le rapport Goldstone a tout de même révélé un phénomène inédit, la fin de la propagande sioniste internationale qui ne peut plus cacher les images de l'horreur et de la barbarie israélienne en Palestine et qui n'a plus assez de ressources pour manipuler comme bon lui semble les opinions publiques occidentales ou non occidentales et de ce fait on ne peut que s'en féliciter.

 Source : Mecanopolis



08/11/2009

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