PerleDeDiamant

PerleDeDiamant

Coulisses de Bruxelles, UE

Herman la gaffe

20100521 EcoFin 01 Dans la série « certains ont perdu une bonne occasion de se taire », Herman van Rompuy a fait très fort. Hier, lors d’un discours prononcé devant le think tank bruxellois European Policy Center, le président du Conseil européen a estimé que la zone euro était confrontée « à une crise pour (sa) survie ». « Nous devons tous travailler de concert afin de permettre à la zone euro de survivre. Car si la zone euro ne survit pas, l'Union européenne ne survivra pas non plus ». Prenant sans doute conscience qu’il avait été un peu loin, il a conclu : « j'ai confiance dans le fait que nous allons surmonter cela ».

 

Immédiatement, l’euro a plongé. Difficile d’en vouloir aux marchés. Imaginez une seconde le trader basé à Hong Kong qui découvre un urgent Reuters annonçant que le « président de l’Union » estime que la crise de la zone euro est quasiment terminale.  Que fait-il ? Il vend vite fait ses euros. Qu’un responsable politique ne sache pas, qu’en temps de crise, le mieux qu’il peut faire soit de se taire est proprement stupéfiant. Les ministres des Finances de l’Eurogroupe qui se réunissaient quelques heures plus tard n’ont évidemment pas apprécié du tout. Christine Lagarde, la ministre française des finances, interrogée mardi soir par la presse, a diplomatiquement soupiré avant d’ajouter : « je n’ai pas le sentiment que nous soyons dans une situation de survie ». Ce qui, dans le cas de la crise irlandaise, est tout à fait exact (ça l’était beaucoup moins dans le cas de la Grèce).

Herman van Rompuy a-t-il voulu fêter dignement le premier anniversaire de sa nomination par un coup d’éclat ? Ou, oubliant ses fonctions, s’est-il comporté comme un observateur de la chose européenne, une sorte de spectateur engagé ? Il est vrai qu’on a du mal à voir ce que l'ancien premier ministre belge a apporté à l’Union depuis un an, sa présence au plus haut niveau européen tenant davantage des apparitions fugaces d’Alfred Hitchcock que celle d’un acteur de premier plan. On peut donc comprendre qu’il finisse par oublier qu’il occupe une fonction qui aurait dû être importante.

Rédigé le mercredi 17 novembre 2010 à 20:45 dans Conseil européen, Humeur |



18/11/2010

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 3 autres membres